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Point sur les extrêmes météorologiques et climatiques à mi-2007

3692 lectures / 9 commentaires22/08/2007, 10:00
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Point sur les extrêmes météorologiques et climatiques à mi-2007
crédit :© C. Magdelaine, notre-planete.info
Depuis janvier 2007, de nombreuses régions du monde connaissent des extrêmes météorologiques et climatologiques. Les mois de janvier et d’avril ont sans doute été les plus chauds à l’échelle du globe depuis le début des observations systématiques, en 1880, si l’on se réfère aux températures moyennes à la surface des terres émergées, l’anomalie positive atteignant 1,89 °C pour janvier et 1,37 °C pour avril. Par ailleurs, plusieurs régions ont connu des précipitations extrêmement abondantes qui ont entraîné de graves inondations. Dans son quatrième rapport d’évaluation, le Groupe d’experts intergouvernemental OMM/PNUE sur l’évolution du climat (GIEC) fait état d’une multiplication des phénomènes extrêmes depuis cinquante ans. Le GIEC prévoit d’ailleurs qu’il est très probable que les vagues de chaleur et notamment les épisodes de chaleur extrême continueront de se multiplier tout comme les épisodes de fortes précipitations.

L’OMM et les Services météorologiques nationaux de ses 188 Membres collaborent avec d’autres institutions des Nations Unies et un certain nombre de partenaires à l’instauration d’un système d’alerte rapide multidanger. En outre, des systèmes d’observation viables sur le long terme sont mis en place en vue de détecter et d’évaluer les incidences du changement climatique et de déterminer les mesures à prendre en priorité pour aider les pays les plus vulnérables à s’adapter.

Fortes précipitations, cyclones et tempêtes de vent
Durant la première moitié (juin-juillet) de la saison de la mousson d’été en Inde, quatre dépressions de mousson, soit deux fois plus que la normale, ont provoqué de fortes pluies et des inondations en Inde, au Pakistan et au Bangladesh. De nombreuses stations ont signalé des cumuls de pluie sur 24 heures supérieurs à 350 mm. Ces valeurs extrêmes et les pluies incessantes ont entraîné des inondations à grande échelle dans toute l’Asie méridionale, situation qui persiste à ce jour et qui s’est soldée par plus de 500 victimes, par l’évacuation de plus de 10 millions de personnes, la destruction de vastes étendues de terres agricoles, la perte de bétail et des dommages matériels considérables.

Le cyclone Gonu, premier cyclone jamais observé en mer d’Oman, a atteint les côtes d’Oman le 6 juin avec des vents soutenus d’une vitesse maximale proche de 148 km/h. Traversant le golfe d’Oman, il a touché terre une seconde fois en Iran. À Oman, plus de 20 000 personnes ont été touchées et plus de 50 ont trouvé la mort.

Du 6 au 10 juin, de fortes précipitations ont dévasté certaines régions du sud de la Chine. Les inondations ont touché plus de 13,5 millions de personnes, dont 120 ont trouvé la mort, notamment lors de glissements de terrain.

En Angleterre et au Pays de Galles, la période comprise entre mai et juillet 2007 a battu tous les records de cumul des précipitations (406 mm) depuis le début 1766, date du début des relevés, le précédent record remontant à 1789 (349 mm). L’épisode extrême observé dans le nord-est de l’Angleterre, où 103,1 mm de pluie sont tombés en 24 heures (les 24-25 juin), a été suivi le 20 juillet par un épisode similaire (120,8 mm de pluie) dans le centre du pays. Ces deux événements ont entraîné de vastes inondations en Angleterre et au Pays de Galles. Au moins neuf personnes ont perdu la vie et les dommages sont estimés à plus de 6 milliards de dollars É.-U.

L’Allemagne a connu quant à elle son mois de mai le plus arrosé - 126 mm - depuis 1901, date à laquelle des relevés ont commencé à être effectués à l’échelle du pays, la normale calculée pour la période 1961-1990 s’établissant à 71 mm. À l’opposé, le mois d’avril est le plus sec que le pays ait connu depuis 1901, avec seulement 4 mm de précipitations en moyenne nationale, ce qui représente 7 % de la pluviosité normale.

Les 17 et 18 janvier 2007, une grande partie de l’Europe du Nord s’est retrouvée sous l’influence d’un puissant système dépressionnaire qui a déversé des pluies torrentielles et engendré des vents soufflant jusqu’à 170 km/h. Au moins 47 personnes sont décédées durant la tempête et des dizaines de milliers ont été touchées par des coupures de courant. Selon une première estimation, les dégâts se chiffreraient entre 3 et 5 milliards d’euros.

