Le numéro 77 des Données de l'environnement publié aujourd'hui par
l'Institut Français de l'Environnement (Ifen) présente les résultats des analyses de concentrations ambiantes de benzène relevées par les Associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA) de 1994 à 2001, complétées d'analyses pilotes des concentrations à l'intérieur des locaux. Si les concentrations extérieures baissent considérablement depuis une dizaine d'années, celles relevées dans certains locaux sont encore très élevées.
Le benzène est un composé organique volatil (COV) utilisé dans les carburants en remplacement du plomb ou dans l'industrie chimique comme intermédiaire de synthèse pour la fabrication de plastiques, fibres synthétiques, solvants, pesticides... Les émissions de benzène dans l'air extérieur proviennent de l'évaporation lors du stockage et de la distribution des carburants, des émissions à l'échappement parmi les hydrocarbures imbrûlés, de l'évaporation à partir des moteurs ou des réservoirs et, de façon diffuse, aux abords d'industries chimiques. Du fait de la réglementation (directive 98/70/CE du 13 octobre 1998), la teneur en benzène des carburants est passée de 5 à 1% maximum au 1er janvier 2000.
Un polluant de moins en moins présent à l'extérieurLes niveaux de concentration moyens annuels en benzène relevés dans l'air extérieur par les AASQA sont compris entre 1 µg/m3 en sites urbains de fond et plus de 10 µg/m3 en sites de proximité au trafic. Depuis 1994, les niveaux ont été respectivement divisés par 3 et 4. La réglementation européenne, qui fixe la valeur limite de concentration à 10 µg/m3 en moyenne annuelle est donc respectée en sites de fond, même si l'objectif de qualité (fixé à 2 µg/m3) reste à atteindre sur certains sites de proximité industrielle et de trafic. Cependant, la directive 2000/69/CE du 16 novembre 2000 a fixé une nouvelle valeur limite de concentration dans l'air extérieur à 5 µg/m3, avec une tolérance de dépassement jusqu'en 2005.
... Très présent à l'intérieur, quand il est mesuré...A l'intérieur des locaux, la fumée de
tabac est une source connue d'émission de benzène, ainsi que les produits de bricolage et d'entretien, certains revêtements ou éléments de décoration. Les récents résultats d'une campagne pilote de mesurage chez des volontaires, menée par l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur sur 3 sites géographiques (Nord-Pas-de-Calais, Communauté urbaine de Strasbourg, Aix-Marseille) a permis de relever des niveaux de concentration en benzène pouvant aller jusqu'à 14 µg/m3 dans certaines cuisines ou chambres. Ils sont en général 1,5 fois plus élevés que dans l'air extérieur où 90% des niveaux ne dépassent pas 3 µg/m3.
... Et considéré unanimement comme cancérogèneL'induction de leucémies par le benzène a été établie par de nombreuses études épidémiologiques. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) estime que les preuves sont suffisantes pour le considérer cancérogène certain pour l'homme. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'exposition continue d'un million de personnes à 1 µg/m3 pendant une vie entière est susceptible d'induire un excès de six décès par leucémie.
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Institut Français de l’Environnement