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Arrêtons de prendre les Français pour des légumes

4625 lectures / 5 commentaires22/10/2007, 11:14
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Arrêtons de prendre les Français pour des légumes
Dans un magasin d'alimentation biologique Biocoop
crédit :© C. Magdelaine, notre-planete.info
Selon une étude du CREDOC, 25% des consommateurs n’achètent pas de fruits et légumes frais et la consommation de ces denrées aurait baissé de 15% entre 1999 et 2003. En cause, leurs prix trop élevés !

C’est donc un échec cuisant pour le Plan national nutrition santé (PNNS) lancé en 2000 et son slogan « manger cinq fruits et légumes par jour ». Les Français, de toute évidence, n’aiment pas être pris pour des demeurés. « Ne faites pas si », « Faites cela », « Travaillez plus », « Soyez sage »,… Si les Français étaient obéissants, cela se saurait !

Les jeunes sont évidemment les plus indisciplinés. Les 20-30 ans consommeraient ainsi quatre fois moins de produits frais que leurs grands parents. Qu’on se rassure : ils se rattrapent sur les sodas, les hamburgers et les produits industriels aromatisés au glutamate de sodium. Evidemment, la publicité à outrance pour ces produits trop gras ou trop sucrée n’y est pour rien : les jeunes veulent simplement vivre dangereusement et, de ce point de vue, l’obésité – qui touche 1,5 million d’enfants et augmente de 5,7% par an – est une excellente stratégie. Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, les générations futures pourraient ainsi vivre moins longtemps que leurs aînées. Quand on voit le monde que nous leur laissons, on peut comprendre…

La part de l’alimentaire dans le budget est passée de 26,9% dans les années 60 à 13,9% aujourd’hui… mais les produits frais sont top chers ! Une salade industrielle dans son sachet en plastique revient 4 à 5 fois plus cher qu’une salade à éplucher mais les produits frais sont trop chers ! La téléphonie mobile, les gadgets électroniques et les vêtements de marque sont indispensables mais, vous l’avez compris, les produits frais sont VRAIMENT trop chers !

Alors, qu’en est-il exactement ? En réalité, selon les producteurs, les prix des fruits et légumes seraient restés globalement stables. Rien à voir en tout cas avec le prix du pain, du ticket de métro ou du gaz… La perception des prix aurait-elle été faussée par le passage à l’euro ? Et quand bien même le kilo de pomme serait passé de 1,5 à 2 ou 3 euros : est-ce si cher payé pour ne pas tomber malade ? En effet, si l’on en croit un proverbe britannique, « An apple a day keeps the doctor away » : une pomme par jour et plus de médecin ! A quand un remboursement par la Sécu ?

Une autre explication donnée à l’antenne de France Info serait qu’un quart des consommateurs bénéficient ponctuellement d’un accès gratuit à des fruits et légumes : jardinage, dons de voisins, cueillette sauvage,… Entre la gratuité et les prix du marché, il y a en effet une sacré marge et, du coup, les fruits et légumes paraîtraient toujours trop chers !

Pourquoi payer en effet ce que prodigue Dame Nature ? Si au moins elle préparait tout ça avec quelques bons petits produits chimiques et autres conservateurs avant de l’envelopper dans une belle boîte à base de pétrole. Mais non : ce n’est rien qu’une pomme et il faudrait être une poire pour accepter de payer !

Rien qu’une pomme, vraiment ? Les pommiers en Picardie seraient traités 27 fois en moyenne et la moitié des fruits et légumes analysés par la DGCCRF contiendraient des résidus de pesticides (62% des échantillons de fruits et 39% de ceux des légumes en 2005). Et, dans 6,7% des cas, en quantités supérieures aux normes légales. Or, « Les pesticides sont nocifs quel que soit le niveau d’exposition, car ce n’est pas la dose qui fait le poison mais sa répétition, même infiniment petite, tout au long de la vie. » déclare le cancérologue Dominique Belpomme (enfin si l’on veut).

Et si les Français avaient donc raison de se détourner des fruits et des légumes ? A quoi bon en effet éviter l’obésité si c’est pour développer un cancer ? Et si les prix trop élevés n’étaient qu’un prétexte pour éviter au gouvernement de revoir sa politique agricole productiviste ?

A cet aspect peu ragoûtant mais bien caché pourrait s’ajouter celui de la qualité des fruits et légumes, notamment en grande surface. Il n’aura pas échappé en effet aux gastronomes que la qualité et le choix des fruits et légumes sont en diminution constante. De la centaine de variétés de pommes présentes au début du siècle, combien en reste-t-il aujourd’hui ? D’accord, elles ont belle allure mais qu’en est-il de leur goût ? Peut-on reprocher à quelqu’un qui aurait acquis de la fraise espagnole d’être dégoûté de ce fruit pour un moment ? Consommateur échaudé craint l’eau froide !

