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Nanotechnologies : les silences de la France...

4032 lectures / 5 commentaires26/10/2007, 10:58
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Nanotechnologies : les silences de la France...
Diode électroluminescente à base de nitrure de gallium (GaN)
crédit : CNRS / CRHEA
Le principe de précaution, si cher à bon nombre d’opposants aux OGM, inscrit dans la Constitution française, ne devrait-il pas s’appliquer au secteur des nanotechnologies? C’est du moins l’impression que l’on ressent à la lecture du dernier rapport de l’INRS, consacré au sujet "Les nanoparticules : un enjeu majeur pour la santé au travail?".

On ne les sent pas, on ne les voit pas, mais qu’est-ce qu’on en utilise ! Les quoi ? Les nanoparticules…

Crèmes antirides, pneus, microprocesseurs, MP3, peintures de carrosseries, raquettes de tennis, … Je vous invite à aller visiter le site Nanoshop où plus de 400 nanoproduits sont disponibles à l’usage des industriels. On trouve de tout, des pièces pour microinformatique à de l’outillage médical en passant par des huiles qui diminuent la cholestérolémie ou des textiles antibactériens. Mais cet inventaire à la Prévert ne doit pas faire oublier que "l’on sait et connaît peu de choses sur les nanoparticules, mais suffisamment pour préconiser l’application du principe de précaution" insiste Benoit Hervé-Bazin, chargé de mission et coordinateur de l’étude de l’INRS. Cette simple conclusion rejoint celles de plusieurs autres études issues de différents pays tout aussi avancé en matière de nanotechnologie que la France, si ce n’est plus.

Mais les silences industriels, y compris français, ne peuvent plus être acceptés ni acceptables.

Aux différentes enquêtes officielles, les entreprises françaises présentent un mur de silence en arguant le secret industriel. Ce comportement explique qu’aujourd’hui les autorités administratives ne disposent d’aucun registre des entreprises françaises utilisant des nanotechnologies, alors que si l’on consulte le site américain www. nanotechproject.org il apparaît 16 produits français qui intègrent des nanoparticules, principalement en cosmétologie et utilisés par des firmes du secteur du luxe.

C’est que les nanotechnologies et leurs nanoparticules ne sont pas sans effets nocifs sur la santé humaine. On sait que les nanoparticules ont une prédisposition particulière à pénétrer facilement les poumons et même qu’elles peuvent passer dans le cerveau, via le nerf olfactif. Bien entendu, les différentes études de toxicité menées dans différentes pays montrent qu’il existe des différences de toxicité et de dangers en fonction des types de molécules et de particules, mais toutes concordent vers un point : il est urgent de dresser un bilan des nanoparticules existantes et actuellement intégrées dans les produits. Une urgence d’autant plus grande que lors de la publication de la circulaire européenne REACH, qui recense et reclasse les produits chimiques, Bruxelles a refusé d’y intégré et adjoindre les nanoparticules.

Face à cette absence de communication, face aux dangers potentiels que les nanotechnologies et leurs nanoparticules peuvent faire peser sur les Hommes, le Comité de prévention et de précaution du Ministère de l’Écologie et du développement durable (si, si, ce comité existe bel et bien…) a pointé du doigt ce secteur, et ce depuis longtemps. Dans un rapport, ne préconisait-il pas "une traçabilité des produits susceptibles de disperser des nanoparticules, à toutes les étapes de la fabrication, de la mise en œuvre industrielle, de l’usage ou de la consommation, et du recyclage". Quant au groupe 3 du Grenelle de l’Environnement qui est en charge des questions des OGM, il ne consacre que quelques maigres lignes à ce sujet "le collège des OGM propose d’en interdire toute commercialisation dans les applications alimentaires, les produits d’hygiène corporelle, produits cosmétiques et vestimentaires. Le collège des employeurs préfère une approche au cas par cas".

