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Le nucléaire : une solution d'avenir ?

15974 lectures / 5 commentaires20/07/2007, 11:24
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Le nucléaire : une solution d'avenir ?© Sandrine Espitalier - tous droits réservés
Selon un rapport de L'Oxford Research Group, le développement du nucléaire comme énergie de substitution aux énergies fossiles, largement exploitées, n'est pas réalisable dans le temps imparti pour réduire nos émissions de CO2 et extrêment risqué pour la sécurité.

Actuellement, près de 15 TW(1) d'énergie primaire sont produites par an, soit environ 2 300 watts par personne et par an : 5,6 TW sont issus du pétrole, 3,8 TW du charbon, 3,5 TW du gaz, 0,13 TW des énergies renouvelables (éolien, solaire et biomasse), 0,9 TW de l'hydro-électricité et enfin 0,9 TW de l'énergie nucléaire.
En 2005, selon les données du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC), les 442 réacteurs nucléaires en service dans 31 pays produisaient environ 375 GW d'électricité, c'est à dire 16% de la production totale d'électricité. 76 réacteurs supplémentaires sont actuellement prévus et 25 sont en construction dans le monde.
Les pays de l'OCDE pourvus de réacteurs nucléaires produisent plus de 300 GWe d'électricité nucléaire, c'est à dire 335 watts par personne et par an contre plus de 63 Gwe pour les autres pays, soit 0,018 watts par personne.

Le défi de l'humanité pour ce siècle, est de diminuer au maximum les émissions de CO2 induites en grande partie par la production d'énergie. Ainsi, l'énergie nucléaire pourrait être une solution, puisque réputée pour émettre peu de CO2.
Toutefois, dans le bilan des émissions d'une source d'énergie, il faut bien prendre en compte l'ensemble du processus de production, de l'extraction de la matière première à la diffusion chez le consommateur. A ce titre, le bilan suivant a été dressé par l'étude (en gCO2 par Kwh) :
gaz naturel : 386, charbon : 755, nucléaire : entre 10 et 130 suivant les sources.
Ainsi, l'énergie nucléaire permet d'économiser entre 2,2 à 2,6 gigatonnes de CO2 par an par rapport à une production issue du charbon.

L'exercice auquel se sont livrés Frank Barnaby et James Kemp, auteurs du rapport "Too hot to handle ? The future of civil nuclear power" a été d'estimer la faisabilité d'un passage plus massif à l'énergie nucléaire dans le monde à l'horizon 2075.
En se basant sur une population de 10 milliards d'habitants en 2075 (contre 6,7 milliards actuellement), et une production d'électricité, certainement sous-estimée, de 1000 watts par personne qui serait issue à 33% de l'énergie nucléaire (donc le double d'aujourd'hui), le monde devrait produire 3 TW d'électricité par an, soit l'équivalent de 3000 réacteurs d'1 GW. Ce qui implique la construction d'environ 4 réacteurs par mois (à comparer avec le record mondial de la France de 3,4 réacteurs par an de 1977 à 1993) pendant 67 ans, ce qui est impossible selon les auteurs, vu le rythme actuel de construction.
De surcroît, l'étude insiste fortement sur les risques de prolifération jugeant que l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) serait incapable de surveiller un tel parc nucléaire.
Enfin, l'augmentation du nombre de centrales pourrait épuiser assez rapidement les réserves d'uranium, généralisant l'emploi des réacteurs de quatrième génération, dont le combustible est le MOX, un mélange d'uranium et de plutonium. Or, le plutonium est directement utilisable pour la production d'armes nucléaires, contrairement à l'uranium, qui doit passer par un stade d'enrichissement, comme en témoigne actuellement la crise iranienne.

Dans le même temps, la Chine, qui prévoit pourtant la construction de 23 réacteurs s'est engagée dans la mise en service de 562 centrales à charbon d'ici à 2012, ce qui correspond à la construction d'environ 1 centrale tous les 5 jours. L'Inde en a planifié 213 et les USA 72 selon un article de Courrier international, 2005.

