Cet été, selon les informations préliminaires recueillies par l’Agence européenne pour l’environnement, dans certaines zones de l'Europe, les niveaux relevés de concentration d’ozone potentiellement dangereux au niveau du sol ont dépassé plus de trois jours sur quatre en moyenne un seuil critique.
L’ozone, principal composant du "smog" estival, peut entraîner de graves problèmes de santé chez l'homme et nuire aux écosystèmes, ainsi qu'aux matériaux et cultures agricoles. Il se forme à la suite d'une réaction à la lumière solaire de certains polluants atmosphériques rejetés par l'industrie et les moyens de transport. Les niveaux d'ozone ont tendance à culminer lorsque le temps est ensoleillé et chaud, et sont généralement plus élevés au sud qu'au nord de l'Europe.
Conformément à une directive de l'Union européenne, les gouvernements sont tenus d’informer le public lorsque les stations de surveillance relèvent des concentrations d'ozone supérieures à un seuil critique fixé à 180 micro-grammes d'ozone par mètre cube d'air (180 μg/m3) en moyenne horaire.
Du mois d'avril au mois d'août, comme le montre une évaluation préliminaire, ce seuil a été dépassé dans 11 des 15 États membres de l'UE, ainsi que dans 6 des 12 autres pays européens ayant fourni des informations. Ce seuil a été dépassé pendant 120 des 153 jours que comptait la période de référence dans un ou plusieurs de ces 27 pays. C’est aux mois de juin et de juillet que le nombre de dépassements a été le plus élevé.
Le rapport a été transmis pour information aux ministres de l'environnement de l'Union européenne pour leur réunion du 17 octobre.
Le seuil d’information de la population a été dépassé en France, en Grèce, en Italie et en Espagne au cours de chacun des cinq mois d'observation. C’est dans le sud de la France, la vallée du Po et le centre de l’Italie que les dépassements totaux ont été les plus élevés.
L’Autriche, l’Allemagne et la Suisse ont enregistré des dépassements pendant quatre mois consécutifs, alors que les Pays-Bas et la République tchèque en ont enregistré pendant trois mois consécutifs.
La Grèce a signalé le plus grand nombre de jours de dépassements (68), suivie par la France (56), l’Italie (52) et l’Espagne (48). Néanmoins, ces chiffres ne permettent pas forcément une comparaison correcte car la couverture du réseau de surveillance varie considérablement d'un pays à l'autre. La proportion de stations signalant ces dépassements a été la plus importante en Suisse et en Grèce (respectivement 77% et 70%).
Les 10 pays n’ayant enregistré aucun dépassement du seuil d’information de la population étaient la Bulgarie, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, l’Irlande, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège, la Roumanie et la Suède. Pour l'Irlande et la Finlande, 2002 marque la sixième année consécutive sans qu’aucun dépassement n’ait été relevé.
Les autorités publiques sont également tenues de déclencher des alertes de santé publique si les concentrations d'ozone dépassent le niveau de 360 μg/m3, en moyenne sur une heure. En juin 2002, ce niveau a été dépassé dans trois stations de surveillance en Espagne, ainsi que dans une station en France et une autre en Italie.
La concentration la plus élevée cet été, 391 μg/m3, a été enregistrée à Puertollano en Espagne, le 22 juin 2002. En 2001, la concentration la plus élevée, enregistrée dans une station espagnole en novembre dernier, était de 470 μg/m3.
Une nouvelle directive sur l’ozone, qui entrera en vigueur l’an prochain, prévoit notamment l’introduction d’un seuil «d’alerte» fixé à 240 μg/m3. Environ 7% des dépassements du seuil d’information de la population enregistrés cette année étaient supérieurs au futur seuil d’alerte. En cas de dépassement du seuil d'alerte, les gouvernements devront, dans la mesure du possible, mettre en œuvre des plans d'action en vue de réduire immédiatement la pollution par l'ozone.
La moyenne des concentrations maximales enregistrées cette année lors des dépassements des seuils d’information du public était légèrement supérieure à celle observée en 2001, mais la durée moyenne de ces dépassements était plus faible. De telles variations d’une année à l’autre reflètent en grande partie la qualité du temps estival et les changements intervenus dans l’étendue du réseau de surveillance.
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