
crédit : REUTERS/ Vladimir Kondratov
Une forte tempête a sévèrement touché la région du détroit de Kertch, reliant les mers Noire et d'Azov. Plusieurs navires ont sombré ou sont endommagés, des marins sont morts ou portés disparus tandis qu'une catastrophe écologique sans précédent se profile dans la région.
Dans la nuit de samedi à dimanche 11 novembre, des vents de plus de 120 km/h et des creux de plus de cinq mètres ont touché le détroit de Kertch (est de la Crimée, au sud de l'Ukraine et de la Russie), causant un nombre sans précédents de naufrages : en quelques heures, cinq navires ont coulé, huit se sont échoués, deux sont endommagés et une péniche dérive. Au total, 150 navires ont essuyé la tempête.
Parmi les bateaux sinistrés, deux tankers ont été endommagés : le Volgoneft-139 qui s'est rompu avec 4 000 tonnes de fioul lourd et le Volgoneft-123 qui s'est fissuré. Plus inquiétant, trois cargos chargés de soufre, le Volnogorsk (2 400 tonnes de soufre), le Nakhitchevan et le Kovel (3 700 tonnes de soufre) ont coulé près du port de Kavkaz. Enfin, deux chalands (grand bateau à fond plat servant au transport de matériel) contenant 8 000 tonnes de mazout se sont échoués.
Au niveau du premier bilan humain, 4 marins morts ont été repêchés, 8 marins provenant du cargo Nakhitchevan doivent être secourus et une vingtaine sont encore portés disparus selon le ministère russe des Situations d'urgence (MSU).
Une catastrophe écologique majeure
Actuellement, plus de 2 000 tonnes de mazout se sont échappées du Volgoneft-139 a annoncé à l'agence
RIA Novosti le porte-parole du Centre régional sud du ministère russe pour les Situations d'urgence.
De surcroît, près de 6 800 tonnes de souffre se sont déversées dans l'eau a annoncé lundi le service de presse du MSU. Sergueï Baranovski, président de la Croix verte russe, une des principales organisations russes de protection de l'environnement, estime que le soufre est encore plus nuisible pour l'environnement que le pétrole : "la fuite de mazout est un grand problème, mais le soufre représente un problème encore plus important".
Marée noire : plus de 30 000 oiseaux déjà condamnés
Selon le porte-parole du centre régional du MSU, "une marée noire a été enregistrée dans deux endroits : au large du village d'Ilyich où la marée noire s'étend sur 800 m le long des côtes et près de l'isthme de Touzla".
La superficie globale de la marée noire dans le détroit de Kertch après les naufrages du 11 novembre est supérieure à 100 kilomètres carrés, a annoncé à RIA Novosti un représentant de Skanex, société russe qui réalise le monitorage spatial de la Terre. Scanex a obtenu ces données après avoir traité les clichés pris par le satellite Radarsat sur les lieux de la catastrophe.
La faune de la mer d'Azov risque de subir un préjudice considérable dû à la marée noire, a confié à RIA Novosti Vladimir Tchouprov, responsable de la branche russe de Greenpeace. En effet, la première conséquence visible de ces catastrophes en série est la mort massive d'oiseaux : "selon les dernières informations, près de 30 000 volatiles sont morts et autant ont été mazoutés, ce qui les condamne à une mort prochaine", a indiqué le représentant de l'administration de la région à l'agence RIA Novosti.
Oleg Mitvol, directeur adjoint du Service fédéral de contrôle de l'exploitation des ressources naturelles (Rosprirodnadzor), a qualifié les incidents dans le détroit de Kertch de catastrophe écologique sérieuse et a estimé que plusieurs mois seraient nécessaires pour rétablir l'équilibre écologique de la région.
Risque de pluies acides
Oleg Mitvol, chef adjoint du Service fédéral de la protection de la nature (Rosprirodnadzor), s'inquiète du risque de pluies acides dans la zone du détroit de Kertch après les naufrages en série : "les pluies acides pourraient être liée à la grande quantité de souffre qui a sombré dans la mer", a t'il annoncé, cité par le service de presse du bureau régional du ministère russe des Situations d'urgence (MSU). Le directeur du service de presse a ensuite indiqué que les habitants de la région seraient prévenus si un tel événement devait se produire, en attendant, des sauveteurs tentent de remonter à la surface des conteneurs chargés de soufre.
Contenir la nappe de pétrole
Une digue est en cours d'installation pour contenir la progression de la nappe de pétrole qui se dirige vers la mer d'Azov, a annoncé mardi la porte-parole du bureau régional du ministère des Situations d'urgence Tatiana Kobzarenko : "la digue devrait être posée entre le cap de Touzla sur la presqu'île russe de Taman et l'île ukrainienne de Touzla, distants d'environ dix kilomètres", a-t-elle déclaré, avant d'affirmer que l'installation devrait avoir lieu mardi, dès que la météo le permettrait. En effet, les conditions météo, qui devraient perdurer toute la semaine, restent toujours difficiles (vents supérieurs à 120 km/h) et freinent les opérations de sauvetage.
Mobilisation des secours et du nettoyage
Un groupe du 495e centre de sauvetage russe s'est rendu sur les lieux. Plus de 730 hommes, fusiliers marins, sauveteurs du Centre de sauvetage de Russie méridionale, du service de sauvetage Kouban-Spas, ainsi que 86 véhicules sont engagés dans l'opération de nettoyage des côtes. Neuf navires, un avion et trois hélicoptères du ministère ukrainien des Situations d'urgence, du Service frontalier de la flotte de la mer Noire et du port de Kertch participent aux travaux de sauvetage, a rapporté le ministre ukrainien Nestor Choufritch.
De plus, un millier d'étudiants russes viendront s'ajouter aux équipes de nettoyage déjà sur place dès jeudi, tandis que les effectifs de l'armée devraient être portés à 2 000 - 2 500 personnes dans les deux jours à venir et du matériel devrait être livré.
"Nous estimons qu'en l'espace d'une semaine, de grosses quantités de mazout seront déjà enlevées des plages. Mais la mer en rejettera encore pendant quelque temps. Du personnel sera donc affecté pour enlever le mazout qui se dégagera et pour remettre de l'ordre (sur les plages) dans les 40 à 45 jours à venir", a annoncé mardi le premier ministre russe, Viktor Zoubkov, dans un entretien avec des journalistes.
M. Beltsov a annoncé mercredi 14 qu'environ 870 tonnes de produits pétroliers avaient été ramassés et transportés dans une zone spéciale située prés d'un village voisin en vue de son recyclage ultérieur. Cette opération a été menée avec la collaboration des marins de la flotte russe de la mer Noire.
La direction régionale du Comité russe pour la Pêche a calculé les pertes non définitives causées par ce désastre écologique. Celle-ci pourrait s'élever à 300 milliards de roubles (8,5 milliards d'euros).
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RIA Novosti
Severe Storm in the Sea of Azov - NASA
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La Corée du Sud redoute une catastrophe écologique suite à la pire marée noire de son histoireAuteur
Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)