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Quel climat pour demain ? Le scénario catastrophe se confirme

17419 lectures / 13 commentaires13 juin 2007, 11 h 47 - mise à jour : 13 juin 2007, 15 h 15

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Quel climat pour demain ? Le scénario catastrophe se confirmeSuite à la canicule de 2003, les feuilles sont brûlées
crédit :© C. Magdelaine, notre-planete.info
Le dernier rendez-vous de l'opération Sciences sur Seine du 11 juin a été l'occasion de réunir quatre spécialistes des changements climatiques et de leurs conséquences : Valérie Masson-Delmotte (LSCE/IPSL), Jérôme Gaillardet (IPGP), Hervé Le Treut (LMD/IPSL) et Philippe Quirion (CIRED et LMD/IPSL) dans un débat avec le public animé par Fabrice Papillon, journaliste scientifique.

La thématique de cette soirée à entrée libre: "Quel climat pour demain ? De l'observation à la modélisation. Quels comportements pour demain ?"a mobilisé plusieurs dizaines de personnes, plutôt d'âge murs ou des étudiants à bord du Cabaret Pirate accosté sur la Seine au pied de la passerelle Simone de Beauvoir face à la Bibliothèque Nationale de France. Le temps particulièrement chaud, lourd et humide prolongeait de manière inquiétante les propos des intervenants sur le devenir climatique de notre planète...

Une situation inédite et exceptionnelle pour l’Homme
Selon Valérie Masson-Delmotte, la Terre connaît un réchauffement climatique exceptionnel, particulièrement significatif depuis 1975 et qui n'a pas d'équivalent depuis au moins un millier d'années. Les activités humaines sont bien responsables de cet état en injectant massivement des gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère dans un laps de temps record depuis des millions d'années. Ces gaz, dont le dioxyde de carbone, agissent alors comme un puissant filtre pour le rayonnement terrestre qui s'échappe moins facilement vers l'espace, réchauffant les basses couches de l'atmosphère.

Effectivement, le réchauffement inquiétant que nous connaissons ne s'inscrit pas dans les cycles naturels qui ont marqué l'histoire climatique de notre planète, comme par exemple les périodes glaciaires et interglaciaires qui trouvent leurs origines dans les variations orbitales de la Terre. Le réchauffement est constaté presque partout sur Terre, sauf dans l'Antarctique où les températures enregistrées ne permettent pas de discerner une tendance claire. Dans le même temps, les concentrations en GES actuelles sont exceptionnelles depuis au moins 800 000 ans.
Rappelons que selon le dernier rapport du GIEC, au cours du siècle dernier, la Terre s'est réchauffée de 0,76 °C en moyenne, avec un réchauffement qui s'est encore accéléré. Les 11 années les plus chaudes ont toutes été enregistrées au cours des 12 dernières années. La seconde moitié du 20e siècle a été la période la plus chaude dans l'hémisphère nord depuis 1 300 ans au moins. La température en Europe a augmenté d'environ 1 °C en une centaine d'années, et ce phénomène a été plus rapide que le réchauffement moyen de la planète.

Le consensus scientifique est clair
Selon Hervé Le Treut, membre du GIEC avec Valérie Masson-Delmotte, le degré de confiance sur la responsabilité de l'Homme dans ces changements est de 9 (sur une échelle de 10). A ce titre, Hervé Le Treut, qui a donc participé avec sa collègue à l'élaboration des derniers rapports, souligne que le consensus est écrasant dans la communauté scientifique internationale et que les détracteurs inflexibles ne se comptent plus que "sur les doigts d'une main".
Les modèles climatiques, qui fonctionnent depuis les années 80, ont réussi, en simulant les mécanismes physiques qui définissent le fonctionnement du système climatique, à anticiper ce réchauffement. C'est à dire que les premiers modèles, pourtant peu sophistiqués, avaient déjà prévu le réchauffement que nous connaissons si nous continuions à émettre massivement des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, expliquait Hervé Le Treut.
Et les causes de ce réchauffement, qui ont été débattues par les milliers de scientifiques réunis autour du GIEC, ne trouvent aucune autre source valable que nos activités. L'activité solaire a bien évidemment été prise en compte et son rôle dans le réchauffement ne cesse d'être minimisé avec l'avancée des recherches dans ce domaine, c'est en tout cas l'une des conclusions des derniers rapports du GIEC. Depuis les années 80, c'est à dire au moment où le réchauffement s'est accéléré, l'activité solaire est devenue marginale.