Il est vrai que ce secteur industriel promet d’engranger, à terme, de substantiels bénéfices et une croissance démesurée : en 2008, on estime à 700 milliards d’euros les revenus industriels issus des nanotechnologies et à 1 000 milliards d’euros en 2010 ; sans compter les emplois qui sont estimés, eux, à plus de 2 millions !

Devant de tels chiffres, il est impossible que les industriels continuent à jouer "la grande muette" et le principe de précaution doit systématiquement s’appliquer ainsi que celui de la transparence, surtout si l’on ne souhaite pas se retrouver dans quelques dizaine d’années avec des procès comme pour l’amiante…

Comme quoi, l’histoire – même industrielle, même de santé publique – ne semble servir à rien, même pas à dire "plus jamais ça !".

En savoir plus

Dossier sagascience - Nanotechnologies et santé
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Rédacteur

Jeff

Source

NaturaVox

Auteur


5 commentaires sur cette actualité

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commentaire Philippe de Grenoble - 26/10/2007, 12:56
Tout d'abord, je me présente. Je travaille dans les nanotechnologies depuis 3 ans en temps que doctorant.
La première chose c'est qu'il y a un amalgame entre nanotechnologies et nanoparticules. Les nanoparticules ne sont qu'une petit partie des nanotechnologies.
Ensuite, la différence entre microparticules et nanoparticules est artificielle. Les produits dangereux sous forme "nano " le sont tout autant que sous forme "micro". Le changement d'échelle ne consitute pas le point clé de ces produits. Leur dangerosité dépend de la molécule considérée et de la dose reçu par l'organisme.
Dans les nombreuses applications citées les particules sont insérés dans des composants solides (je n'ai encore jamais vu un transistor (90 nm à l'heure actuelle) sauté d'un microprocesseur) qui ne doivent pas entrée en contact avec l'organisme dans tous les cas.
Le point sur lequel je suis d'accord c'est que tous produit qui rentre dans la composition d'aliments, de produits de beauté, tout chose assimilable par notre organisme doit subir des tests toxicologiques et subir un principe de précaution lorsque les avis sont contradictoires ou incertains.
Le principe de précaution je suis d'accord mais pas à tort et travers.
commentaire ruel pierre st féliu-d'avall - 26/10/2007, 13:42
mon cher philippe, avez-vous tenu compte du rayonnement (invisible) de toutes ces bestioles???? il y-a 30 ans les medecins français dans leurs grande majorité hurlaient à la face du monde que
l' " homéopathie " etait une médecine de charlatants.......aujourd'hui ils gagnent tous de l'argent avec ..... alors vous qui etes un expert pensez philippe.......LE RAYONNEMENT DE CES BESTIOLES .....;
commentaire philippe velha - 26/10/2007, 14:35
J'utilise moi même l'homéopathie et j'ai pu constater l'effet bénéfique de cette médécine.
Quant au rayonnement de ces "bestioles" je tiens à rappeler que toutes matières émet un rayonnement donc vous baigner dedans quoique vous fassiez et quelquesoit la taille de la "bestiole".
Je ne dis pas que les nanoparticules ne sont pas dangereuses. Je dis juste que les nanotechnologies sont bien plus vaste que les nanoparticules et que le débat qui concerne les nanotechnologies est bien plus vastes que le seul problème des nanotechnologies.
les particules qui sont amenées, ou le sont déjà ,à être en contact avec l'homme doivent
être sujette à des tests et au principe de précaution. Il ne faut pas généraliser ce principe sur l'ensemble des particules utilisées sous prétexte qu'elles sont nano...
commentaire John33 - 28/10/2007, 15:25
Bonjour,
Je reprends mon intervention sur futura sciences...
A ma connaissance, les seuls tests officiels d'exposition d'animaux à des nanoparticules en vue de détecter une toxicologie possible, ont été réalisés dans le cadre de l'exposition de populations professionnelles travaillant à la production ou la manipulation de poudres de nanoparticules, donc exposées quotidiennement à des quantités importantes de matières. http://www.cchst.ca/reponsessst/chem...health_td.html
Les résultats de ces études sont contradictoires et pour ne retenir que les plus pessimistes, il apparaîtrait qu'à exposition à long terme et en quantité importante, des fibroses peuvent survenir au niveau des poumons et provoquer un cancer. Une étude américaine démontre que des nanotubes de carbones directement injectés dans le sang d'animaux de laboratoire ont été normalement filtrés par le foie et ne représentent aucun risque de cancer.
D'autres études ont démontré qu'après un contact cutané prolongé avec une crème solaire contenant des nanoparticules de dioxyde de titane, ces dernières pouvaient pénétrer l'épiderme mais pas plus loin puisqu'aucune trace n'a été trouvée dans le sang.
Enfin, en ce qui concerne les utilisateurs, comme vous et moi, de matériaux contenant des nanoparticules, il faut être logique:
Les quantités de nanoparticules intégrées dans ces matériaux sont très faibles.
L'érosion naturelle de ces matériaux et/ou leur usure dégagent des agglomérats de matières et non uniquement les nanoparticules... En effet, les nanoparticules se lient à d'autres composants du matériau (polymères, silices, métaux, liants, etc.) et se lient également entre elles. La taille de ces agglomérats n'a plus rien à voir avec celle des nanoparticules d'origine.
Enfin, les quantités quotidiennes de nanoparticules émanant des moteurs diesel que nous respirons, sont, à mon avis, infiniment plus importantes et plus toxiques.
Conclusion: Le Ministère de la Santé doit réaliser des études neutres et plus poussées sur le sujet.
En attendant le résultat de ces études et par mesure préventive, le personnel exposé à la production et à la manipulation de nanoparticules doit obligatoirement se protéger avec des vêtements de protection et masques respiratoires adaptés.
Mais il faut arrêter de tout confondre et de fiche la trouille inutilement à tout le monde... La population lambda exposée à des matériaux contenant des nanoparticules ne risque certainement pas plus que lorsqu'elle se promène actuellement dans les rues de Paris, exposée à la pollution qui y règne! Bien au contraire puisque, à titre d'exemple, les nanoparticules de dioxyde de titane détruisent et éliminent ces polluants par réaction photocatalytique!
commentaire Eléonore Visart - 28/10/2008, 15:02
Pour moi ces nanos sont issus de cette science sans conscience, cette science criminelle contre laquelle A.Einstein nous mettait déjà en garde en 1946 et je répondrais par ce lien, dont voici deux courts extraits:


