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Le développement des biocarburants menace les populations autochtones

3240 lectures / 4 commentaires15/05/2007, 16:42
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Le développement des biocarburants menace les populations autochtones
A l'occasion de l'ouverture à New York de la sixième session de l'Instance permanente sur les questions autochtones, consacrée cette année à la question des territoires et des ressources naturelles, les instances dirigeantes de l'instance ont fait part de leur inquiétude concernant l'expansion des plantations de combustibles « propres » qui se fait au prix de nouvelles expulsions de populations autochtones de leurs terres.

« En matière d'énergie, c'est une nouvelle fois dans les terres autochtones que se cherchent les solutions », a notamment dénoncé la présidente de l'Instance, Victoria Tauli-Corpuz, devant la presse, s'inquiétant du fait qu'en Ouganda, aux Philippines, au Costa Rica, au Mexique ou en Indonésie, les plantations étaient étendues sous la justification de l'expansion nécessaire au développement des combustibles « propres ».
Les orientations pour lutter contre les changements climatiques appellent à l'expansion des bioénergies, notamment en huile de palme ou en sucre, ce qui fait peser une nouvelle menace sur les populations autochtones, a-t-elle expliqué.

La question des plantations d'huile de palme est fondamentale car en Indonésie ou en Malaisie par exemple, d'où sortent 80% de la production mondiale, ce sont les autochtones qui sont expulsés de leurs terres. En Indonésie, ces expulsions pourraient concerner plus de 5 millions de personnes, a-t-elle dit, soulignant la nécessité de mener des évaluations sur ce sujet.
« Sans des normes internationales en la matière, nous allons assister à de nouvelles expulsions, de nouveaux déplacements de population et de nouveaux conflits sur toutes ces questions », a-t-elle prédit.

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui milite pour ces bioénergies dans la lutte contre les changements climatiques, a été saisie des préoccupations du l'Instance des peuples autochtones, a souligné Victoria Tauli-Corpuz.

Elle a aussi insisté sur la nécessité d'étudier en parallèle l'impact des prêts bancaires accordés pour financer l'expansion de ces cultures sur l'avenir des peuples autochtones.
« Historiquement, les questions de propriété foncière, de territoires et de ressources naturelles sont les problèmes clefs des autochtones, qui ont été victimes de lois discriminatoires de la part des pouvoirs colonisateurs », a souligné la présidente du Forum.

Ida Nicolaisen, membre du Forum nommée par le gouvernement du Danemark, a elle aussi souligné l'urgence de traiter cette question, indiquant qu'à Bornéo, où elle a travaillé depuis des décennies, 1,3 million d'hectares de forêt ont déjà été détruits, en seulement trois ans, pour faire place à des plantations.
Les thèmes des territoires et des ressources naturelles sont au coeur de la question autochtone et de leurs relations avec les gouvernements, a-t-elle affirmé.

Elle a notamment insisté sur les énormes mouvements de population des campagnes vers les villes qui concernent particulièrement les autochtones, les contraignant à vivre dans des bidonvilles, justement parce qu'ils sont privés de leurs terres et des ressources naturelles qu'elles contiennent.
Au Chili par exemple, 80% des Autochtones vivent dans les villes, a-t-elle rapporté.

Insistant sur la difficulté de plaider pour les peuples et les cultures autochtones, qui sont « vraiment en danger », Ida Nicolaisen a déploré que cette cause ne semble pas attirer l'attention.
Toutefois, elle s'est félicitée que cette conférence ait grossi d'année en année, réunissant 2 500 autochtones pour cette session.

La volonté politique que chacun revendique doit se concrétiser par l'adoption de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, a estimé de son côté Hassan Id Balkassm, du Maroc.
Il a rappelé que les résistances à cette Déclaration se trouvaient principalement en Afrique (Namibie, Botswana, Kenya et Nigéria), du fait notamment que certains de ces pays n'avaient été que peu impliqués dans les 24 années de discussion à Genève sur le sujet.
Ils ont donc récemment demandé davantage de temps pour discuter de certains amendements à la Déclaration et sont juste arrivés à un consensus en la matière.

