
crédit : M. Klein © Service photographique
de la Présidence de la République
Hier, et pour la première fois, Alain Juppé, ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables a rencontré avec le nouveau président de la République, Niolas Sarkozy des représentants des plus importantes associations écologistes pour préparer le futur "Grenelle de l'environnement".
Alain Juppé, nommé le 18 mai, a rapidement mobilisé les associations, ONG et scientifiques sous l'impulsion du Président de la République, Nicolas Sarkozy qui s'était engagé, dans son programme à créer un poste de vice-premier ministre en chargé de l'écologie, un des piliers du pacte de Nicolas Hulot.
"L'époque des colloques est derrière nous. Le temps est à l'action", a souligné le nouveau président Sarkozy, dans une déclaration publiée à la mi-journée.
Ce 21 mai, deux réunions préparatoires à un "Grenelle de l'environnement" se sont tenues au Palais de l'Elysée.
La matinée a été consacrée pendant près de deux heures aux associations et ONG, et l'après-midi aux scientifiques et aux experts.
Pour un "Grenelle de l'environnement"
Nicolas Sarkozy, dans une déclaration publié hier par le Palais de l'Élysée, a ouvert cette première réunion avec un discours qui fixe le cadre de ces réunions préparatoires tout en insistant sur la détermination du nouveau gouvernement. Nous retiendrons plus particulièrement de son discours les propos suivants :
"Parler de l'environnement exige de penser notre relation à la nature. Parler de l'environnement impose de s'interroger sur notre mode de consommation et notre mode de vie. Naturellement, il n'est pas question de contester le progrès technologique. Nombre de réponses aux questions de l'environnement se trouvent dans ce progrès, et nous ne pouvons pas par ailleurs interdire aux pays les plus pauvres de se développer. Pour autant, il nous appartient bien d'en prévenir les excès ou les dérives. Quelles que soient nos convictions, l'épuisement des énergies fossiles, l'épuisement des ressources naturelles, les changements climatiques sont des échéances incontournables qui imposeront des changements.
Le rapport Stern évalue à 20 % de la consommation mondiale l'inaction. L'estimation du nombre de réfugiés climatiques varie de 150 millions à un milliard. Le GIEC (groupe international d'experts du changement climatiques) a récemment conclu qu'il suffisait d'investir de 0 ,3 % à 3 % du PIB mondial pour prévenir ces changements. Ces données, nous les connaissons.
Le "Grenelle de l'environnement" ne sera pas un énième colloque pour constater l'urgence écologique et conclure qu'il faut agir. L'époque des colloques est derrière nous. Le temps est à l'action. Et je voudrais vous proposer le cadre de ce "Grenelle de l'environnement".
Le "Grenelle de l'environnement" sera un contrat entre l'Etat, les collectivités territoriales, les syndicats, les entreprises et les associations. Je veux que ce contrat engage les responsables. Nous ne négocierons bien que si le nombre de participants n'est pas trop important.
Notre contrat devra porter, dans un premier temps, sur cinq ans. Naturellement, cela ne saurait répondre aux défis majeurs que constituent les changements climatiques et la perte de biodiversité. Pour autant, je veux que les échéances soient rapprochées afin que chacun soit comptable de son action. Et nous nous accorderons sur une évaluation annuelle des engagements."
L'objectif de ces réunions est donc de se préparer à la tenue du "Grenelle de l'environnement" dans la deuxième quinzaine d'octobre.
Pour ce faire, cinq groupes de travail seront constitués :
- un groupe "climat" qui s'intéressera aux transports, à l'aménagement, à la construction, à l'habitat et à l'énergie ;
- un groupe "biodiversité et ressources naturelles" qui traitera de l'eau, des espaces protégés, et incluera la pêche et les ressources halieutiques ;
- un groupe sur le thème "santé et environnement" ;
- un groupe qui se consacrera à l'aménagement rural et au dialogue avec les agriculteurs ;
- enfin, un dernier groupe qui traitera de gouvernance écologique (amélioration de l'expertise, amélioration des outils économiques d'évaluation, réforme de la comptabilité nationale pour une meilleure prise en compte du développement durable).
Selon le nouveau
ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables (MEDAD), une deuxième réunion et un point d'étape sont prévus aux alentours du 14 juillet prochain.
Les associations conviées et leurs réactions
Neuf organisations et fédérations été présentes hier :
-
Greenpeace,
-
WWF,
-
les Amis de la Terre,
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la Fondation Nicolas Hulot,
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la Ligue de protection des oiseaux (LPO),
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le Réseau Action climat (RAC),
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la Ligue ROC pour la préservation de la Faune sauvage,
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la fédération France Nature Environnement (FNE),
-
Ecologie sans frontières.
Les représentants des associations ont été unanimes et ont salué l'effort "historique" consentis par le nouveau gouvernement qui a pris l'initiative, "dans l'enceinte du Conseil des ministres sous un gouvernement de droite, à parler de biodiversité", selon les termes de Nicolas Hulot qui a joué le rôle de médiateur dans cette rencontre historique.
Cette réunion a "dépassionné le débat et les a "rassurés" sur la prochaine tenue du Grenelle de l'environnement en octobre. Les échanges ont été cordiaux et "sans tabou" puisque les désaccords sur le nucléaire et les organismes génétiquement modifiés (OGM) ont été soulignés.
En effet, bien que ce premier pas soit encourageant, "ce sera dur sur le nucléaire et sur l'agriculture en général, sur l'ensemble des pesticides et des polluants", a estimé Daniel Richard du WWF, appuyé par Yannick Jadot de Greenpeace.
Sur la question du nucléaire, Alain Juppé a précisé qu'il ne s'agissait pas de remettre en question la construction déjà programmée de l'EPR, même si le nucléaire n'est pas la panacée : "le nucléaire n'est pas la solution parfaite, mais pour le moment il n'y a pas de solution sans nucléaire. Cela n'empêche pas que l'on va tout faire pour développer les énergies renouvelables", a-t-il expliqué.
Le tour aux experts
Dans l'après-midi huit personnalités incontournables en environnement ont participé à cette première prise de contact, il s'agissait notamment de Jean Jouzel pour les changements climatiques, de Jean-Marie Pelt pour la biodiversité et du philosophe Edgar Morin.
"On a pu vraiment aborder tous les problèmes qui concernent les enjeux environnementaux, toutes les conditions sont réunies pour répondre à ces enjeux", a déclaré Yvon Le Maho écophysiologiste au CNRS.
L'avenir est toujours entre nos mains
S'attaquer aux pollutions et dégradations qui souillent notre support de vie et notre santé relève de problématiques très complexes où il n'existe jamais de solutions uniques et entièrement satisfaisantes. Avancer en ce domaine nécessitera forcément des concessions lourdes pour tous les acteurs impliqués, y compris le citoyen.
Au final, nous ne pouvons que saluer cette initiative historique en espérant qu'elle débouchera sur des engagements clairs et ambitieux à la hauteur des défis majeurs que nous devons tous relever.
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)