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Les émissions en gaz à effet de serre augmentent bien plus vite que prévu

5801 lectures / 5 commentaires23/05/2007, 16:12 - mise à jour : 05/06/2007, 16:32
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Les émissions en gaz à effet de serre augmentent bien plus vite que prévu
crédit : AFP
Une nouvelle étude sur les émissions en gaz à effet de serre au niveau mondial montre que celles-ci s'emballent depuis 2000, loin des efforts de réduction entrepris...

Les rapports qui évaluent et quantifient les émissions en gaz à effet (GES) de serre dans l'atmosphère se suivent et se ressemblent, toujours plus alarmants. En effet, selon une étude publié dans "Proceedings of the National Academy of Sciences" et menée par Mike Raupach(1) de l'Organisation pour la recherche scientifique et industrielle du Commonwealth (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) Marine and Atmospheric Research and the Global Carbon Project), les rejets de GES, responsables du réchauffement climatique, sont toujours plus importants.

Ce sont les émissions de CO2 issues de la combustion des énergies combustibles fossiles qui sont les premiers responsables de cette détérioration : les rejets ont augmenté bien plus vite que les observations effectuées dans les années précédentes.
Ainsi, la croissance moyenne des émissions est passée de 1,1% par an dans les années 1990 à 3% depuis les années 2000. Selon Mike Raupach, près de 8 millions de tonnes de carbone ont été rejetés dans l'atmosphère en 2005 alors qu'il y a seulement 10 ans elles n'étaient que de 6 millions de tonnes.
Ces résultats confirment ceux publiés il y a quelques mois par le Global Carbon Project (GCP) qui notait que le taux de croissance des émissions de CO2 est passé de 0,8% au cours des années 90 à 3,2% dans les années 2000.

"Une des principales raisons de l'accélération de la croissance des émission est que, globalement, nous brûlons davantage de carbone par dollar de richesse créée", souligne Mike Raupach. Ce phénomène est à coupler avec l'augmentation de globale de la richesse et de la population sur notre planète.
De plus, d'importants pays comme la Chine connaissent un développement industriel important dont l'intensité énergétique(2) reste encore forte, bien qu'étant amener à diminuer. Dans le même temps, les pays déjà industrialisés comme les Etats-Unis ou l'Australie ont une intensité énergétique qui plafonne et ne s'améliore plus notablement. "Ces deux facteurs décroissent l'efficacité globale de l'utilisation des combustibles fossiles" selon Mike Raupach.

Au niveau des émissions de carbone par personne, la Chine reste encore en dessous de la moyenne mondiale avec une tonne, tandis que l'Australie et les Etats-Unis émettent dorénavant plus de 5 tonnes de carbone par personne et par an et la France 3 tonnes. Ainsi, depuis le début de la révolution industrielle, les Etats-Unis et l'Europe sont responsables de plus de 50% des émissions totales contre 8% pour la Chine et moins de 0,5% pour les 50 pays les moins développés.
Cependant, en 2004, la Chine représentaient plus de la moitié de la croissance des émissions de CO2 et près de 20% du total des émissions selon le Global Carbon Project.

Ce qui est inquiète dans ces résultats c'est l'absence d'impact des mesures globales prises dans le cadre du Protocole de Kyoto. Les émissions de GES mesurées nous placent pour le moment dans les pires scénarios établis par le Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) qui a rendu les premières conclusions de son quatrième rapport au début de l'année. Ce qui signifie que "les concentrations en dioxyde de carbone, la hausse des températures et l'augmentation du niveau des océans seront dans la fourchette haute des projections du GIEC".
Rappelons que la fourchette haute correspond à :
- une hausse des températures de 6,4°C
- une augmentation du niveau des océans de 60 cm
- une concentration en CO2 de 1 550 ppm.

Au final, Mike Raupach insiste, outre sur le fait de diminuer nos émissions, sur la nécessité de prendre en compte les émissions passées dans les mesures à imposer : "il faut prendre en compte les émissions présentes et passées au moment de négocier de nouveaux objectifs mondiaux de réduction. Pour être efficaces, les réductions d'émissions doivent être réalisables et équitables."

Les principales conclusions du dernier rapport du GIEC insistait sur l'urgence du problème et son caractère global et majeur, cette nouvelle étude conforte, si il le fallait encore, le défi colossal auquel nous sommes tous confrontés.