Ce rapport nous permet, une nouvelle fois, d'insister sur l'importance de la réduction de notre consommation énergétique, seule solution véritablement accessible.

En savoir plus

Référence

"Too hot to handle ? The future of civil nuclear power" - Frank Barnaby, James Kemp - Oxford Research Group (en anglais, format PDF)

Notes

(1) TW = 1012 watts; GW = 109 watts; MW = 106

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19/05/2008 Payer l'énergie à son coût réel et taxer le CO2 au niveau mondial : des impératifs

Auteur

Christophe Magdelaine - notre-planete.info (tous droits réservés)

5 commentaires sur cette actualité

commentaire LAMIRI Mustapha - 23/07/2007, 02:57

Bonsoir,

Que ce soit à partir de l'énergie nucléaire ou d'autres énergies, les idées concernant les inventions et les innovations dant le but de trouver des solutions adéquates aux changements climatiques existent partout dans le monde et il y en plusieurs mais celles et ceux qui ont ces idées ont peur qu'elles soient divulguées. A mon avis, il faut créer un Comité Internationale pour la Protection de l'Environnement (CIPE) où il y aura protection de la propriété intellectuelle dans ce domaine. Peut être et selon les moyens de chacun, présenter un prototype n'est pas à la portée de n'importe qui, mais c'est l'idée qui reste intéressante. Pour cela, il faut faciliter les choses et encourager les gens à se présenter aux annexes de la CIPE dans chaque pays.
lamiri_mustapha@yahoo.fr
commentaire Clément Manosque - 24/07/2007, 12:03

Bien sur, il faudra réduire notre consomation.
Mais quel organisme pour faire le gendarme?
La seule technique opérationelle actuelle est le nucléaire; par chance(!), elle est également rentable, même vis à vis du charbon(surtout si on réussi à mettre un peu de taxe carbone). Il faut accepter de voir de nouveaux pays se lancer dans le nucléaire, en encadrant cette nouvelle industrie.
La construction en série à un fort rythme me parait tout à fait possible et souhaitable.
commentaire delrieu - 27/07/2007, 12:01

Avant la prolifération nucléaire, le risque principal du nucléaire est celui d'accident majeur comme Tchernobyl (en 1986) et Tchéliabinsk (1956) qui tue et interdit toute une région. Le nucléaire suppose l'infaillibilité totale absolue et l'histoire industrielle passée prouve que cela est impossible.
Donc on peut prèvoir des catastrophes futures similaires avec certitude dans des régions très peuplées comme en Chine, Inde ou même en France (erreurs humaines mal gérées, attentat, tremblement de terre).
En plus du manque d'uranium à long terme, ce risque extrème rend le nucléaire inacceptable (des régions très peuplées stérilisées et vidées de leur population pour des siécles, sans parler des morts en très grand nombre en plus dans les régions environnantes mais inchiffrable car dilués comme Tchernobyl).
Le nucléaire civil est un risque totalement inacceptable si on est un peu conscient et réaliste.
commentaire haddadi moihamed - 29/07/2007, 02:08

....On tous cas, le monde libre developpé est appelé à concretiser ses bons intentions,on assurant l'energie necessaire pour le developpement de toute l'humanité , et à demontrer sa generosité ,loin d'hypocresie politique ,pour lutter contre la pauvreté ,les maladies ,....
commentaire Paris - 03/09/2007, 13:32

Le prix de l'uranium (U3O8) à sera bientôt à 150 dollars la livre de façon durable, au lieu de 10 avant 2003. La filiaire nucléaire n'aura alors plus aucun intérêt face aux énergies renouvelables.

En effet, le combustible ne représentera plus 5% du coût de production de l'électricité nucléaire mais 75/170= 44% et le coût de production aura augmenté de 70%

Dans le même temps, le coût de production des énergies renouvelables baisse et sera de plus en plus compétitif face au nucléaire.

Voir aussi :
http://travail-chomage.site.voila.fr/energie/fin_uranium.htm

Autre argument, un nombre croissant d'investisseurs préfère mettre son argent dans le secteur des énergies renouvelables plutôt que dans l'uranium et le nucléaire.
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