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Pour une levée du moratoire sur la commercialisation des OGM ?

2965 lectures / 1 commentaire14/12/2002, 00:00
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Force est de constater l'incompréhension qu'il existe entre l'opinion publique et les scientifiques sur les OGM.

Après celles de médecine et de pharmacie, l'académie des sciences a défendu à son tour l'utilisation des organismes génétiquement modifiés et plaidé pour la poursuite et l'intensification de la recherche.
Ainsi, dans un rapport remis à la ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies Claudie Haigneré, l'académie des sciences prône "une introduction raisonnée et prudente, au cas par cas, des plantes transgéniques dans l'agriculture".
Face aux "controverses amplifiées par un discours au fondement scientifique discutable", a résumé le Pr Roland Douce de l'Académie des Sciences, lors d'une conférence de presse, le rapport conclut "que toutes les critiques formulées contre les OGM (organismes génétiquement modifiés) peuvent être en grande partie écartées d'un point de vue scientifique", qu'il s'agisse des transferts de gènes ou de l'impact sur la biodiversité.
Les auteurs du rapport soulignent que les plantes transgéniques constituent "un atout considérable pour l'agriculture, le monde industriel et la santé" et qu'il faut de ce fait développer la recherche dans ce domaine pour mieux connaître leurs avantages et leurs risques potentiels, tout en garantissant l'indépendance des chercheurs.
Dénonçant une recherche sur la biologie végétale "sinistrée" en Europe, ils pressent les pouvoirs publics d'avoir une "attitude ferme" sur le "maintien de l'ordre public autour des cultures expérimentales d'OGM", dont beaucoup ont subi les assauts de militants anti-OGM.
en effet, l'Europe s'est dotée de la réglementation "la plus contraignante et la plus pointilleuse du monde" sur les OGM, a noté le professeur Douce, il n'y a donc "aucune raison objective" de prolonger le moratoire sur les autorisations de culture et de commercialisation d'OGM instauré en 1999 par sept pays de l'UE dans l'attente d'une législation sur l'étiquettage et la traçabilité.
Deux points sur lesquels les ministres européens de l'Agriculture et l'Environnement viennent de trouver un accord en imposant la "traçabilité" des OGM (notamment dans des cargaisons de produits en vrac) et un étiquetage des aliments contenant plus de 0,9% d'OGM.

Les académies de médecine et de pharmacie affirment n'avoir trouvé "aucun risque particulier lié au mode d'obtention des OGM". Elles arguent aussi qu'en Amérique du Nord, en Inde et en Chine, des millions de personnes consomment chaque jour des OGM depuis plusieurs années sans qu'"aucun effet nocif pour la santé" n'ait été rapporté jusqu'ici.
Ces recommandations "très rassurantes" ne "doivent pas nous exonérer d'une très grande vigilance", a répondu Claudie Haigneré, tout en se disant "tout à fait sensible" à l'avis de l'académie des sciences sur l'introduction de cultures transgéniques.
La ministre de l'Ecologie Roselyne Bachelot s'est dite pour sa part favorable à la levée du moratoire "quand toutes les protections auront été prises sur les règles d'étiquetage et de traçabilité", soit "d'ici 2003", puisque la législation vient de voir le jour.
Les enjeux économiques et stratégiques étant considérables, la prudence de l'Europe vis à vis des OGM pourrait la placer trop en retrait face à la concurrence des Etats-Unis notamment.

Cependant, les accords de Bruxelles ont aussitôt été dénoncés par la Confédération paysanne, qui a relevé "les vides juridiques" du dossier OGM, car, a noté le syndicat de José Bové, l'Europe "ne s'est toujours pas donnée les moyens permettant d'établir les responsabilités en cas de contaminations génétiques".
Pour les Verts, "l'accélération brutale de la législation sur les OGM a pour seul objectif de permettre aux USA de nous envahir avec leurs céréales génétiquement modifiées". Aussi ont-ils demandé aux parlementaires européens de "durcir" la législation qui leur sera soumise pour examen.

Enfin, les auteurs du rapport de l'Académie des Sciences ont consacré précisément un chapitre aux controverses sur les OGM. "La défense effective" par les pouvoirs publics de la recherche fondamentale et appliquée, "y compris les essais en champs (...) est crucialement nécessaire", soulignent-ils avant de mettre l'accent sur "l'importance de la formation du futur citoyen aux disciplines biologiques en développant son esprit critique dès son plus jeune âge". Dans ces conditions, estiment-ils, il faut "mieux sensibiliser les chercheurs à la communication scientifique".

En savoir plus :
notre dossier sur les OGM

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14/01/2005 Croissance quasi record des cultures OGM dans le monde

Auteur

Agence France Presse

1 commentaire sur cette actualité !

