Une enquête a été menée au 3e trimestre 2006 dans 13 régions françaises sur les eaux minérales naturelles embouteillées en France ou originaires de l'Union européenne. Celle-ci souligne que près d'un quart des eaux en bouteille examinées présentent une composition non conforme aux teneurs indiquées ou aux normes en vigueur.
Cette enquête menée par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF)avait pour objectif de déterminer les teneurs résiduelles :
- en fluor sur des eaux susceptibles de présenter des taux supérieurs à 1,5 mg/l mais ne comportant pas dans leur étiquetage l'avertissement relatif à la présence de fluor au-delà de ce seuil
- en bromates et en bromoformes pour les eaux susceptibles d'avoir été traitées à l'air enrichi en ozone mais ne faisant pas référence à ce traitement dans l'étiquetage
- en arsenic, en baryum et en manganèse.
Pour ce faire, 45 échantillons ont été analysés dont 17 en provenance d'autres Etats membres de l'Union européenne.
Les résultats sont plutôt inquiétants : 10 ont été jugés non conformes dont 3 en provenance d'Allemagne (1) et d'Italie (2) ;
3 échantillons ont été déclarés "à suivre". Les anomalies concernent, pour l'essentiel, des déficits en minéraux par rapport aux teneurs indiquées (magnésium notamment) ou des dépassements par rapport à des normes maximales (baryum, fluor, manganèse).
La plupart des opérateurs implantés sur le territoire national ont mis en place des systèmes de traitement pour respecter les limites maximales des constituants naturellement présents dans les eaux conditionnées dont le dépassement peut présenter un risque pour la santé publique. Il reste que le taux élevé de non-conformités (22%) ne peut qu'inciter la DGCCRF à accroître la vérification de la composition des eaux embouteillées.
Dans un secteur où près de 30% des consommateurs sont toujours réticents à boire l'eau du robinet sous prétexte de sa moins bonne qualité (baromètre C.I.EAU-SOFRES, édition 2004), cette première analyse mériterait d'être approfondie.
A ce titre, rappelons que l'eau du robinet en France est contrôlée plusieurs fois par jour par les pouvoirs publics en toute transparence.
L'association
Agir pour l’Environnement s'est emparée du dossier au mois de mars en demandant à la DGCCRF de diffuser les marques des eaux incriminées, aucune nouvelle information n'est disponible pour le moment.
Référence
Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes
Notes
La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) exerce, au sein du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, une mission essentielle de régulation à l'égard de l'ensemble des acteurs économiques, consommateurs, entreprises et collectivités locales. A ce titre, elle veille au fonctionnement loyal et sécurisé des marchés, ce qui implique l'élaboration de règles, des contrôles et, le cas échéant, des sanctions.
Sa mission s'exerce sur plusieurs axes :
- la régulation concurrentielle des marchés
- la protection économique du consommateur
- la sécurité du consommateur
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)