Au final, les agitations médiatiques provoquées par certains scientifiques français et américains notamment, ne sont pas fondées et relèvent davantage de la désinformation à des fins lobbyistes plus qu'à un réel souci d'objectivité. Notons d'ailleurs que les derniers remparts américains se sont écroulés et que le président G. Bush a accepté l'évidence lors du dernier G8, rapportait Philippe Quirion.

Cependant, Hervé Le Treut a bien souligné l'importance du débat dans le GIEC dont les membres présentent des positions plus nuancées et plus catastrophistes mais qui tendent toutes à valider la responsabilité de l'Homme dans les changements climatiques. Le scientifique a rappelé que le GIEC effectue un travail de revue de l'ensemble des études faites dans ce domaine et qu'il faut se garder de diaboliser les positions les plus sceptiques, même si personne n'a encore réussi à remettre en cause les modèles climatiques et leurs prévisions qui se vérifient.
A ce titre, Jérôme Gaillardet directeur adjoint de IPGP relativisait les conclusions des deux membres du GIEC en précisant notamment que les points de mesure de la température à la surface du globe restaient insuffisants, que la relation entre l'augmentation du CO2 et la température n'était pas clairement établie... Un scepticisme qui s'est toutefois rapidement tu devant les arguments solides des deux physiciens.

Les conséquences seraient sous-évaluées
Philippe Quirion notait que les conséquences du réchauffement de la planète sont notamment évaluées sous la forme de scénarios fonction des émissions futures, des réponses économiques et démographiques qui seront mises en place. Les dernières estimations des émissions de CO2 au niveau mondial ne sont pas rassurantes puisque qu'actuellement, nous suivons le scénario le plus catastrophique du GIEC : une augmentation de +6°C de la température d'ici à 2100 avec une augmentation du niveau des océans de près d'un mètre.
Or, ce scénario catastrophe serait sous-évalué par le GIEC selon Valérie Masson-Delmotte qui s'intéresse notamment aux climats passés pour mieux comprendre celui de demain. La scientifique pense que nous devrions connaître un changement climatique majeur bien plus nettement et rapidement...
De surcroît, les manifestations les plus tangibles du réchauffement : vagues de chaleur, cyclones violents... Sont effectivement plus nombreux depuis quelques décennies d'après les scientifiques présents qui prévoient une augmentation nette de leur fréquence.

Vers l'adaptation
Les solutions sont nombreuses et en même temps complexes à mettre en oeuvre dans le cadre d'une action concertée au niveau mondial.
Philippe Quirion insistait notamment sur le rôle des politiques publiques et de la réglementation pour infléchir la tendance en France, jugeant que les consommateurs, même sensibilisés, ne sont pas efficaces. Je pense qu'au contraire, les consommateurs seront les moteurs du changement et que leur responsabilité grandissante dans cette problématique doit être clairement affichée, comprise et orientée pour plus de responsabilité. Cela dit, force est de constater que la sensibilité est forte mais que l'action reste encore marginale...

Dans tous les cas, les pays dits "en développement" se préoccupent davantage des mesures d'atténuation des conséquences du réchauffement climatique plutôt que des mesures de réduction des émissions. Ces pays jugent, à juste titre, que la responsabilité de ce défi incombe très largement aux pays les plus industrialisés.
En effet, le comble de cette problématique réside dans les premières victimes : les pays les moins avancés, les plus vulnérables et qui n'ont quasiment pas contribué au réchauffement de la planète. Pour ces pays, les mesures de réduction sont tardives et inappropriées : il est temps, pour eux, de trouver des solutions d'adaptation à cette nouvelle ère climatique qui promet un bouleversement majeur des sociétés humaines.

