Le site de référence en environnement
et sciences de la Terre depuis 2001

english deutsch
Envoyer cette page
Actualités  rss  Plan du site

connexion Se connecter

Login (email)  
Mot de passe mémoriser
 
Devenir membreRetrouver vos identifiants

Plus que 18 jours pour gagner 5 jeux !

Marre de la pub ? Devenez membre premium !

actu21 décembre 2012 : la fin du monde ?
actu"Il est déjà trop tard" : l'espèce humaine devrait s'éteindre ce siècle
actuDémographie : la vraie vérité qui dérange
actuLes abeilles, témoins du bon état de notre environnement, disparaissent massivement
actuUn nouveau "continent" de déchets a été découvert dans l'océan Atlantique Nord !
actuManger autant de viande est une aberration pour l'environnement et la santé
actuLe pic pétrolier mondial : on doit s'y préparer dès maintenant !
actuLimiter l'augmentation de la température planétaire à 2 ºC n'est plus réalisable
actuLe déclin de l'industrie nucléaire
actu7 milliards d'habitants sur Terre
actuPollution de l'air : plus de 2 millions de morts par an

Marre de la pub ? Devenez membre premium !

Sondage Février 2012

Découvrez l'agenda du mois
> > Février 2012 < <

Marre de la pub ? Devenez membre premium !

www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre

Recevoir une alerte mail à chaque nouvelle actualitéFlux RSS

La fonte de la banquise permet à la Russie d'avancer ses pions en Arctique

11630 lectures / 2 commentaires21 septembre 2007, 13 h 50

La fonte de la banquise permet à la Russie d'avancer ses pions en Arctique© fr.rian.ru
L'expédition spectaculaire du navire scientifique "Akademik Fedorov" et du brise-glace atomique "Rossia" vers le pôle Nord, qui a permis de réaliser, le 2 août dernier, la plongée de deux bathyscaphes Mir et de planter sur le fond un drapeau russe en titane, n'était qu'une étape de "l'offensive arctique" de la Russie.

Cette "offensive" a débuté au mois de mai: dès que les conditions météorologiques et la situation des glaces de mer l'ont permis, le brise-glace atomique "Rossia" a acheminé vers l'Arctique de l'Est une expédition scientifique dont les membres ont passé six semaines à prospecter mètre après mètre la dorsale océanique de Lomonossov. Ce même brise-glace est récemment parti pour une nouvelle mission consistant à poursuivre l'étude du plateau continental, y compris à l'aide d'appareils submersibles téléguidés. Y succédera une équipe de chercheurs polaires qui doivent débarquer sur la nouvelle station dérivante Severny Polious-35.

L'importance de la mission confiée aux chercheurs est difficile à surestimer, car ils doivent présenter des preuves convaincantes attestant que le pôle Nord appartient à la Russie. Et il n'est pas seulement question du pôle Nord. Il s'agit d'un immense territoire océanique représentant un triangle dont la base s'étend de la frontière norvégienne à l'ouest, au détroit de Béring à l'est, au total 1,2 million de kilomètres carrés, autrement dit la superficie de l'Italie, de l'Allemagne et de la France prises ensemble.

La Russie, comme hier l'Union soviétique, a toujours considéré ce territoire comme sien. Encore dans les années 1920, le "gâteau" arctique a été divisé en cinq morceaux entre l'URSS, les Etats-Unis, le Canada, la Norvège et le Danemark. C'était avant l'adoption de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer qui a limité les frontières extérieures des puissances polaires à une zone économique de 200 milles nautiques au large de leurs côtes, le reste de l'océan étant proclamé patrimoine commun de l'humanité.

Mais il y a une exception à la règle: toujours conformément à la Convention, n'importe quel Etat peut élargir ses frontières maritimes de 150 milles supplémentaires s'il prouve que le plateau océanique en question représente un prolongement immergé de sa masse terrestre. Dans le cas de la Russie, il s'agit donc de prouver que la dorsale de Lomonossov est un prolongement de la plate-forme continentale sibérienne. Il y a cinq ans, la Russie a saisi la commission ad hoc de l'ONU, mais ses arguments n'ont pas convaincu. Dans deux ans, Moscou compte renouveler sa tentative, et les chercheurs russes travaillent actuellement sur le problème.

Le prix de la question est connu: selon des estimations préalables, les réserves d'hydrocarbures du "triangle" revendiqué par la Russie représentent 100 milliards de tonnes d'équivalent pétrole, soit un quart ou un tiers des réserves mondiales.

