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Des risques climatiques comparables aux menaces de guerre nucléaire

3720 lectures / 7 commentaires05/07/2007, 21:20
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Des risques climatiques comparables aux menaces de guerre nucléaire
Les changements climatiques sur notre planète deviennent de moins en moins prévisibles. On ne cesse de calculer les pertes causées par les canicules anormales, les inondations, les sécheresses, les ouragans et les tornades. Selon le ministère russe des Situations d'urgence, depuis ces dix dernières années, les catastrophes naturelles sont devenues deux fois plus fréquentes. Leur nombre croissant est un signe typique du changement de climat.

Certains prétendent que rien de particulier ne se produit aujourd'hui dans le monde, sinon une variabilité tout à fait naturelle du climat - il en a été ainsi dans le passé, et il en sera de même à l'avenir. D'autres affirment que le problème réside tout simplement dans l'incertitude de nos connaissances, etc. Quoi qu'il en soit, c'est justement dans le contexte d'incertitude qu'il faut penser aux risques climatiques car ils sont tout aussi graves que les risques de guerre nucléaire.

Le réchauffement global est d'ores et déjà un fait incontestable, mais le problème ne se limite pas à ce phénomène, car l'ensemble du système climatique est aujourd'hui déséquilibré. La moyenne globale des températures à la surface de la terre est en hausse, mais les écarts augmentent eux aussi. Les catastrophes naturelles en font partie. Tout comme dans bien d'autres pays du monde, on observe de plus en plus souvent en Russie de grandes crues et des inondations aux conséquences dramatiques. Elles sont à l'origine de plus de 50% de toutes les pertes économiques causées par l'ensemble des phénomènes hydrométéorologiques.

Sur le territoire de la Région fédérale du Sud de la Russie, les inondations et les sècheresses se succèdent. Tout commence par les grandes crues de printemps qui, suivies d'averses abondantes au début de l'été, provoquent des inondations, mais tout au long des trois mois suivants, pas une seule goutte d'eau ne tombe. Résultat, les semences qui n'ont pas été emportées par les inondations sont achevées par la sécheresse. Une telle menace pèse toujours sur les territoires de Krasnodar et de Stavropol qui sont, d'ailleurs, les principaux greniers de la Russie, et la perte de la récolte dans ces terres serait très douloureuse pour l'ensemble du pays. Force est de reconnaître que de tels scénarios, liés à des phénomènes climatiques anormaux et se soldant, en règle générale, par d'énormes pertes économiques ont lieu de plus en plus souvent de nos jours. D'après les estimations de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), les pertes annuelles à l'issue de divers phénomènes hydrométéorologiques, dont les conséquences des changements climatiques, varient en Russie de 30 à 60 milliards de roubles.

L'Extrême-Orient de la Russie, y compris le Primorié, le territoire de Khabarovsk, le Kamtchatka, l'île de Sakhaline et les Kouriles, est aussi exposé aux inondations qui sont principalement provoquées par les typhons. Des inondations d'hiver sont typiques des fleuves et des rivières du bassin de l'océan Glacial. En 2001, la Lena, figurant parmi les plus grands fleuves d'Eurasie, a emporté pendant une grande crue la ville portuaire de Lensk. Il a fallu déplacer les gens, bâtir une nouvelle ville avec toutes ses infrastructures. Le volume des pertes est difficile à imaginer.

Le réchauffement constitue en moyenne un degré à travers la Russie, mais en Sibérie il est beaucoup plus important (4 à 6 degrés). De ce fait, la frontière du pergélisol se déplace en permanence, et les processus graves qui y sont liés ont d'ores et déjà commencé, qu'il s'agisse, par exemple, de la modification de la frontière entre la taïga et la toundra boisée, d'une part, ou de la frontière entre la toundra boisée et la toundra, de l'autre. Si on compare les prises de vue spatiales d'il y a trente ans à celles de nos jours, on ne manquera pas de constater que les frontières de ces zones reculent vers le nord. Cette tendance ne fait pas que menacer les grands oléoducs, mais aussi toute l'infrastructure de la Sibérie Occidentale et du Nord-Ouest de la Sibérie. Pour le moment, ces changements ne sont pas suffisamment graves pour endommager l'infrastructure à cause de la fonte du pergélisol, mais on doit sans doute se préparer au pire.