Le Mozambique a connu en février les pires inondations des six dernières années. Une trentaine de personnes ont perdu la vie et 120 000 ont été évacuées du bassin central du Zambèze. L’arrivée du cyclone tropical Favio, le 22 février, a entraîné de nouvelles inondations et fait de nouvelles victimes.

Anormalement précoces et abondantes, les chutes de pluie que connaît le Soudan depuis la fin du mois de juin ont entraîné la crue du Nil et d’autres cours d’eau saisonniers. Ces crues ont entraîné des inondations de grande ampleur qui ont endommagé plus de 16 000 habitations.

En mai, de graves inondations et des dégâts considérables ont été causés aux Maldives par une série de vagues liées à une forte houle (3 à 4,5 m de hauteur), qui ont submergé 68 îles dans 16 atolls.

Au début du mois de mai, l’Uruguay a été frappé par les pires inondations que ce pays ait connues depuis 1959. Provoquées par de fortes pluies, elles ont touché plus de 110 000 personnes et mis à mal récoltes et infrastructures.

Vagues de chaleur
En juin et juillet, deux vagues de chaleur extrême ont frappé le sud-est de l’Europe où les températures, supérieures à 40 °C, ont pulvérisé les précédents records. Des dizaines de personnes sont décédées et les pompiers ont combattu jour et nuit les brasiers qui ont ravagé des milliers d’hectares. Le 23 juillet, le mercure a atteint 45 °C en Bulgarie, ce qui constitue un nouveau record de chaleur.

En mai, une vague de chaleur a frappé la Russie centrale et occidentale, où plusieurs records ont été battus. À Moscou, le thermomètre indiquait 32,9 °C le 28, soit la température la plus élevée pour un mois de mai que cette ville ait connue depuis 1891.

Bon nombre de pays européens ont connu le mois d’avril le plus chaud de leur histoire, la température moyenne pour ce mois dépassant de plus de 4 °C la normale dans certaines régions.

Conscients de l’impact catastrophique des vagues de chaleur sur la santé, l’OMM et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mettent la dernière main à un projet de directives sur la mise en œuvre de systèmes d’avis de vague de chaleur et de veille sanitaire.

Évolution du climat et extrêmes climatiques
Selon les conclusions des derniers rapports d’évaluation scientifique du changement climatique établis par le Groupe d’experts intergouvernemental OMM/PNUE sur l’évolution du climat (GIEC), le réchauffement du climat ne fait désormais plus de doute. Onze des douze dernières années (1995-2006) figurent parmi les 12 années les plus chaudes qui aient été constatées depuis le début des mesures instrumentales. Sur cent ans (1906-2005), la température moyenne à la surface du globe a accusé une hausse de 0,74 °C, et sur les cinquante dernières années, le rythme moyen du réchauffement est presque le double (0,13 °C par décennie) de celui calculé pour le siècle écoulé. L’étude des paléoclimats laisse supposer que dans l’hémisphère boréal, la seconde moitié du XXe siècle a été très probablement plus chaude, s’agissant des températures moyennes, que toute autre période de 50 ans des 500 dernières années et probablement la plus chaude des 1 300 dernières années.

Le GIEC fait aussi état d’une augmentation de la fréquence des phénomènes extrêmes observés ces 50 dernières années, en particulier les épisodes de fortes pluies, les vagues de chaleur et le nombre de jours et de nuits de canicule.

D’après les projections concernant l’évolution du climat, il est très probable que les vagues de chaleur et notamment les épisodes de chaleur extrême continueront de se multiplier tout comme les épisodes de fortes précipitations.

Informations supplémentaires
Diverses régions d’Amérique du Sud ont connu des tempêtes de vent, des blizzards et des chutes de neige exceptionnelles à la faveur d’un hiver inhabituellement froid qui a fait chuter les températures jusqu’à -22 °C en Argentine et -18 °C au Chili au début du mois de juillet.

Le 27 juin, un front froid a traversé l’Afrique du Sud, y déversant la première chute de neige significative que ce pays ait connue depuis 1981 (25 cm dans certaines régions).

En Inde, à la mi-mai, une vague de chaleur a fait grimper le thermomètre jusqu’à 45 voire 50 °C.

De nombreux pays européens ont connu le mois de janvier le plus chaud de leur histoire. Aux Pays-Bas, la température moyenne de ce mois – environ 7,1 °C, soit 2,8 °C de plus que la normale calculée pour la période 1961-1990 – est la plus élevée qui ait jamais été constatée depuis 1706, date à laquelle on a commencé à faire des mesures, tandis qu’en Allemagne, l’écart par rapport à la normale était de 4,6 °C.