http://www.avoixautre.be/spip.php?article2199

Les nanotechnologies se développent et commencent à investir notre quotidien. Si certains les présentent comme le nouveau mythe prométhéen qui donnera tous les pouvoirs à l’être humain, on ignore presque tout des risques pour la société et pour l’environnement. Depuis plus de quatre ans, les simples citoyens de Pièces et main d’œuvres (PMO) décortiquent et critiquent, à travers un site très complet (www.piecesetmaindoeuvre.com), les nanotechnologies et plus largement le projet technologique de monde-machine. En 2006, PMO sortait un livre [1] à l’occasion de l’ouverture du site de MINATEC à Grenoble, « le premier pôle européen pour les nanotechnologies ». Dans un texte très récent, PMO récidive : « Les neurotechnologies, comme les nanotechnologies, sont l’inverse du progrès : elles sont l’aveu d’une catastrophe. Elles ne doivent leur expansion et leur puissance qu’à la destruction des conditions minimales de survie. » [2]

Pour information, les rares études toxicologiques disponibles indiquent que la taille des nanoparticules favorise leur circulation dans le corps, y compris jusqu’au cerveau, où elles franchissent la barrière hémato-encéphalique. Les nanotubes de carbone présentent un risque d’inflammation des poumons similaire à celui de l’amiante.
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Page mise à jour le 28/10/2008, 15:02   24 connecté(e)s Mentions légales | © 2001-2009 notre-planete.info - tous droits réservés | Publicité | Contact