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Les décharges en Afrique : une menace pour les enfants et l'environnement

12599 lectures / 6 commentaires08 octobre 2007, 11 h 57

Les décharges en Afrique : une menace pour les enfants et l'environnementDécharge de Dandora
crédit : Rob de-jong / UNEP
Une nouvelle étude démontre que l'une des plus grandes décharges d'Afrique, celle de la municipalité de Dandora à Nairobi, représente une menace sérieuse aux enfants vivant dans les environs et à l'environnement de la ville, de façon générale.

L'étude, faite par le Programmes des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), a examiné 328 jeunes âgés entre 2 et 18 ans, et vivant aux alentours de la décharge de Dandora et ses implications sur la santé. L'étude a aussi comparé des échantillons de sol du dépotoir à ceux d'une autre localité située en dehors de Nairobi.
La moitié des enfants examinés a des taux de plomb dans le sang excédant les niveaux internationalement acceptés, alors que 42 % des échantillons de sol contiennent presque dix fois plus de plomb qu'un sol dit "non pollué" (plus de 400 parties par million contre 50 ppm).
Les enfants ont été exposés aux polluants tels que les métaux lourds et les substances toxiques par le sol, l'eau et l'air (fumée de déchets brûlés) avec des complications respiratoires, gastro-intestinales et dermatologiques. Presque la moitié des enfants examinés souffraient des maladies respiratoires, y compris la bronchite et l'asthme chroniques.

Achim Steiner, Sous- secrétaire général de l'ONU et directeur exécutif du PNUE, a dit: "nous nous attendions à des résultats inquiétants, mais en réalité ils sont encore plus choquants que nous ne l'avions imaginé (...) La décharge de Dandora représente bien des défis précis pour la ville de Nairobi et pour le Kenya en général. Mais elle est également un exemple de décharges de déchets à travers de nombreuses régions de l'Afrique et d'autres centres urbains du monde des pays en voie de développement, " il a dit.

M. Steiner a dit que le PNUE était prêt à aider les autorités locales et nationales à améliorer la gestion des systèmes de voirie et des dépotoirs, notamment par une politique qui puisse générer des emplois durables et sains dans le secteur de la gestion des décharges et du recyclage.
"Il est évident qu'une action urgente est indispensable pour réduire les dangers environnementaux et sanitaires pour que les enfants et les adultes puissent continuer leurs vies quotidiennes sans crainte d'être empoissonné et sans détruire les systèmes des rivières voisins" a t-il indiqué.

Une décharge présentant tous types de déchets exploités par des enfants

La décharge de Dandora, qui s'étend sur 30 hectares reçoit 2 000 tonnes de déchets chaque jour, y compris les plastiques, les caoutchoucs, le bois traité, produit par environ 4,5 millions de personnes vivant dans la capitale Kenyane. L'étude a également montré la présence des produits toxiques, tels les produits chimiques et les déchets des hôpitaux, dans la décharge.

Chaque jour, des centaines de personnes, y compris des enfants, des bidonvilles voisins et des quartiers résidentiels pauvres utilisent la décharge pour trouver la nourriture, des produits recyclables et d'autres objets qu'ils peuvent vendre. En ce faisant, ils respirent les fumées toxiques des déchets brules et du méthane. Les déchets finissent souvent aussi dans la rivière de Nairobi qui coule à quelques mètres de la décharge, polluant l'eau utilisée par les résidents et les agriculteurs en aval.

L'école de l'Eglise catholique Saint John est située tout prés de la décharge. Entre 2003 et 2006, le dispensaire de l'église a soigné par an une moyenne de 9 121 personnes souffrant de problèmes respiratoires.
"Nous avons remarqué une situation alarmante concernant la santé des enfants de Dandora : l'asthme, l'anémie et les infections de la peau sont endémiques. Ces anomalies sont liées à l'environnement autour de la décharge et sont aggravées par la pauvreté, l'analphabétisme et la malnutrition. Puisque la décharge n'a pas de limites ni de gestion, les gens risquent également de contracter des maladies véhiculées par le sang telles que l'hépatite et le SIDA, " a dit Njoroge Kimani, enquêteur principal et auteur du rapport.