Depuis 1970 environ, les violents cyclones tropicaux ont tendance à se multiplier dans l’Atlantique Nord.

Notes
Le présent rapport a été établi sur la base des informations communiquées par plusieurs Membres de l’OMM et avec la collaboration du National Climatic Data Center (NCDC) de la NOAA (États-Unis d’Amérique), du Deutscher Wetterdienst (DWD) (Allemagne) et du Met Office (Royaume-Uni). La liste des extrêmes météorologiques et climatiques a valeur indicative et n’est pas exhaustive. Des informations plus complètes sur les anomalies météorologiques et climatiques observées en 2007 seront communiquées vers la fin de l’année.
L'Organisation météorologique mondiale est l'organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives au temps, au climat et à l'eau

En savoir plus
Notre dossier sur le changement climatique

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Auteur

Organisation Météorologique Mondiale
9 commentaires sur cette actualité !
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cyberpunisher de belgique - 10/09/2007, 08:38
Décembre 2012, après catastrophes en chaines, selon les prédilections. J'espère que non, mais nous sommes tous des témoins impuissants face aux effets destructeurs des pluies, tempêtes, tremblements de terre et autres colères de la Terre qui nous tombent dessus. Il est encore temps de réagir, nous devons obliger les gouvernements à faire sortir toutes les nouvelles technologies propres et écologiques déjà existantes, afin de minimiser le dérèglement du climat. C'est noter seule chance. C'est de l'utopie de croire que cela va bouger, car nous sommes amorphe d'un mode de vie que peu de gens veulent changer radicalement. Pourtant, ils n'auront pas le choix, le compte à rebours est lancé.... Nous devrons tirer les leçons de nos erreurs, nous améliorer, et surtout bannir ce qui nous nuis. Bonne chance à tous, et surtout, préparez-vous à l'eau en masse, le froid, et la pénurie de nourriture.....
Mélonides, Marseille - 03/09/2007, 20:21
Certe, l'été a été raté en France (et un peu aussi ailleurs), surtout pour le tourisme, mais ne doit on pas se réjouir qu'il a été aussi beaucoup moins meurtrié que les autres années en France ( et un peu ailleurs).
Les informations nous on inondé de repproche sur cet été pour le moins contraire au programme des vacanciers. Décidément les être humains ne seront jamais contents. De tous les déréglements en dehors de celui qui est climatique, celui là est certainement le pire, hélas !!!
Alain AIRAULT (Illkirch) - 24/08/2007, 00:12
Complètement fou ici le temps en France. Certes cet été pourri n'est pas une nouveauté et il brille plus par son inensoleillement que par la "froidure" à proprement parler. Il surprend surtout parce qu'il succède à une période anormalement chaude.
Difficile d'établir un parallèle entre les gaz à effet de serre, la pollution puis cet été sombre et trempé en France (sauf sud-est) mais très chaud en Europe du sud et de l'est. La faute de l'anticyclone des Açores trop à l'Ouest, situation commune à la plupart des étés "dépressionnaires". Et le CO2 dans tout ça ?
Il a été néanmoins montré dans l'histoire que les étés pourris souvent générateurs de famines sont pour beaucoup correllés à d'importantes explosions volcaniques. Je n'ai pas connaissance pour ces deux ou trois dernières années de grosses éruptions émettrices de ces panaches de cendres ou de gaz sulfureux qui auraient localement une incidence sur le climat (souvent par refroidissement là où les poussières circulent). Rien ne prouve que les poussières émises par les activités humaines et les gros incendies de forêt n'aient pas des effets en ce sens.
Les errements climatiques observés ne datent pas de lère du pétrole à gogo, celà n'innocente pas pour autant l'action humaine et de toute manière nous aurons tout à gagner à ne plus dépendre des énergies fossiles (problèmes de limitation des ressources, dépendance énergétique, effets méconnus sur les océans et la végétation de la modification de l'atmosphère...)
jean marc pleven - 23/08/2007, 21:39
la terre se rechauffe certes, l'annee 2007
est particulierement pourrie mais je
m'etonne que personne n'ait parle du
phenomene "el nino" de l'automne 2006
emma - 23/08/2007, 12:05
L'Homme n'attend pas, pour que son système économique et que son mode de vie continuent à fonctionner, que la Terre ait terminé ses cycles naturels. Donc forcément la Nature est déboussolée et on s'en prend plein la tronche...
Je me demande ce qu'il faut pour que l'on comprenne enfin que notre système économique n'est fait qu'à notre image etqu'il faut entamer une réforme mondiale pour ralentir notre rythme! (bon okay, ca tient vraiment du rêve, mais parfois je me prends à songer que si on pouvait faire un arrêt sur image de l'activité humaine, ça pourrait être bénéfique pour notre Terre)

