Les modèles de prévision du réchauffement climatique tablaient sur l’absorption de la moitié des émissions dues à l’homme par les végétaux et les océans. Ces modèles s’avèrent faux. Plantes et océans piègent moins de dioxyde de carbone que prévu, et le réchauffement va s’emballer.
Une nouvelle étude publiée par la revue Science révèle que l’océan, considéré comme un puits de carbone majeur pouvant absorber un quart des émissions de CO2 produites par l’homme, piège désormais moins de Dioxyde de Carbone que prévu. Ce phénomène, que les études précédentes avaient anticipé, apparait plus de quarante ans en avance par rapport aux prévisions.
Sur l’ensemble des émissions de carbone dues à l’activité humaine, les modèles tablaient sur l’absorption d’une moitié par la planète dans ce que l’on nomme les « puits » à CO2. Sur le total des émissions, les océans devaient en piéger un quart, et la « biosphère », c’est-à-dire les végétaux et le sol, un autre quart.
Les modèles de prévision du réchauffement ont été bâtis en considérant que la capacité d’absorption des océans devait permettre dans un premier temps de piéger une quantité accrue de gaz à effet de serre, avant d’arriver à saturation.
L’étude publiée par Science, réalisée sous la direction de Corinne Le Quere, a collecté les données relevèes par onze stations de mesures situées dans l’Océan Antarctique, et 40 autres à travers le monde.
Contrairement aux prévisions, depuis 1981 les quantités absorbées par l’Océan Antarctique sont restées stables alors que les émissions elles, ont crû de 40%.
L’océan polaire Antarctique devait, selon les estimations, représenter 15% de l’ensemble des puits à Carbone.
Ce déficit serait du à l’augmentation des vents régnants sur la zone, observé depuis la fin des années 1950. Ce renforcement des vents est attribué à deux facteurs, d’une part le trou de la couche d’ozone qui a modifié les températures dans la région, et d’autre part le réchauffement de la surface des mers, plus marqué aux tropiques qu’au sud.
Ces modifications ont influé sur le régime des circulations des masses d’air dans l’atmosphére, ayant pour résultat l’apparition de vents plus forts sur l’Antarctique.
Le carbone piégé par la mer se trouve normalement dans les couches les plus profondes. Mais le brassage des eaux occasionné par les vents, en faisant remonter celles qui sont saturées de CO2 vers la surface, a diminué sa capacité d’absorption, et provoqué un relâchement de CO2 dans l’atmosphère.
Le Dr Sus Honjo, à la tête d’une équipe de chercheurs au Massachusetts qui mène une recherche semblable, a lui aussi constaté une diminution de l’effet puits de carbone dans la zone du Nord-Ouest de l’Océan Pacifique.
La saturation des couches supérieures des océans en carbone a un autre effet néfaste. Elle provoque une acidification de l’eau, qui agresse les organismes marins dont le corail, et diminue encore plus les quantités absorbées par la biosphère.
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