L'élévation des températures représente un danger colossal pour le biote*. Ce dernier se met à se reconstituer, mais le processus est extrêmement pénible. Si, effectivement, l'élévation des températures est importante, un changement d'écosystèmes sera inévitable. Ainsi, la taïga, soit la forêt de conifères, entrecoupées de tourbières, sera remplacée par des arbres à larges feuilles. Mais comme tout réchauffement s'accompagne par la perte de la stabilité climatique, dans le contexte général d'une tendance à l'élévation des températures, celles d'été et d'hiver peuvent être tout aussi élevées comme extrêmement basses. Somme toute, de telles conditions sont particulièrement défavorables aux deux types de forêts, car la chaleur est néfaste pour les conifères, alors que des hivers très froids ne conviennent pas du tout aux forêts de feuillus. Pour cette raison, le processus de refonte de la nature jusqu'à la stabilisation climatique promet d'être dramatique et instable.

L'élévation des températures est un facteur très dangereux pour les marais et le pergélisol, car cela accélérera le dégagement de gaz carbonique et de méthane des végétaux en décomposition. Les hydrates de gaz, contenus dans les plateaux continentaux des mers du Nord, ne manqueront pas de passer à l'état gazeux. Tout cela augmentera la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère et renforcera, par conséquent, le réchauffement général.

A l'issue de changements aussi radicaux, l'équilibre écologique se détériorera (et se détériore d'ores et déjà), et les conditions de vie de bien des animaux et des plantes empireront. Par exemple, l'aire de répartition de l'ours blanc s'est beaucoup réduite de nos jours. Dans 20 à 40 ans, des millions d'oies, d'eiders, de bernacles et d'autres oiseaux peuvent perdre la moitié des zones de nidification. Si les températures s'élèvent de 3 à 4 degrés, la chaîne alimentaire de l'écosystème de la toundra risquera d'être perturbée, ce qui se répercutera inévitablement sur bien des espèces animales.

L'invasion qui témoigne, elle aussi, de la restructuration du biote est sans doute l'une des manifestations les plus désagréables du réchauffement global. L'invasion, c'est la pénétration d'espèces étrangères dans les écosystèmes. Ainsi, un parasite des champs aussi dangereux que le criquet ne cesse de progresser vers le Nord. Pour cette raison, la région de Samara (sur la Volga) et toute une série d'autres régions sont aujourd'hui menacées par ces insectes herbivores et très voraces. L'aire de répartition des tiques s'est brusquement élargie, elle aussi, depuis ces derniers temps. Qui plus est, ces parasites sont en train de migrer vers le Nord beaucoup plus rapidement que la frontière, par exemple, de la taïga ou de la toundra boisée ne recule. Pénétrant dans des écosystèmes différents, ces parasites y interviennent en espèces-gangsters, leur propre reproduction active ayant un effet dévastateur. Nul doute que les changements climatiques en cours créent des conditions propices pour tous ces phénomènes négatifs, ainsi que pour la propagation de maladies de toute sorte. Ainsi, on trouve déjà dans la région de Moscou l'anophèle - cet habitant des zones subtropicales.

Certains scientifiques prétendent que la migration de la frontière agricole vers le Nord soit un bien pour la Russie. En effet, la période de végétation augmente. Néanmoins, cet avantage est plutôt illusoire car il pourrait être accompagné d'un risque croissant de fortes gelées de printemps qui tuent les plantes qui lèvent.

Se peut-il que, grâce au réchauffement, la Russie puisse économiser l'énergie à force d'être obligée de chauffer moins? Et là, il y serait utile d'évoquer l'exemple des Etats-Unis qui dépensent beaucoup plus d'énergie pour climatiser les locaux que la Russie n'en dépense pour le chauffage.

