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Débat sur les produits biologiques dans les cantines

3370 lectures / 4 commentaires30/09/2007, 11:05
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Débat sur les produits biologiques dans les cantines
Buffet BIO
crédit :© C. Magdelaine, notre-planete.info
PRO NATURA(1), leader européen sur le marché des fruits et légumes biologiques, entend réagir face à la position de députés UMP concernant le projet de développement de la filière biologique, notamment dans la restauration collective.

Le gouvernement français a décidé de faire de l’environnement et du développement durable une dimension essentielle des politiques publiques, le prochain "Grenelle de l’Environnement" devant, à ce titre, être le point de départ d’une nouvelle ère. Par ailleurs, un consensus est aujourd’hui formé autour des bénéfices, tant en matière d’environnement que de sécurité alimentaire de l’agriculture biologique (2).

L'une des propositions formulées par le groupe 4 du "Grenelle de l'Environnement" : "Adopter des modes de production et de consommation durables : agriculture, pêche, agroalimentaire, distribution, forêts et usages durables des territoires" est d'atteindre 20% de produits bio dans la restauration collective d’ici 2012.
Ce groupe souligne que "la restauration collective représente plus de 10% du marché de l’alimentation, et touche quotidiennement plus de 15 millions de nos concitoyens. Il est ainsi apparu à l’ensemble des membres du groupe, et notamment aux collectivités locales, qu’elle constituait un référentiel important pour l’alimentation de chacun, et donc un vecteur puissant de diffusion des produits."

Dans un communiqué, PRO NATURA s'étonne "de découvrir que des élus semblent rejeter, avant même qu’elles ne soient formulées, toutes propositions de développement de la filière biologique (3)."
PRO NATURA, pense, au contraire, que le pouvoir politique doit créer les conditions favorables au développement de cette filière par :
- un message clair et objectif sur les atouts de l’agriculture biologique,
- un soutien au développement de la production,
- l’amélioration de l’accès des consommateurs aux aliments biologiques.

Dans cette perspective, le développement de repas ou d’aliments biologiques dans la restauration collective, notamment d’établissements et d’administrations publics, permettrait de répondre aux attentes des consommateurs et créerait des débouchés supplémentaires pour les producteurs et les entreprises du secteur biologique.

En tant que leader européen de la distribution de fruits et légumes biologiques, PRO NATURA propose, dans une lettre adressée aux députés concernés, de participer à ce développement, en orientant vers des établissements français une partie des 25 000 tonnes (50 % de son CA) qu’elle commercialise actuellement à l’export (Allemagne, Belgique, Suisse, Royaume-Uni…).

Selon PRO NATURA, les arguments avancés par ces députés contre le développement des produits biologiques dans la restauration collective dénotent une méconnaissance du potentiel de la filière biologique.

Les arguments des députés et les réponses de Pro Natura :

« … l’offre est insuffisante… », sporadiquement, car :

- le développement de la production bio française n’a pas été clairement appuyé par les pouvoirs publics, contrairement à ce qui a pu être fait chez nos voisins italiens, allemands ou suisses,
- la demande des consommateurs français et européens augmente d’environ 20 % par an depuis près de 10 ans.

Sur ce point, le groupe 4 du "Grenelle de l'Environnement" note dans son rapport que "la consommation en produits issus de l’agriculture biologique augmente en France plus vite que la production, ce qui implique qu’une part croissante du marché est couverte par des produits importés. Or les atouts environnementaux de l’agriculture biologique en font une modalité importante du développement durable de l’agriculture. Le groupe propose donc une action forte et volontariste pour le développement de la production biologique, ce qui passe par la structuration des filières en encourageant les démarches collectives innovantes et la contractualisation avec l’aval."
Effectivement, nous constatons que de plus en plus de produits BIO proviennent des quatres coins du monde, ce qui n'est évidement pas compatible avec le principe essentiel de filière courte et de production locale.

« … des prix plus élevés de 15 à 20%... » à ceux de leurs équivalents conventionnels, mais

- ce prix intègre les coûts réels de la production et de son impact sur l’environnement,
- selon la Commission du Codex Alimentarius et toutes les réglementations nationales existantes, “l’agriculture biologique est un système de gestion globale de la production qui exclut l’utilisation d’engrais et de pesticides de synthèse et d’organismes génétiquement modifiés, réduit au maximum la pollution de l’air, du sol et de l'eau, et optimise la santé et la productivité de communautés interdépendantes de végétaux, d’animaux et d’êtres humains”,
- les prix des fruits et légumes bio doivent se comparer à ceux de la filière conventionnelle dont l’économie est extrêmement fragile. La croissance et de nécessaires améliorations de la distribution contribueront à abaisser le prix de vente au consommateur.
Soulignons que, l'écart de prix, relatif suivant les produits, est un investissement à long terme contre une agriculture conventionnelle dont les coûts indirects liés aux pollutions sont désastreux.

