Les saisons en France semblent bien désorientées cette année avec un hiver 2006-2007 quasi printanier, un printemps estival et un début d'été contrasté avec déjà de nombreux orages. Cependant, le mois de juin, contrairement à l'idée que l'on pourrait s'en faire, n'a pas été plus frais, au contraire, mais davantage maussade avec des orages violents.
Des températures supérieures à la normale
Malgré une baisse sensible du thermomètre à la fin du mois de juin, Météo-France a enregistré pour ce mois "des moyennes mensuelles supérieures à la normale à peu près partout, la dépassant de plus de 2 °C sur le Nord-Est et le Centre-Est. L'anomalie mensuelle globale sur la France est de +1,4 °C. Il faut remonter à l’année 2001 pour trouver un mois de juin plus frais sur la majeure partie du pays sauf dans le Sud-Ouest."
Des précipitations abondantes
Au niveau des précipitations, elles ont été abondantes au mois de juin comme en mai, après des mois de sécheresse. Ainsi, sur un grand quart nord-ouest les pluies ont été "très majoritairement supérieures à la normale". La ville de Brest a ainsi enregistré une pluviométrie mensuelle de 159 millimètres, contre le précédent record de 144 millimètres de juin 1997. Poitiers a battu un record de plus longue date encore, avec 138 millimètres, contre 134 millimètres en juin 1970.
Ce n'est par contre pas le cas de "l’est de l’Ile-de-France à la Lorraine, sur les Pyrénées, le littoral méditerranéen, le sud des Alpes et la Corse" où les cumuls de précipitations ont été inférieurs à la normale selon Météo-France.
Au 1er juillet 2007, les sols superficiels sont relativement humides pour la saison sur une grande partie du territoire.
Des sols relativement humides
Selon Météo-France, au début juillet, "les sols superficiels sont relativement humides pour la saison sur une grande partie du territoire. Sur la Bretagne, la Normandie, le Limousin, l’Auvergne à l’exception de la vallée de l’Allier, sur l’ouest des Pyrénées ainsi que des Vosges aux Alpes du nord, les sols sont mêmes souvent saturés ou proches de la saturation. Ils sont par contre relativement secs de l’est parisien au nord de la Bourgogne, ainsi que sur le Roussillon et la Provence. Mais c’est sur les Bouches-du-Rhône et la Corse que les sols superficiels présentent des indices d’humidité les plus faibles."
Ainsi, dix départements notamment dans le sud-est et le bassin parisien sont concernés par un arrêt préfectoral limitant certains usages de l'eau, selon les données du ministère de l'Ecologie.
Un ensoleillement déficitaire
Par contre, c'est bien l'ensoleillement qui a fait défaut au mois de juin. Ainsi, selon Météo-France, "le cumul mensuel de la durée d'insolation est inférieur à la normale sur la majeure partie du pays, notamment sur un grand quart nord-ouest ; un léger excédent se dessine sur l'extrême sud. C'est le deuxième mois consécutif que le soleil se montre particulièrement discret." La dernière année où le mois de juin fût particulièrement pluvieux et maussade fût l'année 1997.
De nombreux orages
Selon les enregistrements de Météorage pour la France, l'année 2007 est "particulièrement précoce si l’on se réfère à l’important foudroiement enregistré".
Ainsi, depuis le début de l'année, le réseau d’observation des orages sur le territoire métropolitain et la Corse de Météorage a comptabilisé plus de 240 000 éclairs nuage-sol(1). D'après Météorage, ce résultat est "assez exceptionnel puisqu’il faut remonter à 1993 pour trouver un début d’année aussi foudroyé, avec 310 000 coups de foudre. Sur la même période de six mois, la valeur moyenne des 17 dernières années est de 164 000 éclairs nuage-sol, soit un « excédent » pour l’année 2007 de près de 50% !"
Les orages ont ainsi été nombreux et précoces mais aussi violents comme en témoignent les inondations et les coups de vent violents du bassin parisien à l'est et au nord du pays. En avril ils se sont principalement produits sur les Pyrénées et les Alpes du Sud, puis ils sont remontés vers le Nord de la France au mois de mai. Au mois de juin, les orages ont persisté sur l’extrême Nord, durement touché, et se sont généralisés sur les reliefs de la partie Est du territoire.
Notes
(1) Un éclair nuage-sol est la décharge électrique qui se produit entre le nuage d’orage, cumulonimbus et la terre. Cette décharge génère un courant électrique très intense, de plusieurs dizaines de milliers d’Ampère, qui produit en retour le flash lumineux et le tonnerre. On l’appelle aussi : flash, coups de foudre ou un arc en retour.
Y'a plus de saisons !
Nous serions tentés de le penser cette année qui après un hiver très doux et un avril très chaud, nous vaut un début d'été fort pourri avec des fraîcheurs auxquelles nous n'étions plus habitués.
Ces mauvais débuts d'été ne sont cependant pas exceptionnels, ils se sont même produits fréquemment ces dernières années : globalement les derniers mois de Juillet-Août ont souvent été humides et maussades voire frais en dehors des canicules célèbres de Juillet 2006 et surtout 2003. Pour autant des bouffées de chaleur courtes mais intenses donnent parfois à ces mois quelque peu obscurs et souvent rmal ressentis des températures moyennes normales voire plus élevées.
Il semblerait que malgré le réchauffement global certes sensible en toutes saisons l'été ne soit pas plus radieux pour autant. Le phénomène d'été "pourri" est toujours très aléatoire et irrégulier au point même que certains en ont connu plus que d'autres au cours de l'histoire : le XIII eme siècle y a presque échappé mais l'Ancien Régime a connu quelques décennies catastrophiques; plus près de nous ceux qui ont suivi la canicule de 1976 ont été frais et humides. De tels étés étaient souvent la cause plus ou moins directe de famines parfois importantes (mais un coup de chaleur pouvait aussi griller les récoltes).
Preuve que en dépit du réchauffement observé et malgré ce que nous aurait fait croire un mois d'Avril toujours bien farceur, les nuages n'ont pas perdu le nord !!!
Bon courage aux estivants et aux agriculteurs qui subissent les effets du mauvais temps. Un été mal démarré peut être beau en Août et Septembre (1990-91-97 après Juin pourri). En attendant une parenthèse estivale est prévue pour le week-end du 14 Juillet.