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commentaire Christian Saint Etienne - 06/01/2008, 19:37
Voila encore un article pour brouiller les esprits, généré par le gouvernement en faveur de leurs amis des agroindustries nationaux et internationaux. Le but est de mettre l'agriculture et les moyens alimentaires sous la seule dépendance de ces groupes industriels pour générer des profits garantis. Ceci au dépend de la santé de l'humanité, et des espèces en général, mais aussi en polluant la terre, l'eau vive, et les nappes phréatiques.
Voici ce que dit le Monde Diplomatique en juillet 2003 : "Habituées à dicter leur loi aux gouvernements, les sociétés transnationales doivent maintenant compter avec un éveil civique susceptible de contrecarrer leurs projets. D’où la prolifération des « codes de bonne conduite » et autres « chartes éthiques » dont elles se dotent pour occulter ce qui reste leur unique objectif : garder les mains libres à l’échelle planétaire en vue de créer toujours plus de « valeur » pour l’actionnaire.

C’est dans le secteur de l’agrochimie qu’elles rencontrent le plus d’obstacles : les organismes génétiquement modifiés (OGM) ne « passent » pas dans l’opinion, tout particulièrement en Europe, aucune étude scientifique n’ayant pu conclure ni à leur innocuité ni à l’absence de risques pour la biodiversité liés à leur dissémination accidentelle, ni même se prononcer sur leurs prétendus bienfaits.

Les grandes firmes du domaine, en premier lieu Monsanto, ont donc déployé une stratégie de contournement. Il ne s’agit pas de prouver que leurs produits ne présentent aucun danger, mais de les promouvoir comme autant de remèdes aux problèmes de malnutrition et de santé publique du tiers-monde et, surtout, comme une solution de rechange à un péril, certes bien réel, celui des pesticides. avec des campagnes publicitaires minutieusement élaborées et massivement financées, elles espèrent bien « retourner » les esprits récalcitrants."
A savoir aussi : "

Greenpeace a obtenu de la Haute Cour de Münster que les documents confidentiels de Monsanto sur les recherches liés aux risques des plantes GM soient rendus publics : une jurisprudence à utiliser. Les expériences montrent des effets négatifs sur la santé des rats.

Communiqué 22 JUIN 2005
Greenpeace de Berlin publie aujourd’hui des documents confidentiels de la firme Monsanto sur des essais conduits sur des rats nourris au maïs génétiquement modifié (GM). Des effets négatifs sur la santé des animaux ont été constatés après qu’ils aient été nourris avec le maïs Mon 863 de Monsanto, lequel produit une toxine insecticide.'

Enfin voici le texte d'un document tout à fait officiel :

" Commission Européenne
Rue Wiertz
1047 Bruxelles
Belgique

Monsieur le Président,

La Commission Européenne a récemment proposé un projet de modification du règlement européen (2092/91) concernant le mode de production et de préparation des produits de l’Agriculture Biologique.

Ce projet permettrait l’usage de pesticides chimiques et la normalisation de la présence des OGM jusqu’à un seuil de 0,9 %, les traitements allopathiques en élevage, l’interdiction pour les Etats membres de poser des exigences de qualités supérieures à ceux imposé par ce projet de loi.

Ce projet nie les principes mêmes de l’Agriculture Biologique. Il a donc pour objectif de la détruire sous prétexte de l’organiser.

Ce texte et le délai record d’adoption du texte, d’ici à juin - alors que ce texte ne sera appliqué qu’en 2009 - sont manifestement dictés par l’agro-industrie, en particulier les industriels qui fabriquent les agrotoxiques et les chimères génétiques.

Leur objectif est d’éliminer la concurrence de l’agriculture biologique, parce qu’elle est fondée sur l’utilisation systématique et intelligente de la gratuité de la nature, parce qu’elle est “durable” car elle consiste à faire faire gratuitement par la Nature ce que l’ agroindustrie fait à coup de pétro-intrants destructeurs pour les sols, ruineux pour les hommes, l’environnement, la santé publique, enfin parce qu’elle permet de lutter contre l’effet de serre en séquestrant le carbone. Au départ de cette gratuité de la nature, la gratuité de l’énergie solaire collectée par les plantes.

Au moment où se ferme la parenthèse des ressources pétrolières bon marché et où il faudrait sortir au plus vite d’une pétro-agriculture et alimentation obsolètes, vous entreprenez, sur instruction des fabricants d’agrotoxiques, de détruire l’une des réponses intelligentes à la catastrophe immense qui se prépare.

Les peuples européens plébiscitent l’agriculture et une alimentation biologique - à juste titre car c’est le fondement de la bonne santé et de l’autonomie alimentaire et donc de la paix : vous définissez l’agriculture “bio” de façon à la détruire ! Et alors que la crise énergétique s’accentue, vous tournez le dos aux seules solutions durables et porteuses de paix.

Monsieur le Président, renoncez à détruire l’agriculture biologique !

Jean-Pierre Berlan
Directeur de Recherche Inra

L'Académie des science se compromet gravement et elle devrait nous dire précisément sur quelles arguments elle se fonde pour prôner "une introduction raisonnée et prudente, au cas par cas, des plantes transgéniques dans l'agriculture".
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