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Le radon domestique, deuxième cause de mortalité par cancer du poumon

5421 lectures / 2 commentaires18/05/2007, 11:35
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Le radon domestique, deuxième cause de mortalité par cancer du poumon
L'habitat mal ventilé concentre le radon
crédit : © C. Magdelaine, notre-planete.info
Le radon, un gaz radioactif naturellement présent à la surface de la Terre est responsable pour environ 9 % des décès par cancer du poumon et environ 2 % de tous les décès attribuables au cancer en Europe... selon le dernier Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire dont l'un des objectifs principaux a été de déterminer le risque de cancer du poumon associé à l'exposition au radon dans les habitations.

Le radon, un gaz naturel qui favorise le cancer du poumon
Le radon est un gaz contenu dans le sol et la roche partout à travers le monde, à des concentrations variables qui dépendent de la nature du sol et du degré de confinement des lieux. "Le radon-222 est créé naturellement lors de la dégradation de l'uranium-238, présent dans toute la croûte terrestre. Ce gaz possède une demi-vie de quatre jours, ce qui est suffisant pour permettre sa diffusion à travers le sol vers l'air avant sa désintégration" selon le BEH.
Il n'est pas perceptible et néanmoins dangereux, en effet, le radon est un cancérigène pulmonaire certain pour l'homme et il appartient au groupe I dans la classification du Centre international de recherche sur le cancer (Circ). A ce titre, "l'exposition au radon est un des facteurs de risque majeurs en santé environnementale et ce gaz est impliqué de manière significative dans la survenue d'une maladie particulièrement fréquente et grave : le cancer du poumon" selon Hajo Zeeb, Professeur d'Épidémiologie et Zhanat Carr, Chercheur à l'Organisation mondiale de la santé.

Le dernier Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire "Impact sanitaire du radon domestique : de la connaissance à l'action" fait le point sur ce gaz étudié depuis de nombreuses années et qui "est à l'origine de décès chez les mineurs depuis des siècles". Le radon représente aujourd'hui "un risque, même aux concentrations présentes habituellement dans les habitations" selon ces mêmes spécialistes.

Le radon dans les mines
Selon le BEH, "des concentrations particulièrement élevées peuvent être rencontrées dans les mines de minerai (étain, uranium, fer). C'est pourquoi des études épidémiologiques sur des populations de mineurs ont été mises en place dès les années 1960 afin d'analyser les risques associés à l'inhalation de radon et de ses descendants radioactifs."
Ainsi, une quinzaine d'études de cohorte mises en place dans le monde depuis les années 1960, notamment sur des mineurs d'uranium ont démontré l'existence d'un lien entre l'exposition au radon dans les mines et le nombre plus important de cancers du poumon.
En ce qui concerne les mineurs français d'uranium, nous retiendrons que l'étude conduite en collaboration entre l'IRSN et AREVA NC (ex-Cogema) depuis plus de 20 ans montre qu'un "risque élevé de décès a été observé pour le cancer du poumon, le cancer du rein et la silicose", même "après prise en compte du tabagisme".

Le radon dans les habitations et le risque de cancer du poumon
Selon le BEH, "dans de nombreux pays, l'exposition domestique aux produits de désintégration radioactifs de courte durée de vie du radon-222, gaz chimiquement inerte, représente approximativement la moitié de l'exposition non médicale totale aux rayonnements ionisants." C'est ce thème qui est développé par l'article de Darby et coll. qui reprend "une analyse conjointe des données d'études cas-témoins conduites dans 13 pays, incluant la France".
Les résultats de cette étude, les plus précis actuellement, montrent que le risque de cancer du poumon s'accroît de manière linéaire avec celle de la concentration en radon. En effet, le risque de cancer du poumon augmente de 16 % pour chaque accroissement de 100 Bq/m3 de la concentration en radon mesurée après prise en compte des incertitudes aléatoires sur les mesures de radon. "La relation dose/effet semble linéaire, sans qu'un seuil minimal soit relevé, et reste significative même à des concentrations inférieures aux niveaux pour lesquels il est actuellement recommandé
d'agir."

