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Bilan des changements climatiques : l'atténuation

11355 lectures / 1 commentaire09 mai 2007, 15 h 36

Bilan des changements climatiques : l'atténuation
Dans le cadre du quatrième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), le Groupe de Travail III vient de rendre sa contribution concernant le bilan 2007 des changements climatiques : l'atténuation des changements climatiques. Le GIEC s'est réuni pour cette occasion à Bangkok, du 30 avril au 3 mai 2007.

Cette nouvelle contribution met l'accent sur les publications récentes consacrées aux aspects scientifiques, technologiques, environnementaux, économiques et sociaux de l'atténuation du changement climatique, et parues depuis le troisième rapport d'évaluation du GIEC et les rapports spéciaux sur la capture et le stockage du CO2 et sur la sauvegarde de la couche d'ozone et le système global de climat.

Du constat inquiétant sur le réchauffement ...

Rappelons qu'un examen complet des changements climatiques observés est disponible dans le quatrième rapport d'évaluation du Groupe de Travail I du GIEC publié en février 2007. Celui ci a notamment rapporté les conclusions suivantes :
- le réchauffement du système climatique est sans équivoque, comme en attestent l'augmentation observée des températures moyennes de l'air et des océans au niveau mondial, la fonte généralisée des glaciers continentaux et l'élévation du niveau de la mer.
- Il est "fort probable" que l'augmentation des émissions anthropiques de gaz à effet de serre est responsable, dans une large mesure, de la hausse des températures moyennes mondiales depuis le milieu du 20e siècle. Il est "fort peu probable" que ce réchauffement soit imputable à la seule variabilité naturelle du climat.
- Entre 1970 et 2004 les émissions globales de gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, HFCs, PFCs et SF6) ont augmenté de 70% (24% entre 1990 et 2004),
- Au cours du siècle dernier, la Terre s'est réchauffée de 0,76 °C en moyenne, et le réchauffement s'est encore accéléré. Les 11 années les plus chaudes ont toutes été enregistrées au cours des 12 dernières années. La seconde moitié du 20e siècle a été la période la plus chaude dans l'hémisphère nord depuis au moins 1 300 ans. La température en Europe a augmenté d'environ 1 °C en une centaine d'années, et ce phénomène a été plus rapide que le réchauffement moyen de la planète.
- Dans l'hypothèse où aucune nouvelle mesure n'est prise pour limiter les émissions, les estimations les plus optimistes prévoient un nouvel accroissement de la température moyenne mondiale de 1,8 à 4 °C d'ici à 2100. La plage d'incertitude concernant l'intensité du réchauffement climatique prévu pour ce siècle est en fait comprise entre 1,1 et 6,4 °C.

Premières conclusions sur les mesures déjà prises

Face aux menaces induites par le réchauffement climatique, un certain nombre de mesures impliquant de nombreux acteurs à diverses échelles géographiques ont été prises. Elles touchent notamment à la sécurité de l'approvisionnement énergétique et au développement durable, et ont permis de réduire efficacement les émissions de GES dans différents secteurs et dans de nombreux pays. Cependant, le Groupe de Travail III, dans son rapport inique que cela n'est pas encore suffisant pour contrer la croissance globale des émissions.
Ainsi, "l'effet de la décroissance de l'intensité énergétique globale sur les émissions globales entre 1970 et 2004 (-33%) a été très inférieur à l'effet combiné de la croissance du revenu global (77%) et de celle de la population globale (69 %) ; ces deux variables déterminant la croissance des émissions liées à l'énergie".

Des scénarios ont été établis pour évaluer les émissions de gaz à effet de serre en fonction des politiques énergétiques mises en oeuvre. Ceux-ci montrent qu'en l'absence d'atténuation, c'est à dire si les combustibles fossiles maintiennent leur position dominante dans le mix énergétique global jusqu'en 2030 et au-delà, les émissions augmenteront de 25 à 90% d'ici à 2030 (9,7 et 36,7 GtéqCO2). Entre les 2/3 et les 3/4 de cet accroissement devrait provenir des pays qui ne font pas tenus aujourd'hui à respecter des quotas d'émissions.

Les potentiels ou leviers d'action

Ce défi global implique nécessairement toutes les composantes des sociétés humaines, le Groupe de Travail III note dans son résumé qu'"aucun secteur ou technologie ne peut, à lui seul, permettre de réaliser l'ensemble du défi posé par l'atténuation. Tous les secteurs contribuent à cet ensemble". C'est pourquoi plusieurs leviers d'action sont pris en compte par le GIEC qui parle de "potentiel d'atténuation" en fonction d'un niveau de référence.