En savoir plus
Notre dossier sur le changement climatique

Auteur

Christophe Magdelaine / notre-planete.info (tous droits réservés)

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13 commentaires sur cette actualité

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commentaire Senior, Paris - 13/06/2007, 14:40

Bonjour,
Je suis la chargée de communication de l'IPSL et, à ce titre, une des organisatrices du bar des sciences dont vous parlez dans cet article. Je voulais donc tout d'abord vous remercier pour cet article très fidèle à la soirée de lundi. Et je voulais aussi vous signaler une petite erreur qu'il serait vraiment bien de corriger. Paul de Brem, le journaliste scientifique qui devait animer la soirée s'est désisté au dernier moment et nous avons dû lui chercher un remplaçant in extremis. C'est Fabrice Papillon qui a accepté, au pied levé, d'animer les débats et je dois dire qu'il l'a fait magistralement. Nous lui en sommes très reconnaissants. Merci donc infiniment de corriger le chapeau de votre article pour tenir compte de ce changement de dernière minute. Et encore merci pour votre article.
Catherine Senior

commentaire Christophe (notre-planete.info) - 13/06/2007, 15:17

@Catherine Senior : merci pour votre remarque, je viens de rectifier. Effectivement, Fabrice Papillon a été remarquable !

commentaire Senior, Paris - 13/06/2007, 15:30

Je viens de voir que vous avez déjà rectifié le nom du journaliste scientifique qui animait notre bar. Merci infiniment de votre réactivité.
Catherine Senior

commentaire jeandb, st chamond - 14/06/2007, 00:33

Il existe d'autres solutions pour résoudre le problème climatique plutôt que de surfer sur le catastrophisme des lendemains sombres.

commentaire MARCHISIO TARASCON 13 - 17/06/2007, 07:50

Je suis tout à fait d'accord sur l'urgence de la problèmatique climat. Cependant, ce sont les dirigeants mondiaux qui doivent prendre les mesures appropriées : ils ont été élus par le peuple pour assurer leur protection. Je pense qu'un choix s'impose à l'heure actuelle : continuer à vivre en aveugles inconscients ou affronter nos erreurs du passé afin de les corriger et pour ce faire, changer de comportement.

commentaire cyberpunisher de Courcelles - 18/06/2007, 10:56

Et oui, de plus en plus de scientifiques viendront démontrer que ce processus de réchauffement s'accélère. Que nous sommes menacé par un changement climatique majeur. Nous devons tous réagir, réclamer que l'on nous donne les moyens pour nous améliorer et ne plus polluer!!! Mais cela est utopique, les "grands" de ce monde attendront que cela arrive et après seulement s'efforceront de changer et s'adapter.Mais au détriment d'un nombre incalculable de perte en vie humaine. Encore et toujours, c'est la politique et le pognon qui régissent notre vie. On doit réclamer des énergies propres, et adapter ces énergies à notre technologie quotidienne, supprimer ce qui pollue, et surtout prendre des actions concrètes pour sauvegarder un maximum de zones sensibles qui peuvent provoquer ces catastrophes. Vous me direz que je rêve éveillé, peut-être. Mais moi je fais en sorte de sensibiliser mon entourrage, en espérant toucher la corde sensible qui fera changer notre état d'esprit de se laisser vivre et attendre comme des cons que cela arrive. Certains disent décembre 2012, d'autre 2060. Je ne voudrais pas vivre un scénario du style "le jour d'après".... Et pourtant, c'est ce qui nous pends au nez... Nous sommes "intelligents", alors prouvons-le! Et réagissons dans le bon sens et non les yeux fermés.........

commentaire jeandb , St Chamond - 20/06/2007, 00:00

Non le climat de demain ne sera pas catastrophique si on fait ce qu'il faut !!!!!!

commentaire Luc, Québec - 20/06/2007, 18:32

Le réchauffement climatique inquiète et les propos apocalytiques sont probablement vrais, mais les humains ne s'en sortiront que si la condition du coeur change.
L'avidité est une source très grave de pollution. (Je suis surpris de voir l'annonce, à droite de cette boîte de commentaire à remplir, de jeux d'argent.
En plus les familles brisées et les enfants délaissés ou abusés en nombre croissant sans qu'il y ait de progrès cause un préjudice croissant à l'environnement.
Quand des millions d'enfants dans des pays dits civilisés voient leurs parents se séparer, les abuser, leur donner une vie sans stabilité, alors ces enfants vivent quelque chose pire aussi qu'un réchauffement planétaire catastrophique.

commentaire pat r-s - 08/07/2007, 08:37

ONT EST DEJA RENDU TROP LOIN DANS L'HISTOIRE !!!!!