« … la filière bio n’est pas assez contrôlée »,

Le cadre défini par le règlement CE 2092/91 qui s’applique aux filières agricoles et agroalimentaires biologiques offre sans conteste au consommateur européen les produits les mieux définis, les mieux contrôlés et les mieux à même de garantir sa sécurité alimentaire.

« … le bio, c’est de la « com » coûteuse ».

Les nombreuses évaluations des bénéfices environnementaux et nutritionnels de l’agriculture biologique comme le développement de ce marché infirment le bien-fondé de cette assertion :
- la FAO estime que les exploitations qui pratiquent l’agriculture biologique émettent 48 à 60% de CO2 en moins par ha que les exploitations conventionnelles,
- “L’agriculture biologique n’est plus un phénomène propre aux pays développés. En 2006, elle était pratiquée dans 120 pays sur un total de 31 millions d’hectares et représentait un marché de 40 milliards de dollars”, souligne la FAO dans son rapport Agriculture Biologique et Sécurité Alimentaire - à comparer aux 100 millions d'hectares alloués aux cultures génétiquement modifiées(4).
- en France, le marché alimentaire bio représente un CA d’environ 2.5 milliards d’euros et affiche une croissance de 15 à 20 % par an,
- en Italie, les cantines scolaires gérées par les mairies servent chaque jour un million de repas contenant au moins un composant bio.

En savoir plus

Notre dossier sur l'agriculture biologique
En discuter sur notre forum dédié aux gestes éco-citoyens

Notes

(1) Fondée en 1987 par Henri de Pazzis, ancien agriculteur en bio, pour commercialiser les productions biologiques provençales, Pro Natura est devenue le leader européen de la mise en marché de fruits et légumes biologiques. Avec le rachat de Biomarché en 2006 et de Bioprim (Perpignan) en 2007, le groupe emploie aujourd’hui près de 220 personnes et travaille avec plus de 1000 producteurs de fruits & légumes bio dans 41 pays : en France, mais aussi dans les pays méditerranéens, en Afrique du Sud et de l’Ouest et en Amérique latine.
(2) rapport de la FAO Mai 2007 « Agriculture biologique et sécurité alimentaire ».
(3) Messieurs Patrick Ollier, Député des Hauts-de-Seine et Hervé Mariton, Député de la Drôme
(4) Rapport publié le 18 janvier 2007 par l'ISAAA (International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications)

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Auteur

Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)

4 commentaires sur cette actualité !

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fanny de toulouse - 08/10/2007, 10:42
moi je suis contre le bio vous en pensez kwa ?
Thierry Wurtz Escanecrabe - 02/10/2007, 22:24
Belle article il ne manque plus qu'a convaincre les politique et a expliquer auxgrincheux que même si tout est polué le fait de ne plus polluer c'est deja un grand pas.
Pourquoi laver sa voiture puisqu'elle va etre sallie!
Regarder a munich ou tune grosse partie des bassins versants de captage d'eau ont été ,avec des aides de la commune, converti a l'agriculture biologique .
Resultat apres quelques année la reduction des couts de dépollution de l'eau captée est superieur aux subventions qui ont ete versées aux agriculteurs pour passer en AB et un marché local bio pour les collectivités a été mis en place(cantines)
Un exemple à méditer Pierre, tous n'est pas perdu et manger bio contribue a ce genre de projets.(de plus on est plus zen lorsqu'il y a un avenir pour nos enfants)
Christophe Magdelaine (www.notre-planete.info) - 30/09/2007, 19:29
@ ruel pierre st féliu-d'avall : achetez et goûtez bio avant de dire n'importe quoi... Vous crachez sur ce que vous dénoncez, bravo !
ruel pierre st féliu-d'avall - 30/09/2007, 19:26
ne vous tracassez donc pas , tout ça, est encore du bla bla bla politico-économique, il n'y-a-pas d'agriculture bio...... la terre est poluée sur plus 1 metre de pronfondeur.... les graines sont des cloones de graines déja poluées.... les pluies qui tombent sont déguelasses (regardez vos voitures apres la pluie) le gout des fruits et des légumes piqués pour les conserver plus longtemps....et si vous lavez vos aliments avant de les consommer.... l'eau de nos robinets est farçie de produits pourris et chimiques alors pour manger bio il faut vraiment qu'on soit c... pout y croire et etre encore plus C... de gober ce qu'on nous raconte ....bon repas quand meme!!!!
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