- Le potentiel économique est "le potentiel d'atténuation fondé sur des coûts et bénéfices sociaux (...) en supposant que l'efficacité du marché est améliorée par les politiques et mesures et que les obstacles sont franchis." Ce potentiel économique d'atténuation des émissions globales de gaz à effet de serre, pourrait être suffisant "pour décaler la croissance des émissions globales ou pour les réduire en dessous des niveaux actuels."

- Le potentiel du marché est "le potentiel d'atténuation fondé sur des coûts privés et des taux d'amortissement privés, susceptible de se réaliser dans les conditions prévues du marché, incluant les politiques et les mesures en place, mais avec des obstacles en limitant la pénétration effective."

- Nos comportements et nos styles de vie sont "susceptibles de contribuer à l'atténuation [des émission de gaz à effet de serre] dans l'ensemble des secteurs." En effet, notre consommation au quotidien participe à la préservation ou la dégradation des ressources naturelles : "les choix faits par les consommateurs et l'utilisation de technologies, peuvent conduire à des réductions considérables des émissions de CO2 dans le domaine de l'utilisation de l'énergie dans les bâtiments".

- "De nouveaux investissements sur la production d'énergie dans les pays en développement, l'amélioration des infrastructures énergétiques dans les pays développés, et les politiques de promotion de la sécurité énergétique, peuvent dans de nombreux cas créer des opportunités de réaliser des réductions d'émissions de GES (...) Les avantages supplémentaires associés sont spécifiques à chaque pays, mais incluent souvent la réduction de la pollution de l'air, l'amélioration de la balance commerciale, l'extension de services modernes dans les zones rurales et l'emploi."

- Le secteur du transport est problématique puisque les technologies qui permettent de diminuer les émissions en carbone des véhicules sont contrecarrées par la demande du marché qui privilégie la performance et la taille. "On ne s'attend donc pas à ce que les forces du marché seules, incluant le prix croissant des carburants, conduisent à des réductions significatives des émissions." Les biocarburants, tout comme le report modal sont indiqués comme moyens performants de diminuer les émissions. Enfin, en ce qui concerne le transport aérien qui contribue actuellement à 2% des émissions mondiales de GES, "des mesures d'atténuation comme les améliorations techniques et opérationnelles, la gestion du trafic aérien et les mécanismes du marché peuvent réduire la vitesse de la croissance des émissions, mais non inverser la tendance."

- Le secteur du bâtiment présente un potentiel important puisque "les bâtiments efficaces en énergie, tout en limitant la croissance des émissions de CO2, peuvent également améliorer la qualité de l'air à l'intérieur et à l'extérieur, améliorer le bien-être social et augmenter la sécurité énergétique. Cependant, de multiples obstacles rendent difficile leur mise en oeuvre. Ces obstacles incluent la disponibilité des technologies, le financement, la pauvreté, les coûts élevés d'informations fiables, les limitations inhérentes à la conception des bâtiments et un portefeuille approprié de politiques et de programmes."

- "Les possibilités d'atténuation dans le secteur industriel se trouvent essentiellement dans les industries intensives en énergie. La pleine utilisation des possibilités d'atténuation n'est réalisée ni dans les pays industrialisés ni dans les pays en voie de développement."

- Les pratiques agricoles et sylvicoles peuvent participer, pour un faible coût, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre notamment via les puits de carbone naturels constitués par la biomasse qui constitue également un potentiel énergétique.

- La prévention, le recyclage et la valorisation des déchets de la consommation "peuvent fournir une atténuation des émissions de GES à partir de ce secteur : une large gamme de technologies mûres et efficaces pour l'environnement est commercialement disponible pour atténuer les émissions et présente des avantages connexes pour l'amélioration de la santé et de la sécurité publiques, la protection des sols, la prévention des pollutions et la fourniture locale d'énergie." Notons que les déchets ne sont responsables qu'à hauteur de 5% aux émissions globales de GES.

- Enfin, des options "comme la fertilisation de l'océan afin de soustraire directement le CO2 de l'atmosphère ou le blocage de la lumière solaire en plaçant des objets dans la haute atmosphère, demeurent largement spéculatives et non prouvées, avec des risques d'effets collatéraux inconnus."

En savoir plus

Bilan 2007 des changements climatiques : l’atténuation des changements climatiques - résumé à l'intention des décideurs (format PDF - 150 Ko)
Le changement climatique

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 09 mai 2007, 15 h 36 - Tous droits réservés

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1 commentaire

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avatar Cornic toulouse - 11/05/2007, 22:25

Il est plus que temps de réagir: il faut exercer notre pouvoir de vote pour faire pression sur les politiques et changer nos modes de consomation chacun à son niveau. Il ne faut plus voir que sur du moyen terme et agir dessuite!

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