commentaire paul, montréal.23/07/07 - 23/07/2007, 14:11

au plus tard 2012, également la fin du,calendrier maya. les êtres, doivent se diriger dans la conscience universel c'est à dire, le retour vers leur source.la terre mère,bientôt se rééquilibrera dans un mouvement amoureux dans lequel nousne serons plus dépendant des structure, mais plutot dépendant les un des autres.cela dans une grande fraternité.

commentaire CLOES Jean Luc St Mandé - 20/08/2007, 14:32

Tout le monde s'accorde à dire que notre modèle de croissance est responsable de l'ampleur du changement du climat. Mais notre égoisme est tel que nous ne sommes pas près à renoncer à notre mode vie, c'est pourquoi les gouvernements prennent toujours que des mesurettes qui ont qu'un impact relatif , étant confrontés aux lobbies et aux intêrets divers. Je crois que la prise de conscience se fera, certes un peu tard que des lors qu'une catastrophe de grand ampleur nous obligera à inventer une autre voie de civilisation non plus basée sur le développement matèrielle mais spirituelle.

commentaire Laurent, La Garenne Colombes - 24/08/2007, 15:32

Je m'interroge sur certaines conclusions du 4ème rapport du GIEC :
1) Les 11 années les plus chaudes ont toutes été enregistrées au cours des 12 dernières années

pourtant la NASA (James Hansen) a été forcée ( par McIntyre) de corriger ses courbes officielles de températures (pour les USA). Les années les plus chaudes depuis un siècle sont maintenant et dans l’ordre décroissant: 1934, 1998, 1921, 2006, 1931, 1999, 1953
un lien direct avec l’article (en):

http://icecap.us/index.php/go/joes-blog/new_rankings_for_warmest_years/

Evidemment les USA ne sont pas le monde entier mais dans ce vaste pays de l'hémisphère Nord les années 30 correspondent à la décennie la plus chaude. Cette information a t-elle été relayée dans les médias français ? Si une personne a lu un article sur le sujet dans la presse française, pourriez vous me le signaler sur ce forum. merci

2) les détracteurs inflexibles ne se comptent plus que "sur les doigts d'une main"
ou
3) les agitations médiatiques provoquées par certains scientifiques français et américains notamment, ne sont pas fondées et relèvent davantage de la désinformation à des fins lobbyistes plus qu'à un réel souci d'objectivité.

C'est bien pauvre comme argumentation scientifique. Vous parlez de consensus pourtant j'ai lu dans le resumé du 4ème rapport du GIEC (Groupe III) l'annotation suivante :
Ce résumé a été accepté mais non approuvé dans le détail à la sixième session du groupe de travail III du GIEC

un lien pour vérifier (voir page 20): http://www.ipcc.ch/pub/un/giecgt3.pdf


Franchement la forme utilisée par le GIEC me dérange et le fond aussi !

Une dernière remarque :
dans le rapport de 2001 on peut lire "l'essentiel du réchauffement survenu au cours du XXe siècle est concentré sur deux périodes: 1910-1945 et 1976-2000"

Pourquoi le GIEC ne parle t-il jamais de la chute de température entre 1945 et 1976 ? Le GIEC ignore cette période et pourtant l'étudier permettrait peut être de comprendre les facteurs déclencheurs de cette baisse.

commentaire Ormuz - 25/07/2009, 12:25

"...les détracteurs inflexibles ne se comptent plus que "sur les doigts d'une main" :-))

Déclaration de manhattan sur le Changement Climatique:
"Le réchauffement global" n'est pas une crise mondiale
--------------------

Texte original
http://www.climatescienceinternational.org/index.php?option=com_content&task=view&id=37&Itemid=1

Liste des signataires spécialistes des sciences du climat ou apparentées
http://www.climatescienceinternational.org/index.php?option=com_content&task=view&id=66&Itemid=1

Liste des signataires présents lors de la convention à New York
http://www.climatescienceinternational.org/index.php?option=com_content&task=view&id=48&Itemid=1

Liste des signataires non présents à la convention mais ayant un cursus leur permettant d'avoir une bonne compréhension du changement climatique sur les plans scientifique, technologique, économique et politique
http://www.climatescienceinternational.org/index.php?option=com_content&task=view&id=62&Itemid=1

Liste des signataires faisant partie du grand public.
http://www.climatescienceinternational.org/index.php?option=com_content&task=view&id=65&Itemid=1

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