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La taxe carbone de Nicolas Hulot : une mesure appropriée ?

10446 lectures / 18 commentaires16/04/2007, 14:29
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La taxe carbone de Nicolas Hulot : une mesure appropriée ?
crédit : © C. Magdelaine, notre-planete.info
La lutte contre le changement climatique nécessite un changement organisationnel et comportemental de nos sociétés, tous les acteurs de l'environnement s'accordent à le dire. Nicolas Hulot propose dans son Pacte écologique d'enclencher ce changement au moyen d'une taxe carbone.

Celle-ci frapperait les combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon) à proportion de leurs émissions de gaz carbonique (CO2). En intégrant le prix de ces émissions dans celui des sources d'énergie, la taxe créerait une incitation à réduire leur consommation et à recourir aux énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse...). Son taux serait régulièrement relevé afin d'atteindre une réduction par 4 des émissions de CO2 par rapport à 1990. La limitation du réchauffement global de la Terre à 2°C, seuil au-delà duquel les scientifiques estiment que des risques irréversibles de déstabilisation du système climatique peuvent survenir, exige en effet une réduction d'un « facteur 4 » des émissions de gaz à effet de serre (GES) des pays industrialisés d'ici 2050. Cet objectif est inscrit en France dans la loi POPE du 13 juillet 2005 (loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique).

Le Protocole de Kyoto établit une première limite aux émissions mondiales de six GES : dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), oxyde nitreux (N2O), et trois gaz industriels (PFC, HFC, SF6). Il fixe un objectif de réduction d'environ 5% des émissions des pays industrialisés, par rapport au niveau de 1990, à atteindre au cours de la période 2008-2012. Cet objectif est réparti entre chaque pays (l'objectif de – 8% que s'est fixée l'Union européenne est décliné en un objectif de stabilisation pour la France). L'enjeu de l'accord « post 2012 » consiste à renforcer la « contrainte carbone » à laquelle sont soumis les pays industrialisés, mais aussi à l'étendre aux pays en développement, tout du moins aux principaux producteurs de GES (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud).

Tous les secteurs de l'économie sont réglementés au titre du Protocole de Kyoto (énergie, y compris transport, procédés industriels, utilisation de solvants et autres produits, agriculture, déchets). Ils doivent par conséquent limiter leurs émissions afin de contribuer au respect des engagements internationaux pris par les Etats. Administrations, collectivités territoriales, agriculture, pêche, industrie, services et ménages seraient ainsi soumis à la taxe carbone. Mais est-ce vraiment la mesure la plus appropriée ?

La taxe carbone est un impôt indirect sur les produits et services, dont le montant dépend de la quantité de CO2 dégagée lors de leur production ou de leur consommation. Son efficacité environnementale dépend de son assiette de prélèvement ainsi que de son taux. De la même manière que les taxes existantes sur les sources d'énergie fossiles (TIPP, TVA…) auxquelles elle s'ajoute, la taxe carbone prévoirait inévitablement des exonérations ainsi que des taux d'abattement en faveur des secteurs les plus soumis à la concurrence. Des doutes peuvent donc être émis au sujet de l'efficacité environnementale de cet instrument.

Les réductions d'émission de CO2 qui résulteront de l'instauration d'une taxe carbone sont incertaines, puisqu'elles dépendent de la réaction des agents économiques face au « signal prix » sur les émissions fixé par l'Etat. Or ce dernier a contracté au titre du Protocole de Kyoto une « dette d'émissions », c'est-à-dire une obligation de non dépassement d'une quantité définie d'émissions de GES. Le cas échéant, l'excédent d'émissions, majoré de 30%, est retiré de la quantité autorisée au cours de la période d'engagement suivante. Une taxe carbone à efficacité limitée pourrait être à l'origine de cet excédent.

Pour s'acquitter de leur dette d'émissions, les Etats doivent restituer fin 2012 à la communauté des Etats parties au Protocole de Kyoto des unités carbone à hauteur des émissions générées sur le territoire national au cours de la période d'engagement. Cela implique pour eux de mettre en place des politiques et mesures de réduction des émissions, afin de ne pas dépasser leur « budget carbone ». Ce budget peut être dépassé si les émissions excédentaires sont compensées par l'achat d'unités carbone. Le recours aux trois mécanismes de flexibilité établis par le Protocole de Kyoto, dont la mise en œuvre repose sur la création d'un marché, facilite l'acquittement par les Etats de leur dette. Il leur permet de se procurer la quantité de « monnaie carbone » nécessaire au respect de leur obligation internationale en achetant des réductions d'émission réalisées par d'autres Etats en deçà de leur objectif Kyoto (système de droits échangeables), ou en finançant des projets de réduction des émissions sur le territoire d'autres Etats, industrialisés (mise en œuvre conjointe) ou en développement (mécanisme pour un développement propre). La « valeur carbone », correspondant au coût de réduction de l'émission d'une tonne de GES exprimés en CO2, est reflétée par le jeu de l'offre et la demande sur le marché. C'est en fonction de cette valeur carbone que les Etats décident s'il est plus opportun sur le plan économique de réduire les émissions sur le territoire national et de vendre les éventuelles réductions d'émissions excédentaires, ou d'acheter des réductions d'émission sur le marché international.