Mais comment la communauté humaine peut-elle faire face aux menaces émanant du changement de climat? Essayer de s'opposer à la nature est une entreprise notoirement ingrate. Cependant, on peut réduire au maximum ce dommage que les hommes infligent à la nature. Cette tâche a été portée à l'ordre du jour politique déjà au siècle passé. En 1988, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) ont institué le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat qui est un forum de milliers de chercheurs, y compris de scientifiques de Russie. En 1994, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) est entrée en vigueur à laquelle 190 pays du monde sont aujourd'hui favorables. Ce document a défini le cadre de la coopération internationale, dont le Protocole de Kyoto (Japon), adopté en 1997, est le premier fruit. Comme on a déjà toute la certitude que des activités économiques intenses exercent un impact négatif sur le climat, le Protocole de Kyoto s'est assigné pour tâche de diminuer les effets anthropiques sur l'atmosphère, en réduisant notamment le rejet de gaz à effet de serre, y compris de gaz carbonique et de méthane. Ayant ratifié le Protocole de Kyoto en commun avec les autres 166 pays signataires de ce document, la Russie apporte sa contribution à la diminution de la charge anthropique sur l'atmosphère. Mais comment agir? Par l'implantation de nouvelles technologies propres, par l'élévation générale de la culture de la production et de la vie. Par l'assainissement de l'atmosphère, l'humanité aidera incontestablement le climat.

Définition
*Biote : ensemble des plantes, des micro-organismes et des animaux qu'on trouve dans une région ou dans un secteur donné.

Auteur
Par Viktor Danilov-Danilian, directeur de l'Institut des problèmes de l'eau de l'Académie des Sciences de Russie, pour RIA Novosti.

En savoir plus
Notre dossier sur le changement climatique

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10/12/2005 Bilan positif de la conférence de Montréal

7 commentaires sur cette actualité !
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LAMIRI Mustapha - 27/11/2007, 20:56
Buenas tardes,

El presidente de Brasilia tiene la misma idea que tengo hace mas de cuatro meses, es que los paises ricos deben pagar un precio alos paises pobres que son victimas de la pollucion.

BRASILIA (AFP) - La conférence de Bali sur le réchauffement climatique le mois prochain devra essentiellement discuter du prix que les pays riches devront payer pour la défense de l'environnement, a estimé mardi le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

(Publicité)
"Il est nécessaire que les pays riches sachent qu'à Bali nous allons discuter sérieusement du prix que les pays riches doivent payer pour que les pays plus pauvres puissent préserver leurs forêts", a déclaré Lula lors de la cérémonie de présentation du rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) sur la lutte contre le réchauffement climatique.

"Personne ne convaincra un pauvre, de quelque pays que ce soit, de ne pas couper un arbre s'il n'a pas en échange le droit au travail, à la nourriture. C'est la contrepartie à payer pour qui est responsable à 70% des émissions de gaz à effet serre", a dit le président brésilien.

Selon Lula, "85% de l'énergie électrique brésilienne est renouvelable et propre et 45% de toute l'énergie brésilienne est propre. C'est pourquoi nous n'avons pas de leçons à recevoir. Nous sommes disposés au dialogue, mais pas à accepter des mesures imposées", a-t-il dit.

Le président brésilien a suggéré la suppression des taxes sur les ventes d'éthanol et également une taxe sur les ventes de pétrole.

Selon le rapport du PNUD, la lutte contre le réchauffement global coûtera environ 1,6% du PIB mondial jusqu'en 2030 et ce montant devrait être pris en charge surtout par les pays riches. Selon Lula, ce rapport "peut désormais être une référence pour tous les pays".

La conférence de Bali, du 3 au 14 décembre, doit ouvrir les négociations en vue d'un nouvel accord international succédant au protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

Un cordial saludo,

Atentamente,

Mustapha LAMIRI
Rabat - Marruecos
Correo electronico :
lamiri_mustapha@yahoo.fr


LAMRINI - Maroc - 19/08/2007, 02:04
Monsieur LAMIRI a raison lorsqu'il a écrit que les pays polleurs doivent payer une amende aux pays victimes de la pollution.
Lisez l'article suivant :