Selon le magazine Pratique de Santé (26 février 2005), « une équipe de biochimistes vient de découvrir, en comparant 43 variétés de fruits et légumes communs, que leur valeur nutritive a décliné régulièrement durant les 50 dernières années. Ce déclin est dû aux nouvelles variétés de plantes qui ont été modifiées pour améliorer leur résistance ou leur croissance. Six nutriments sur 13 ont été en constant déclin entre 1950 et 1999. Les pertes observées vont de 6% pour les protéines à 38% pour la riboflavine. »

Moins de goût, moins de valeur nutritive et plus de pesticides : trois raisons suffisantes de se détourner des fruits et légumes traditionnels… et de passer à la Bio !

Selon le magazine Que Choisir de Mai 2007, « Après une étude américaine mettant en évidence une plus grande concentration en antioxydants des kiwis bio, trois autres viennent de sortir dans le cadre d’un programme européen. […] Avant pasteurisation, les niveaux de vitamines C et d’antioxydants sont largement supérieurs dans les fruits biologiques. » Tout porte à croire qu’il en va de même pour les légumes mais est-ce vraiment une surprise ?

C’était la bonne nouvelle. La mauvaise maintenant : les fruits et les légumes Bio reviennent plus chers et l’euro n’y est pour rien ! La qualité se paye, tout simplement.

Mais faites l’expérience de courses 100% Bio dans un petit magasin et vous constaterez au final que le surenchérissement de vos fruits et légumes est largement compensé par l’absence de surgelés ou de plats cuisinés. Vous voulez faire des économies ? Remplacez progressivement la viande et les laitages par les fruits et les légumes. Votre organisme appréciera !

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Rédacteur

Le Mendiant

Source

NaturaVox

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5 commentaires sur cette actualité !

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jj de Jouy (95) - 28/10/2007, 15:13
Le principal problème est que les fruits et légumes ne sont pas bons.
Même si on en achète de chers, ils sont souvent mauvais.
Il faudrait un contrôle qualité pour avoir des fruits avec du goût.
La solution du Parisien est de la manger avec du sucre et ils n'ont jamais répondu à mon mail critiquant leur article.
Vivement la retraite pour cultiver mes produits.
Bruno - Clermont-Fd (63) - 27/10/2007, 19:23
Les fruits et légumes sont vraiment trop chers, mais l'auteur a raison de dire que les gadgets électroniques, les téléphones mobiles ou les vêtements de marque sont indispensables. Je rajouterai les cigarettes et les jeux de hasard.
Les consommateurs ne se souviennent que des prix les plus hauts, jamais des prix les plus bas. Le prix n'est qu'une excuse. Je ne crois pas qu'un kg de tomate au mois d'août soit inabordable !
Quand au bio ... érigé en solution à presque tous les problèmes, avez-vous déjà entendu parlé de pollution engendrée par ce mode de culture ? Et bien faites faire une analyse de sol d'une parcelle (de vigne par exemple) traitée depuis de nombreuses années avec de la bouillie bordelaise (traitement validé par le bio). La valeur de la teneur en cuivre vous surprendra, surtout par rapport aux valeurs normales.
Man- GIVERNY (27) - 23/10/2007, 21:33
bravo pour cet article: il est tellement vrai et drole malgré les faits malheureux!
Personnellement, j'ai eu la chance d'être nourri avec des bons légumes du potager ou du marché. J'ai ensuite traversé une période avec des difficultés financières et donc de mauvais légumes; la santé en a pris un coup.
Depuis, je retourne vers mes propres légumes du potagers (bio)...courage et à l'avenir!
Joann Laon (02) - 22/10/2007, 18:25
Entièrement d'accord avec cet article. Perso mon budget bouffe est relativement élevé mais je commence à éviter les magasins dits "bio", certains, les plus gros, passent des marchés avec des producteurs d'OGM comme Novartis qui produisent aussi des produits bio! Là où on se fout vraiment de notre gueule. Le bio est devenu à la mode, il souffre maintenant des marchés financiers. Jusqu'où ira-t-on? Existe-il des gens avec un minimum d'éthique?
Vache qui pue - Paris - 22/10/2007, 17:21
Mouai, alors il est, bien rigolo second degrès tout ça cet article, mais il part dans tous les sens, et au final on ne voit pas vraiement où veux en venir l'auteur.

Sinon, si on veut manger des choses bio, et pas trop chere
il y a les amaps, le pris est un peu plus élevé que dans un supermarché, mais moins que chez un revendeur bio.

De toutes façons, acheter des légumes ou de la viande dans un supermarché, c'est complètement idiot, mais comme à l'air de le dire l'article, à coup de pub, on arrive à se rendre compte de ce qu'il y a de vraiment important: seul le prix compte, comme ça on arrive a s'offrir toutes ces choses indispensables dont on a pas besoin.
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