Selon le rapport Vital Signs 2007-2008 (Signes Vitaux 2007-2008), le réchauffement climatique menace la biodiversité en accélérant la destruction des habitats naturels.
Le dernier rapport de l’institut américain Worldwatch,
Vital Signs 2007-2008, indique que la consommation d’énergie et de nombreuses autres ressources essentielles atteint régulièrement de nouveaux records, menant ainsi au dérèglement du climat et à la menace de nombreuses formes de vie sur la planète.
"Le monde sera bientôt à court de temps pour traiter le problème du changement climatique"
Les 44 tendances observées dans Vital Signs illustrent le besoin urgent de vérifier la consommation d’énergie et d’autres ressources aggravant
la crise climatique. Et ce, en commençant par le pays le plus pollueur, les Etats-Unis. En 2005, celui-ci était à l’origine de plus de 21 % des émissions mondiales de carbone issues de la combustion de carburants fossiles. D’après Erik Assadourian, responsable du projet Vital Signs, l’Europe, laquelle commence à ressentir les effets du changement climatique, devrait bientôt exhorter les Etats-Unis à rejoindre les négociations internationales sur le climat. "Le monde sera bientôt à court de temps pour traiter le problème du changement climatique. Il est donc crucial que l’Europe et le reste de la communauté internationale fassent pression sur les responsables politiques américains pour que des solutions soient trouvées pour enrayer la crise climatique", a déclaré Assadourian lors du lancement de Vital Signs à Barcelone. « Les Etats-Unis doivent être tenus pour responsables de ces émissions, doubler le niveau par personne en Europe et suivre l’exemple de l’Europe en s’engageant à réduire la quantité totale de gaz à effet de serre émis de 80 % d’ici à 2050.
Cet été, l’Union Européenne a subi de nombreuses
catastrophes naturelles, exemples de catastrophes engendrées par le changement climatique et très susceptibles de se reproduire :
incendies tragiques en Grèce et dans les îles Canaries,
inondations spectaculaires en Angleterre et vagues de chaleur à travers toute l’Europe continentale.
Assadourian insiste vivement sur la nécessité pour les chefs de gouvernement européens de forcer les Etats-Unis à s’impliquer de manière plus constructive dans l’action de la communauté internationale sur le changement climatique, laquelle a débuté avec les Nations Unies fin septembre et continuera lors des négociations sur le climat organisées à Bali en fin d’année.
Avec une population de 6,6 milliards de personnes en constante progression, les services fournis par les écosystèmes et dont la vie dépend, commencent à connaître des limites en raison des niveaux record de consommation :
- en 2006, 3,9 milliards de tonnes de pétrole ont été utilisées dans le monde. En 2005, le recours aux carburants fossiles a entraîné l’émission de 7,6 milliards de tonnes de carbone, et les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone ont atteint 380 parties par million.
- L’exploitation forestière n’a jamais été aussi importante qu’en 2005.
- En 2006, la production d’acier a progressé de 10 % pour atteindre un chiffre record de 1,24 milliards de tonnes. De même, celle de l’aluminium primaire s’est élevée à 33 millions de tonnes et la production d’aluminium a représenté près de 3 % de l’utilisation mondiale d’électricité.
- La production de viande de 2006 a dépassé la barre des 276 millions de tonnes (soit 43 kg par personne). La consommation de viande est l’un des facteurs qui déterminent la demande en graines de soja. L’expansion rapide des plantations sud-américaines de ces graines pourrait remplacer 22 millions d’hectares de forêt tropicale et de savane d’ici les 20 prochaines années.
- L’accroissement de la consommation mondiale de fruits de mer s’est suivi d’une
raréfaction de nombreuses espèces de poissons : en 2004, la consommation de fruits de mer s’est élevée à 156 millions de tonnes, soit une moyenne d’environ trois fois plus par personne qu’en 1950.
La société de consommation menace l'équilibre du vivant
La demande grandissante de la population mondiale pour tous les types de biens, de l’alimentation (œufs par exemple) aux principaux biens de consommation (comme les voitures), accentue le changement climatique mettant ainsi en danger l’ensemble des organismes vivant sur la terre ferme ou dans les océans :
- La changement climatique affecte
la biodiversité en accélérant la destruction des habitats, d’où une altération du rythme des migrations animales et de la floraison ainsi qu’un déplacement de certaines espèces vers les pôles et des altitudes plus élevées.
- Les océans ont absorbé près de la moitié du dioxyde de carbone émis par les humains au cours des 200 dernières années. Le changement climatique est en train de modifier la trajectoire de migration des poissons, d’élever le niveau des mers, d’intensifier l’érosion des côtes, d’augmenter l’acidité des océans et d’interférer avec les courants qui déplacent les nutriments vitaux hors des profondeurs océaniques.
- En dépit d’une saison de cyclones relativement calme pour les Etats-Unis en 2006, l’ensemble du monde a connu plus de catastrophes naturelles liées au climat cette année-là qu’au cours des trois années précédentes. Près de 100 millions de personnes ont été touchées.
Tandis que la quantité d’émissions de carbone ne cesse de grimper, des économies asiatiques connaissent des taux de croissance inégalés, notamment celles de la Chine et de l’Inde. Cependant, sans un engagement des Etats-Unis en faveur de la réduction de leurs émissions, il est très peu probable que ces deux pays acceptent de faire un effort dans ce sens. « Le seul espoir de voir une réduction du carbone émis sur l’ensemble de la planète repose sur le consentement des Etats-Unis à réduire leurs émissions et à coopérer sans délai avec les autres nations du monde. L’UE est probablement la seule entité capable de faire bouger les choses », a confié Assadourian.
« Le Congrès américain se prépare à adopter une nouvelle législation portant sur le climat cet automne et le président Bush prévoit de tenir un sommet international sur le changement climatique à Washington. C’est le meilleur moment pour agir. Si à l’issue de ce sommet, les Etats-Unis et les autres nations présentes devaient repartir sans la ferme intention de conclure un accord exécutoire, l’Union Européenne ne devrait pas hésiter à utiliser son influence diplomatique pour les rappeler à l’ordre », suggère Assadourian.
Il ne sera bientôt plus possible d’empêcher des changements climatiques catastrophiques. Certains gouvernements commencent déjà à abandonner la bataille contre le changement climatique et à exposer leurs revendications dans un monde en constant réchauffement. « La Canada dépense actuellement 3 milliards de dollars pour construire huit nouveaux patrouilleurs afin de renforcer son autorité sur les eaux arctiques. Le Danemark et la Russie ont commencé à se
disputer le contrôle de la dorsale du Lomonosov en raison de la libération d’accès à de nouvelles sources de pétrole et de gaz naturel libérés si le cercle Arctique devait ne plus être recouvert de glace - des carburants fossiles qui ne feraient qu’accélérer encore davantage le phénomène de changement climatique. Recourir à de telles actions revient à considérer qu’aucun retour en arrière n’est possible, déplore Assadourian.
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Stéphanie Philippidès - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)