C'est pourquoi, comme on aurait dû s'y attendre, la "campagne du Nord" lancée par Moscou n'a guère enthousiasmé les autres prétendants à la région arctique. Et ils sont nombreux ces derniers temps: le Danemark, par exemple, affirme que le pôle Nord et ses environs n'appartiennent qu'à lui en raison de la proximité immédiate du Groenland, le Canada soutient de son côté que la dorsale de Lomonossov vient du continent américain, tandis que les Norvégiens s'empressent désormais de régler le vieux différend avec la Russie concernant la zone litigieuse de 155 000 kilomètres carrés en mer de Barents.

Les Etats-Unis ont eux aussi redoublé d'activité. Encore en mai dernier, le vice-président de la commission aux affaires étrangères du Sénat américain, Richard Lugar, avait exigé que Washington rejoigne au plus vite la Convention sur le droit de la mer afin d'éviter que Moscou s'approprie les régions riches en pétrole et en gaz. La dernière action des Russes a tout particulièrement froissé les Etats-Unis. Le porte-parole du département d'Etat, Tom Casey, a déclaré sur-le-champ qu'un drapeau planté sous la banquise n'avait aucune valeur juridique.

Après tout, personne ne le conteste, comme on ne conteste pas l'importance, plus politique que scientifique, de cette expédition vers le point le plus septentrional de la planète. Chercheur polaire émérite et parallèlement vice-président de la Douma (chambre basse du parlement russe), le chef de l'expédition Artour Tchilingarov ne cachait pas ses intentions: "Nous voulons prouver que la Russie est une grande puissance polaire".

Toutefois, il est difficile de souscrire aux tentatives des Américains, comme à celles des autres prétendants aux hydrocarbures arctiques, pour remettre en cause le droit des Russes à leur partie du plateau continental océanique. Ces critiques ont été clairement résumées par le Times britannique: "Le monde doit dire non aux revendications de la Russie concernant le fond marin". Robert Miller, professeur à l'école juridique privée Lewis & Clark College, a notamment affirmé dans un article du Los Angeles Times que, par ses revendications territoriales "insolentes", la Russie ressemblait à ces pionniers européens et américains des XVe-XXe siècles dont le principe se résumait à ceci: celui qui arrive le premier reçoit tout. Scott Borgerson, expert à l'US Council on Foreign Relations, invite pour sa part à élaborer un "accord de copossession" à l'instar de celui signé à la fin des années 1950 pour l'Antarctique.

Dans les colonnes du Washington Times, Ariel Cohen, de l'Heritage Foundation, s'exprime plus clairement: "Si Moscou propose de mettre en valeur les ressources de l'Arctique en partenariat avec les Etats-Unis et d'autres pays, ce projet pourrait servir d'exemple de coopération internationale féconde". Mais pour l'instant, poursuit-il, les puissances occidentales devraient élaborer une stratégie commune contre la Russie: "Trop de choses sont en jeu pour offrir tout cela à l'ours russe".

Certains détracteurs de la Russie mettent en doute la légitimité même de la Convention de l'ONU sur le droit de la mer, pourtant ratifiée par la majorité des Etats du monde. Le quotidien financier en ligne américain Investor's Business Daily est allé jusqu'à qualifier cette Convention de "Munich maritime". La position des Américains est claire: par le passé, ils ont refusé de signer ce document de peur que d'autres pays ne revendiquent des zones maritimes que les Etats-Unis considéraient comme leur appartenant. Le président Ronald Reagan a même licencié plusieurs fonctionnaires du département d'Etat pour avoir participé à la rédaction de la Convention. Aujourd'hui, Washington veut se rattraper: si la demande russe s'avère convaincante, la question du plateau continental russe sera décidée par-dessus sa tête. L'envoi urgent du brise-glace lourd "Healy" de la garde côtière américaine et la décision de construire deux nouveaux brise-glaces en vue de renforcer la présence américaine dans l'Arctique témoignent d'une réaction manifestement tardive.

La Russie agit strictement dans le cadre de la Convention onusienne. Lors d'une conférence de presse donnée récemment à Moscou, le président de l'Association internationale du droit de la mer et juge du Tribunal international du droit de la mer, Anatoli Kolodkine, a souligné que la Russie enquêtait sur l'appartenance du plateau continental "en stricte conformité avec le droit international" et qu'il ne voyait pas de raisons pour une dégradation des relations diplomatiques avec d'autres pays. "N'importe quel pays de la région peut formuler ses revendications, a-t-il constaté, mais il doit agir de la même manière que la Russie, autrement dit présenter les preuves nécessaires à l'appui de ses revendications."