Une pollution en métaux lourds dramatique

M. Kimani et son équipe ont fait une recherche détaillée sur les impacts du dépotoir de Dandora sur la santé publique et l'environnement. Les experts de l'université de Nairobi, de l'université de Kenyatta, de l'hôpital national de Kenyatta et de l'institut de recherche agricole du Kenya aussi bien que les chefs locaux de la communauté de l'église catholique de Saint John à Korogocho ont aussi soutenu l'étude.
Des échantillons de sol et d'eau ont été analysés pour les métaux lourds, tels que le plomb, le mercure, le cadmium et le chrome, et les polluants organiques, y compris les diphényles polychlorés (PCBs) et les pesticides. Le sang et les échantillons d'urine ont été analysés pour les mêmes polluants et des signes des maladies liées aux polluants.

Les résultats montrent des niveaux des métaux lourds dangereusement élevés, particulièrement plomb, mercure et cadmium, sur le site de la décharge, aux alentours de celle-ci et dans les résidences environnantes. Les niveaux de plomb et de cadmium trouvés sur la décharge sont de 13 500 ppm et de 1 058 ppm respectivement, contre 150 ppm et 5 ppm en Hollande pour ces mêmes métaux lourds.
Un échantillon de sol provenant des bords du fleuve de Nairobi indique des niveaux élevés du mercure (plus de 18 contre 2 ppm, jugé acceptable). Sur les échantillons des surface du sol, la concentration en cadmium est 50 fois plus importante que dans un sol non pollué (53 ppm comparées à 1 ppm)

Au point de vue de la santé, 50 % ont des niveaux de plomb dans le sang égaux ou au-dessus des niveaux internationalement acceptés de 10 microgrammes par décilitre de sang, y compris deux enfants avec des concentrations de plus de 29 et 32 microgrammes.
Les niveaux bas d'hémoglobine et l'insuffisance de fer, certains des symptômes connus de l'empoisonnement au plomb, ont été détectés pour 50 et 30 % des enfants, respectivement. L'exposition à des niveaux élevés de plomb est également liée à une variété d'autres effets dommageables aux systèmes nerveux et au cerveau, tandis que l'empoisonnement de cadmium endommage les organes internes, particulièrement les reins, et favorise l'apparition de cancers.

Un quart des maladies dans le monde sont liées aux risques environnementaux

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un quart de toutes les maladies affectant l'humanité sont attribuable aux risques environnementaux notamment chez les enfants, plus vulnérables que des adultes. Parmi les enfants âgés moins de cinq ans, les maladies liées aux facteurs environnementaux sont responsables de plus de 4,7 millions de décès annuellement. Vingt-cinq pour cent des décès dans les pays en voie de développement sont liés aux facteurs environnementaux,comparés à 17 pour cent des décès dans le monde développé.

"Les enfants de Dandora, du Kenya, de l'Afrique et du monde méritent mieux que ceci. Nous ne pouvons plus nous permettre des solutions inappropriées à la gestion des décharges présentes dans beaucoup de villes, particulièrement dans les pays en voie de développement, " a dit M. Steiner.

L'étude recommande la gestion de la décharge d'une façon économique, sociale et environnementale durable.

Frère Danièle Moschetti, un prêtre de missionnaire de Comboni travaillant avec la communauté locale dans les bidonvilles autour de la décharge, a dit : " les pauvres sont les meilleurs recycleurs au monde ; rien n'est gaspillé. Mais ceci ne devrait pas mettre leurs vies et celles de leurs familles en danger. La communauté locale demande la fermeture et le déménagement de la décharge, à un endroit beaucoup plus adéquat et contrôlé. Ceci réduira non seulement les impacts sur la santé et l'environnement mais produira également du travail et du revenu à la communauté locale."

