Feux en Grêce, image Meteosat-9 HRV - 26/08/07 16:00 UTCcrédit : Eumetsat
La Grêce est en proie aux plus violents incendies qu'elle ait jamais connue : plus de soixante morts sont à déplorer alors que les flammes lèchent le site antique d'Olympie et la fumée étouffe Athènes, la capitale.
Dès fin juin, d'importants feux ravagaient le Mont Parnès, l'un des principales zones boisées aux portes d'Athènes. Depuis trois jours près d'une centaine d'incendies se sont déclarées du nord du pays à la pointe sud du Péloponnèse, notamment près de l'antique Olympie. La banlieue d'Athènes et la capitale sont recouverts d'une épaisse fumée blanche et de cendres. L'état d'urgence a été décrété samedi dans tout le pays. Les feux sont attisés par des températures supérieures à 30°, un sol et une végétation sèche à cause des vagues de chaleur de l'été et des vents de plus de 70 km/h à l’ouest et au sud de la péninsule du Péloponnèse.
Lundi, les pompiers luttaient contre des dizaines de foyers, vraisemblablement d'origine criminelle. Les dégâts sont considérables : des centaines de maisons ont été dévastées et des milliers d'habitants ont fui, trouvant refuge sur des plages, dans des écoles, des hôtels ou des centres hospitaliers.
"La destruction atteint des proportions bibliques", a déclaré un pompier volontaire du Péloponnèse, Nicholas Orphanos. "Il y a des villages où nous ne voulons pas et nous ne pouvons pas aller parce que les routes sont bloquées. En 30 ans, je n'avais jamais vu de telles destructions." Au moins 180 000 hectares de terrain ont été dévastés.
Le bilan humain est important avec 65 victimes.
L'antique Olympie, classée par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’humanité, a été épargnée de justesse alors que les cyprès et les pins qui l'entourent se sont embrasés. Proche de la mer Ionienne sur la côte ouest du Péloponnèse, ce lieu touristique prisé comprend les ruines des temples et du stade où furent célébrés les jeux panhelléniques à partir de 776 av. J.-C jusqu'au IVème siècle ap. J.-C. Afin de prévenir tout nouveau départ de feu, une soixantaine de pompiers et six camions ont été maintenus sur place. Un déploiement qui s'est fait au détriment des populations locales qui ont dû abandonner leurs maisons brûlées...
Les moyens déployés pour lutter contre ces feux sans précédents en Grêce sont désormais internationaux, la Grêce ne parvenant pas, seule, à maîtriser les feux. C'est l'Union Européenne qui a été rapidement sollicitée avec l'envoi de renforts (pompiers, hélicoptères et bombardiers d'eau) venus de France, d'Italie, d'Espagne, de Chypre, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Norvège, de Slovénie, de Serbie, d'Autriche, de Suisse, du Portugal ... Mais aussi de Russie, avec 14 aéronefs spécialisés et d'Israël. Il s'agit dorénavant de la plus grande opération de lutte contre le feu jamais organisée en Europe : des milliers de pompiers, de militaires, des dizaines d'avions et d'hélicoptères, plus des dizaines encore attendus, luttent contre les feux les plus meurtriers au monde depuis celui d’octobre 1871 à Peshtigo, dans le Wisconsin, aux Etats-Unis (entre 800 et 1 200 morts).
Le Premier ministre Costas Caramanlis a dénoncé des incendies criminels et promis la plus grande sévérité contre les pyromanes. En effet, le gouvernement, convaincu que les départs de feux ont été en grande partie volontaires, a même offert jusqu'à un million d'euros pour aider à l'arrestation des pyromanes : "la récompense est fixée entre 100 000 et un million d'euros pour chaque acte de pyromanie, en fonction des morts ou des blessés survenus et de l'étendue des dégâts", a déclaré le ministère de l'Ordre public dans un communiqué.
Pour le moment, sept personnes ont été inculpées depuis samedi dernier en Grèce pour avoir provoqué des incendies dans différentes régions du pays, a annoncé lundi un porte-parole des sapeurs-pompiers.
La spéculation foncière pourrait, de nouveau, être responsable des incendies où la destruction des forêts est un bon moyen de s'approprier le sol pour construire...
Lundi 3 septembre, les feux ont été enfin complètement éteints.
En savoir plus
Photos satellites des feux en Grêce (Eumetsat)
Photos satellites des feux en Grêce (NASA)
Auteur
Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)