Notes
(1) Raupach a dirigé une équipe internationale d'experts des questions de cycle du carbone, d'émissions de GES et d'économistes, dans le cadre du Global Carbon Project du CSIRO, pour quantifier les émissions mondiales de carbone et la demande en énergies fossiles.
(2) L'intensité énergétique représente la quantité d'énergie nécessaire pour constituer de la richesse.

Référence
CO2 emissions increasing faster than expected ref.07/89

En savoir plus
Notre dossier sur le changement climatique

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Auteur

Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)
5 commentaires sur cette actualité !
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notre-planete.info (Christophe) - 05/06/2007, 16:23
@Febaos : vous avez raison, cette illustration n'est pas la plus appropriée, je vais la remplacer
Cyberpunisher de Courcelles - 04/06/2007, 13:29
Et oui, enfin un qui a vu plus clair que les autres! Il ne faut pas se leurer la face, l'augmentation de pollution se fait de manière exponentielle. Pourquoi les gouvernements refusent de prendre des mesures radicales, avec des technologies propres, déjà existantes? Au lieu de cela, on traine et on freine l'évolution par des discours et des réunions qui ne mènent nulle part ou égal à notre situation actuelle. L'Etat à peur de trop perdre si on supprime le pétrole et le charbon, on n'encourrage pas assez les particuliers et on ne leur donne pas les moyens pour utiliser les énergies propres car cela ne rapporte pas à l'état.
Encore et toujours, il faut la grosse catastrophe avec pleins de morts pour que l'on réagisse. Les mots ne suffisent plus aujourd'hui, il faut agir. Tous, du plus petit aux plus grands, faire abstraction de la majorité des produits pollueurs, se convertir à l'énergie hydro-électrique, énergie solaire, éolienne (ça commence mais c'est trop lent), l'énergie magnétique.... Ces technologies existent depuis plus de 20 ans, mais on ne nous laisse pas le choix, l'état nous impose un mode de vie pollueur, alors! Que faut-il faire pour que les hauts responsables se bougent et réagissent dans le bon sens? L'électricité est l'avenir (domotique, chauffage, véhicule,...) c'est faisable, à tous les niveaux. Quel avenir auront nos enfants, une aire glaciaire??? On en est pas loin... Certains disent décembre 2012 ??? Ce qui est sûr, c'est que nous ne sommes plus en sécurité sur terre à l'heure actuelle. Elle est sur le point de faire un gros nettoyage, identique à la période où les dinosaures ont disparus! Sommes-nous plus bète (ou stupide) que les dinosaures? Je ne crois pas. Alors réagissons!
FEBAOS ivry sur seine - 01/06/2007, 16:44
Pourquoi, illustrer avec les panaches d'une usine d'incinération, alors que le trafic routier du périphérique voisin est le principal émetteur?
Et que, d'une part, cette unité chauffe l'équivalent de 80 000 logements, supprimant ainsi nombbre de chaudières au fuel trés émetrrice de CO2. D'autre part, le traitement des déchets n'est pas et de loin un important émetteur de GES, environ 3% des émissions nationales.
LURO à THIAIS - 27/05/2007, 17:37
Il n'y a aucune solution dans le cadre de nos sociétés industrielles actuelles (qui sont capitalistes) qui ne reconnaissent vraiment
aucune limite à l'économique destructeur, à la croissance, à l'enrichissement permanent
...surtout des plus riches...
"cocu" est le code de sécurité de ce message
: nous sommes les cocus de l'idéologie dominante...
c fetter 33920 - 26/05/2007, 18:34
Avec des verts dont le seul but est bassement politicien, comment voulez vous que notre planete survive face a tous ces interets( fric) et quand il sera trop tard ces memes friqués voudront nous donner des leçons de civisme en nous demandant a nous de faire les efforts dont ils sont incapables de faire aujourd'hui.Des energies qui ne sont pas utilisées aujourd'hui existent en plus de celles renouvellables connues, mais d'abord il faut satisfaire ceux qui commercent avec les energies polluantes (petrole, charbon, gaz) et donc surtout ne pas toucher a leurs interets.Aujourd'hui quand il y a des problemes, on cree des commissions qui discutent et je vous dis que si on utilisait l'energie consommée dans leurs discussions stériles a vouloir refaire le monde nous pourrions chauffer PARIS à l'année.Cordialement CF
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