17-08-2007 Des constructeurs automobiles japonais indemnisent des victimes de la pollution
Comme toutes les grandes métropoles, la ville de Tokyo est touchée par la pollution, plus particulièrement celle qui provient des transports. Jusqu'à présent les victimes de la pollution étaient très majoritairement silencieuses, mais une procédure lancée en 1996, au Japon, pourrait les inciter à sortir de l'ombre et à déposer plainte.
Cette année là, 99 personnes qui souffraient de problèmes respiratoires aigus ont attaqué des constructeurs (1) de véhicules diesel, considérés plus nocifs que les modèles à essence. Face à des plaignants de plus en plus nombreux et à une affaire de plus en plus médiatique, les 7 fabricants ont finalement cédé le 8 août dernier, probablement pour ne pas entacher leur image. Ainsi, les 520 victimes vont recevoir 1,2 milliard de yens (7,4 millions d'euros) de la part des 7 constructeurs japonais impliqués. En outre, ces constructeurs consacreront également 3,3 milliards de yens (20,4 millions d'euros) à un programme d'aide médicale dédié aux asthmatiques de la ville de Tokyo.
Toutefois, notons que s'ils ont sorti leur carnet de chèques, les constructeurs automobiles japonais ne sont pas reconnus "socialement responsables", une caractéristique qui pourrait être imputée aux autres prévenus que sont le gouvernement japonais, la préfecture de Tokyo, la compagnie d'autoroutes Metropolitan Expressway Public Corporation.

Cet accord, qui implique directement des constructeurs automobiles, est très vraisemblablement une première mondiale. En effet, si en 2002, 7 personnes avaient reçu 79,2 millions de yens (489 000 euros) pour des raisons similaires de la préfecture et de la compagnie autoroutière, jamais des marques automobiles n'avaient été condamnées.

Pour l'anecdote, soulignons qu'une semaine après cet accord, plusieurs constructeurs automobiles japonais ont vu certains de leurs véhicules jugés comme étant les plus performants en matière d'environnement (2) par un club automobile allemand...
Alex Belvoit
1- Toyota, Nissan, Nissan Diesel, Hino, Mitsubishi, Isuzu et Mazda
2- Voir l'article de Monvolant.ca
élodie renens - 25/07/2007, 12:04
je pense qu'il est primordial pour les lecteurs et leur culture d'utiliser le présent et non pas le conditionnel! ça change énormément de choses... le danger n'est pas que "possible" mais présent!!
LAMIRI Mustapha - 14/07/2007, 03:16
Hola,

Mis agradecimientos por sus respuestas pero cuando he dicho una multa es para hacer investigaciones y encontrar soluciones adecuadas con otros tipos de energia que pueden sustituir lo que existen actualmente. Es verdad que el dinero no puede resolver la crisis del medio ambiente de manera total pero gota, gota se llena la bota.

Atentamente,

Mustapha
lamiri_mustapha@yahoo.fr
tumedirasque. Paris - 07/07/2007, 16:07
@ Mustapha.
No sera suficiente una multa. Los problemas que nos esperan a todos (ricos y pobres) no se podran arreglar facilmente. Para qué sirve el dinero/una multa si el peligro es de muerte, desaparicion del género humano?
Saludos
Nathalie, de su nombre verdadero.
france gironde - 07/07/2007, 12:02
c'est l'homme qui tueras l'homme
c'est pas une fois que l'on a fait des bêtises qu'ils faut les réparées, y'a des bêtises(bêtises humaines!!) qui ne se réparent pas...............
à force de tout vouloir et d'essayer d'être le maitre du monde, et bien payer maintenant!!!!!!!!!!!
LAMIRI Mustapha - 07/07/2007, 02:54
Buenas noches,

Es un placer para mi de dirigirme a Ustedes para expresarme sobre la polucion atmosferica.
Como saben Ustedes, la polucion no tiene fronteras, lo que quiero decir que los paises industriales....y ricos, hacen polucion que da calentamiento de nuestra tierra y que es muy peligroso. Pero los paises del tercer mundo son victimas de esta polucion. En este caso, los paises industriales deben pagar una multa para que los otros paises pueden evitar consecuencias negativas de esta polucion.

Un cordial saludo,

Atentamente,

Mustapha LAMIRI
Rabat - Marruecos
Correo electronico :
lamiri_mustapha@yahoo.fr

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