"Les vies de beaucoup de résidents locaux dépendent de la décharge de Dandora. Dans un premier temps, le défi est de réduire au minimum et enfin de stopper l'apport en matériaux dangereux, puis d'assurer un meilleur traitement des déchets toxiques et médicaux avant qu'ils n'y arrivent. Nous devons également fournir de meilleures et durables conditions de vies aux personnes travaillant dans la décharge, et vivant dans ces alentours. Dans l'avenir, les quantités croissantes de déchets peuvent être inévitables mais nous devrions apprendre comment meilleur améliorer la vie des pauvres qui en dépendent et favoriser la réutilisation des ordures pour une opportunité économique plus saine, " a dit Mr. Steiner.

Sources

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 08 octobre 2007, 11 h 57 - Tous droits réservés

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6 commentaires

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avatar LAMIRI Mustapha - Rabat - 08/10/2007, 12:50

Bonjour,



De prime abord, je remercie infiniment NOTRE PLANETE INFO, pour ces sujets d'actualité. Par ailleurs, je porte à votre connaissance que les mêmes problèmes des décharges existent au Maroc avec une grande menace aux enfants qui vivent dans les environs des villes et en particulier les grandes villes comme Casablanca, Rabat et Kénitra.

Les pays africains sollicitent l'aide de la Communauté européenne et des pays du golf pour résoudre ce genre de problèmes environnementaux par recyclage, utilisation des sacs en plastique biodégradables et par l'enfouissement des produits toxiques dans le sous-sol.



Mustapha Lamiri

lamiri_mustapha@yahoo.fr



avatar Haddadi mohamed Nador Maroc - 15/10/2007, 00:38

Les decharges publiques ,constituent un critère infaillible pour mesurer le degré de developpement humain d'une socièté .En outre le recyclage des dechets et le niveau de la mobilisation des nations pour en aboutir ,constitue l'autre face de la monnaie .

avatar Antoine Careme Midzonso/Brazzaville.Congo - 16/10/2007, 10:51

Effectivement la pollution environnementale

par les déchets d'origines diverses est inquiétante.

En Afrique ,celà est encore plus inquiétante d'autant plus que les populations ignorent les risques sanitaires liés à l'environnement. La gestion de l'environnement est chaotique. Recycler les déchets n'est pas une solution suffisante pour résorber la pollution environnementale.Il faut une éducation permanente des masses, des politiques environnementales saines et courageuses,des sanctions exemplaires contre tous les pollueurs, privés ou publics. L'exemple du Kenya n'est que l'arbre qui cache la forêt.Il ya beaucoup à faire dans ce domaine, pourtant très vital et influent de notre santé.

avatar Bekkay France - 25/12/2007, 17:44

je suis entierement d'accord de ce qu'il aété dit ,moi j'attire l'attention des gens qui visitent ce site à découvrir les villes et villages marocains de2010.

En particulier les villes qui se trouvent aux portes de lEurope, c'est déserpérant.

merci.

avatar COMBASRE Gouwendkouni BURKINA FASO - 08/05/2008, 20:32

Bonjour! je rèmerçie NOTRE PLANETE INFO pour la pertinence du thème.Au BURKINA ,de plus en plus de nombreuses personnes y recherchent au risque de leur santé leur pitance . Je dèsire mener une ètude dans ce sens pour ma soutenance en MAITRISE de SOCIOLOGIE.

avatar Chaimaa Kamal- Le Caire- Egypte/Chima_ibrahim@yaho - 26/04/2009, 21:49

Je pense que cette decharge doit etre deplacer hors de la ville, Il faut choisir un terrain hors de quartier de l'habitation et l'agriculture avec consideration de direction du vent pour ne pas mener l'ordure aux villes.

La fermeture de dechage actuelle est necessaire

Il faut prendre soin des enfants et les habitants par nutrition theraputique empeche l'absorption de ces metaux lourds dans leur corps.

Decontamination des fleuves et du sol

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