Les questions qui posent problème touchent à la définition des peuples autochtones, à leur droit à l'autodétermination ainsi qu'à leurs droits en matière de propriété foncière, a précisé Hassan Id Balkassm, soulignant la nécessité d'arriver à un consensus sur cette question avant la fin de cette session, dans deux semaines.

Interrogée sur les aspirations à l'indépendance de certaines populations de Papouasie occidentale en Indonésie, la Présidente de l'Instance a estimé qu'une Déclaration soutiendrait un début de négociation avec le gouvernement, et permettrait par conséquent d'éviter les conflits qui ne manqueraient pas d'apparaître si le gouvernement indonésien refusait toute discussion.

En savoir plus
Voir l'ensemble des déclarations à l'ouverture de la session dans le communiqué de l'ONU
Notre dossier sur les biocarburants

Auteur

Nations Unies
4 commentaires sur cette actualité !
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Gael Farigoules, Kindu. RD Congo - 18/07/2007, 13:23
Actuellemnt en mision technique en Afrique(RDC) je confirme cette inquietude. Je développe l'utilisation d'huile de palme comme carburant dans les zones isolés en grande difficulté. L'huile de palme comme carburant est un outil de développemtn tres puissant mais il faut rester méfiant quant à la concurrence avec l'alimentaire, de même pour les huiles non comestibles qui prendrons la surface agricole alors que les palmerais sont déja présente mais a rénover apres leur abandons. Je pense que la position politique locale est déterminante pour faire de ces solutions des outils de développement et non pas d'exploitation global sur le modèle neo-colonialiste actuel. Malheureusement les interêts des pays occidentaux exercent une pression énorme pour la production d'huile de palme pour la production d'EMHV, l'article est clair à ce sujet à l'exmple de la Malaisie qui en plus de déplacer les populations déboisent a hauteur de 82% uniquement pour la production d'huile.
Il faut à tout pris éviter les logiques globales intensives qui catalysent le probleme écologique et humain dont nous parlons et ceci quelque soit les produits exploités.
Gael
gaelfarigoules@yahoo.fr
D. Croisence - France - 21/05/2007, 13:42
Ce sont bien nos modèles industriels du passé et les choix qui en découlent qui ont conduit à la situation d'aujourd'hui.

Proumouvoir des solutions qui n'en sont pas à part pour quelques investisseurs agro-industriels (si possible dans les PVD et avec le fruit de nos impôts) reste tout aussi irresponsable.

En France déjà, la solution des agro-carburants est largement chahuté lors que l'on sait que le cycle d'un litre d'huile de maïs émet plus de CO2 que son homologue pétrolier.

Alors que faire des solutions "tropicales" du même type qui, à la concurrence des cultures alimentaires, ajouterait des crises hydriques et sociétales.

PS : Un anti héros qui limite largement ces déplacements en voiture.
rody, France - 16/05/2007, 11:33
Facile de critiquer mais faut-il rappeler que nous sommes au pied du mur et qu'il faut réagir.
Soit on brûle toutes les energies fossiles et on autodétruit la planète, soit on imagine d'autres solutions, qui ne peuvent pas être parfaites....la perfection n'est pas de ce monde, ça se saurait !
Si vous avez une solution parfaite, tant mieux pour vous, vous allez faire fortune sous peu et réconcilier toute la planète...le héros du XXIème siècle!!!
PS: si vous avez une voiture, ne l'utilisez pas...
D. Croisense - France - 15/05/2007, 18:08
Qui ose encore faire croire que la production "primaire" d'agrocarburants à base d'huile de palme ou de canne à sucre en grandes culture dans les PVD est un modèle acceptable sur le plan environnemental (émission CO2, consommation d'H2O... de la production) et sociétal (asservissement humain) ?
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page mise à jour le 15/05/2007, 18:08
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