bye
Meybeck, Tournefeuille - 23/08/2007, 09:39
23-08-2007 : un "entrefilet " dans le journal de France Inter ce matin à la radio : un voyage de 50 000 kms avec une voiture solaire : ça marche, quel défi pour la planète !! à l'heure du changement climatique et de la raréfaction du pétrole, cap sur l'énergie solaire. Il faut parler de cet article et soutenir ce projet d'avenir :
http://www.mediaterre.org/international/actu,20070710113356.html
fabrice de dange - 23/08/2007, 06:16
Que dire de plus que blanchard, tout est résumé.
blanchard cherbourg - 22/08/2007, 22:39
La terre est patraque, elle a une crise de foi(e)… et le ciel nous rend (ou nous dégueule) ce que nous lui avons fait absorber , ses phénomènes météorologiques ne sont que le résultat d’une mondialisation voulue par certains pays dit riches…
Qui ont une économie à tout épreuve… qu’importe le flacon …. (entre autre, pour s’en mettre plein les poches au détriment des pays pauvres)…. On savait que la terre était fragile, même si l’évolution climatique n’est maintenant plus a prouver, il serait bon de se projeter dans l’avenir et de faire des hypothèse de cette évolution ? il y a eu l’ère primaire , secondaire etc.. on rentre dans le 21 siècle dans une autre ère …laquelle ? Qui sème le vent récolte la tempête…
LAMIRI - Rabat - 22/08/2007, 11:54
Bonjour,
Lorsque quelqu'un fait une anomalie, on le sanctionne. Qui va sanctionner les pays industriels qui ont fait des anomalies météorologiques et climatiques????
Ces pays doivent payer une amende aux pays qui ne sont pas industriels et qui sont victimes des répercussions inattendues de la pollution atmosphérique.
Mustapha - Morocco
E-mail : lamiri_mustapha@yahoo.fr

Lisez l'article suivant :

17-08-2007 Des constructeurs automobiles japonais indemnisent des victimes de la pollution
Comme toutes les grandes métropoles, la ville de Tokyo est touchée par la pollution, plus particulièrement celle qui provient des transports. Jusqu'à présent les victimes de la pollution étaient très majoritairement silencieuses, mais une procédure lancée en 1996, au Japon, pourrait les inciter à sortir de l'ombre et à déposer plainte.
Cette année là, 99 personnes qui souffraient de problèmes respiratoires aigus ont attaqué des constructeurs (1) de véhicules diesel, considérés plus nocifs que les modèles à essence. Face à des plaignants de plus en plus nombreux et à une affaire de plus en plus médiatique, les 7 fabricants ont finalement cédé le 8 août dernier, probablement pour ne pas entacher leur image. Ainsi, les 520 victimes vont recevoir 1,2 milliard de yens (7,4 millions d'euros) de la part des 7 constructeurs japonais impliqués. En outre, ces constructeurs consacreront également 3,3 milliards de yens (20,4 millions d'euros) à un programme d'aide médicale dédié aux asthmatiques de la ville de Tokyo.
Toutefois, notons que s'ils ont sorti leur carnet de chèques, les constructeurs automobiles japonais ne sont pas reconnus "socialement responsables", une caractéristique qui pourrait être imputée aux autres prévenus que sont le gouvernement japonais, la préfecture de Tokyo, la compagnie d'autoroutes Metropolitan Expressway Public Corporation.

Cet accord, qui implique directement des constructeurs automobiles, est très vraisemblablement une première mondiale. En effet, si en 2002, 7 personnes avaient reçu 79,2 millions de yens (489 000 euros) pour des raisons similaires de la préfecture et de la compagnie autoroutière, jamais des marques automobiles n'avaient été condamnées.

Pour l'anecdote, soulignons qu'une semaine après cet accord, plusieurs constructeurs automobiles japonais ont vu certains de leurs véhicules jugés comme étant les plus performants en matière d'environnement (2) par un club automobile allemand...
Alex Belvoit
1- Toyota, Nissan, Nissan Diesel, Hino, Mitsubishi, Isuzu et Mazda
2- Voir l'article de Monvolant.ca


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page mise à jour le 22/08/2007, 11:54
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