Un autre spécialiste du domaine, le docteur en droit Vassili Goutsouliak, prévoit le scénario suivant: "Si des preuves convaincantes sont fournies attestant que le fond marin étudié est un prolongement naturel du plateau continental russe, la demande de Moscou sera satisfaite", explique-t-il. Et de préciser qu'en ce cas "la décision aura force de loi aussi bien pour la Fédération de Russie que pour les autres pays".

Les drapeaux tricolores que les chercheurs polaires russes plantent sur la banquise du pôle Nord ou sur le fond marin n'ont rien à voir avec cela. La question des frontières arctiques de la Russie doit être réglée exclusivement dans le cadre du droit international, quel que soit le verdict définitif.

La dorsale Lomonossov appartient bien au plateau continental russe

Les résultats de la récente expédition Arctique-2007 ont permis aux scientifiques russes de démontrer l'appartenance des dorsales Lomonossov et Mendeleïev au plateau continental russe, annonce un communiqué du Ministère russe des Ressources naturelles.

"Nous avons reçu le 20 septembre les données préliminaires de l'analyse du modèle de l'écorce terrestre selon le profil fourni par l'expédition Arctique-2007, celles-ci permettent de confirmer que la structure de l'écorce de la dorsale Lomonossov correspond aux analogues mondiaux d'écorce continentale, ce qui signifie qu'elle appartient au plateau continental de la Fédération de Russie", lit-on dans le communiqué de presse du Ministère russe des Ressources naturelles.

la décision de l'ONU attendue dans trois ans

La commission des limites du plateau continental (Nations unies) pourra rendre sa décision sur la demande de la Russie qui revendique une partie des territoires arctiques dans trois ans, a indiqué à RIA Novosti vendredi 31 août Iouri Kazmine, membre de la commission.

D'ici trois ans, la Russie pourra présenter les preuves nécessaires pour démontrer qu'une partie de la dorsale Lomonossov et de la dorsale Mendeleïev lui appartient, et la commission pourra donc adopter une décision définitive, a-t-il estimé.

Cette commission, qui regroupe des représentants de 21 Etats dont la Russie, est chargée de définir les limites du plateau continental conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982.

La Russie ne revendique qu'une partie de la dorsale Lomonossov, son prolongement au-delà du pôle Nord appartenant probablement au Canada ou au Groenland, a précisé Iouri Kazmine.

Auteur

RIA Novosti ; date originale : 21 septembre 2007, 13 h 50

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

Sur le même sujet

Actualités

Dossiers

2 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

avatar dorey villeurbanne - 05/10/2007, 10:52

La curiosité m'a fait partir d'une visite de L0S ANGELES pour me retrouver à 3000 metres de profondeur dans les eaux glaciales de l'ocean de l'ocean ARTIQUE.j'ai appris durant ce voyage une foule de renseigrements.Comme dirait Monzsieur bennini ABSOLUMENT EPOUSTOUFFLANT!!!!

avatar sollily st etienne - 25/10/2007, 15:41

c'est tout simplement honteux on nous dit que les glaces fondent et qu'il faut trouver une solution et les grands états vont se faire la guerre pour des milliers de tonne de pétrole histoire de bien finir ce que nous avons commencé. c'est bien beau de nous dire de faire 5 minutes sans électricité et autre consommation d'énergie pour la planète mais ça n'est pas 5 minutes qui feront bouger les choses.

il faut que les gens se bougent, organiser des manifestations à grande échelle pour dire que la population en marre que leur état ne fait rien pour que les choses aillent plus vite et dire NON au pétrole du pôle nord.

Votre nom et lieu de résidence :

Pour éviter les abus des robots spammeurs, merci de répondre à cette question :

Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

Votre commentaire :

Tout commentaire qui spam, flood, troll, est irrespectueux, choquant, incompréhensible (style SMS), religieusement ou politiquement trop engagé, non constructif ou qui promeut des produits, services ou sites web, sera immédiatement supprimé. Toute récidive entraînera le bannissement définitif du posteur.


Haut de page ^ Offres d'emploi et CV     Livres et DVD     Associations     Communiqués     Agenda     rss Flux RSS     Partenaires

Page mise à jour le 21/09/2007  56 connectés© 2001-2012 notre-planete.info® v. 5.69 - tous droits réservés
notre-planete.info est un site indépendant qui informe et sensibilise objectivement sur l'environnement, l'écologie, les sciences de la Terre et le développement durable
Mentions légales  |   Presse  |   Publicité  |   Contact  |   Liens et logos  |   Soutenez notre-planete.info !