En France, d'après les mesures disponibles issues de la campagne IRSN/DGS menée depuis les années 80, la concentration moyenne en radon est relativement élevée à environ 90 Bq/m3, 76 % des français sont exposées à des concentrations comprises entre 0 et 99 Bq/m3.
Catelinois et coll. qui se sont attachés à l'évaluation de l'impact sanitaire de l'exposition domestique au radon en France montrent qu'entre plus de 1 200 et moins de 3 000 décés par an et par cancer du poumon sont attribuables au radon en France. Ainsi, "parmi les 25 134 décès par cancer du poumon survenus en 1999 en France, entre 5 % et 12 % seraient attribuables à l'exposition domestique au radon."
Plus inquiétant, près de la moitié du nombre estimé de décès par cancer du poumon attribuables à l'exposition domestique au radon surviendrait parmi la majorité de français qui est exposée à une concentration comprise entre 0 et 99 Bq/m3.

Les fumeurs sont plus vulnérables
L'article de Darby et coll. conclut que "le risque absolu pour les fumeurs et anciens fumeurs récents est considérablement plus élevé que pour des personnes n'ayant jamais fumé." En effet, "si l'on considère le nombre absolu de cas de cancer du poumon associés au radon, on observe qu'une grande part du risque est concentrée chez les fumeurs, et parmi ceux exposés à des concentrations relativement faibles dans leurs habitations."
Confirmation apportée par l'article de Catelinois et coll. qui souligne que "le risque serait trois fois plus élevé chez les fumeurs".

Au final, l'exposition domestique au radon est un facteur de risque bien moins important que le tabac dans l'apparition d'un cancer du poumon mortel, le tabagisme restant à l'origine de la grande majorité des cancers du poumon à travers le monde. Cependant, l'interaction entre le tabac et le radon multiplie par trois le risque et "la diminution de la consommation tabagique permet indirectement de diminuer la part attribuable au radon dans le nombre de décès annuel par cancer du poumon." selon le BEH.

Vers la sensibilisation et l'action
Alors que nous passons 90 % de notre vie dans des bâtiments où le radon se concentre notamment à cause d'une ventilation insuffisante, le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire ouvre la discussion sur les actions de santé publique à entreprendre.
Il s'agit, par exemple de prévention avec l'installation de barrières anti-radon dans les habitations en construction, de correction vu que "les mesures de radon ont démontré qu'un nombre non négligeable de lieux publics présentent une concentration en radon élevée".
Cependant, ces actions ne pourront être comprises qu'avec une prise de conscience de ce risque environnemental très mal connu, par les scientifiques, les hommes politiques et le grand public.
Enfin, l'Organisation mondiale de la santé a lancé en 2005 le Projet international sur le radon dans le but de développer et renforcer les politiques de contrôle du radon dans le monde entier.

Références et en savoir plus
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire Impact sanitaire du radon domestique : de la connaissance à l'action (format PDF)

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Auteur

Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)

2 commentaires sur cette actualité !

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haddadi m. de Nador .Maroc - 10/06/2007, 02:24
Chez ,nous Le Rif au Nord du Maroc, La maladie de cancer si répandue continue à semer la polymique ,entre la population .Il y'a manque d'etudes scientifiques pour trancher de ses causes ,La region envahie des aliments de contrebande mals surveillés,
aussi, on parle des armes chimiques utilisés par l'occupant espagnol ...,Quant au Radon domestique ,il s'ajoute comme une autre cause ,peut etre !! Une reponse scientifique doit etre elaborée?
Que dieu vous protege tous !
pinsac, PERTUIS (84) - 21/05/2007, 12:42
Bonjour, existe t'il des mesures, dans les habitations, comment faire pour une etude chez moi ?, merci
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