Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) a publié son « mini guide » en prévision des négociations clés à l’ONU en décembre, appelant à une action rapide pour éviter une augmentation catastrophique du niveau des mers et l’extinction des espèces.Contexte
Le rôle du GIEC, composé de plus de 2 500 scientifiques du monde entier, est « d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au
changement climatique d’origine humaine, cerner plus facilement les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation ».
Le 16 novembre, les scientifiques du GIEC ont regroupé les résultats de leurs recherches dans un « rapport de synthèse » dans leur quatrième rapport d’évaluation (AR4) sur le changement climatique à Valence, Espagne.
Un résumé de 23 pages du rapport de synthèse à l’intention des décideurs a été publié le même jour comme document de référence pour les décideurs politiques et devrait être utilisé durant les négociations de l’ONU à Bali sur le changement climatique du 3 au 14 décembre.
Enjeux
D’après le résumé à l’intention des décideurs, « En moyenne mondiale, le niveau de la mer a cru depuis 1961 à une vitesse moyenne de 1,8 mm/an et depuis 1993 de 3,1 mm/an, à cause de la dilation thermique et de la fonte des glaciers, des inlandsis et des calottes glaciaires polaires ». Ce résumé avertit que l’atmosphère de la Terre contient déjà suffisamment de CO2 pour augmenter le niveau des mers de presque 1,50 mètres au cours du prochain millénaire.
Le résumé met également en garde contre une baisse de 5 % du PIB mondial, une diminution de 50 % du rendement agricole en Afrique, la destruction de la forêt amazonienne, les sécheresses importantes, la désertification, les inondations et les violentes tempêtes.
Selon le GIEC, l’augmentation des émissions mondiales de CO2 doit être réduite dans les sept prochaines années afin d’empêcher l’extinction de 25 % des espèces du monde. Mais certains critiques affirment que les résultats du GIEC sont dépassés et trop optimistes, et mettent en garde contre d’imminentes catastrophes climatiques.
Ban Ki Moon, secrétaire général de l’ONU, qui a fait un tour du monde des endroits particulièrement touchés par le changement climatique avant de s’adresser au GIEC, a appelé les Etats-Unis et la Chine à jouer un rôle plus constructif dans la réduction des émissions de CO2.
Les dirigeants chinois et américains rencontreront leurs homologues européens et internationaux à Bali pour entamer les négociations officielles sur le système mondial pour lutter contre le changement climatique.
L’UE, qui a mis en place une série de politiques sur le changement climatique depuis 2000 et qui considère son système d’échange de quotas d’émissions (
système européen ETS) comme une initiative phare, espère que les négociations de Bali produiront un mandat pour négocier un nouveau protocole remplaçant le protocole de Kyoto, qui expire en 2013.
Cependant, les Etats-Unis, qui n’ont jamais ratifié le protocole de Kyoto, ont invariablement exprimé leur opposition à des réductions contraignantes d’émissions de CO2 imposées au niveau international. De plus, la Chine estime que son développement ne doit pas être entravé et que les pays industrialisés portent
une responsabilité historique plus importante dans le réchauffement climatique.
Positions
Stavros Dimas, le commissaire européen à l’Environnement, a accueilli le rapport comme une lecture vitale pour les décideurs politiques et a affirmé que la communauté mondiale devait répondre à cet appel scientifique à l’action en décidant, à Bali, de lancer des négociations sur un nouvel accord complet et ambitieux sur le changement climatique, comme il l’a déclaré dans la presse.
Il s’est également dit confiant concernant le fait que les importantes réductions d’émissions sont réalisables d’un point de vue technologique et économique.
Le groupe des Verts/ALE au Parlement a déclaré dans un communiqué de presse que le rapport augmente les exigences pesant sur les dirigeants internationaux de parvenir à un accord sur la politique internationale après Kyoto, notamment des mesures juridiquement contraignantes, afin de limiter de réchauffement à deux degrés.
En savoir plus
Source
Derniers avertissements des experts de l’ONU avant les négociations de Bali - EurActiv.com
Référence
Traduction française provisoire du résumé du Rapport de SynthèseLiens
Le changement climatique - Commission Européenne
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