Des entités juridiques peuvent être des acteurs du marché du carbone si elles sont autorisées par l'Etat dont elles relèvent à participer aux mécanismes de flexibilité. Cette autorisation consiste pour ce dernier à leur déléguer la responsabilité d'une partie de son obligation en matière de limitation des émissions. Le fait que des systèmes nationaux d'échange de droits d'émission soient mis en place ou le seront prochainement par la plupart des Etats (y compris l'Australie et 15 Etats fédérés des Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié le Protocole de Kyoto) atteste d'une harmonisation progressive de la régulation juridique des émissions de GES par les mécanismes de marché. Ces systèmes s'appliquent principalement aux industries fortement consommatrices d'énergie fossile. L'évolution du prix du quota sur le marché européen du carbone créé en 2005 a cependant démontré que l'efficacité environnementale de cet instrument de politique publique dépend des objectifs de réduction des émissions fixés par les autorités publiques.

La question qui se pose à présent est de savoir comment réguler les émissions des sources dites « diffuses » (transport, résidentiel, tertiaire, agriculture), générées pour l'essentiel par chacun d'entre nous dans le cadre de notre vie personnelle et professionnelle. Alors que la régulation de ces émissions par des systèmes de droits échangeables commence à être envisagée au niveau national et européen, cette alternative à la taxe carbone est rapidement écartée en raison de la complexité de sa mise en œuvre. Il est tellement plus simple de taxer plutôt que d'innover !

L'établissement d'un système de droits échangeables consiste pour l'Etat à soumettre des agents économiques à une obligation de réduction des émissions. Cette obligation, fixée à l'avance pour une certaine période, peut être énoncée par un système de permis ou de crédits. Dans le cadre d'un système de permis, modalité envisagée par le Royaume-Uni, une limite est fixée aux émissions de l'ensemble des participants par l'allocation d'une enveloppe globale de droits d'émission. Ces permis doivent être restitués à l'Etat à hauteur des émissions de chacun des participants, indépendamment de la quantité allouée. Ceux qui dépassent leur « quota » d'émissions doivent se procurer des droits d'émission auprès de ceux qui ont réduit leurs émissions au-delà de l'objectif qui leur est fixé. Les comportements vertueux sont ainsi récompensés, tandis que les comportements intensifs en carbone sont pénalisés. Dans le cadre d'un système de crédits, tel que le mécanisme de projets domestiques récemment établi en France, des unités carbone sont délivrées à hauteur des réductions d'émission réalisées au-delà d'un niveau de référence. Cet instrument crée une incitation positive à la réduction volontaire des émissions.

L'efficacité environnementale d'un système de droits échangeables dépend du niveau des objectifs de réduction des émissions à atteindre, de leur portée juridique (contraignants ou non) ainsi que des modalités de participation (volontaire ou obligatoire). Elle dépend également de la précision et de la fiabilité de la surveillance des émissions générées par les acteurs du système. C'est sur la base de cette « comptabilité carbone » que des droits d'émission sont débités (système de permis) ou délivrés (système de crédits) sur le « compte carbone » des participants.

La comptabilisation des émissions des sources diffuses peut être réalisée au moment du paiement des produits et services acquis pour la satisfaction des besoins en matière de transports, de chauffage, d'électricité, et possiblement d'alimentation. Ceci suppose d'afficher un indicateur carbone. La réalisation d'une « traçabilité carbone », prenant en compte les émissions inhérentes à la production et la distribution des produits et services, est un préalable à l'indication de leur teneur en carbone

Le « bilan carbone » de chacun des participants au système peut être réalisé par une « carte carbone », outil d'enregistrement de la teneur en carbone de leurs achats. Cette carte facilite l'administration du système d'échange, et permet à son porteur de connaitre sa position face à son objectif de réduction des émissions. Une « carte d'épargne durable » est d'ailleurs le support de mise en œuvre des systèmes d'incitation positive à l'adoption de comportements vertueux établis dans plusieurs villes en Europe (Amsterdam, Rotterdam, Göteborg, Overpelt).

D'importantes ressources doivent être mobilisées pour la lutte contre le changement climatique. Celle-ci requiert des changements structurels dignes de la reconstruction d'après guerre (adaptation des infrastructures publiques en matière de logements, de transports, d'urbanisme...) ! La croissance de l'efficacité énergétique et des énergies non émettrices de CO2 suppose de nouveaux mécanismes financiers et économiques.

L'écotaxe et le système de droits échangeables permettent d'obtenir un double dividende économique. Dans le premier cas, les ressources financières sont affectées à l'Etat (d'importantes recettes fiscales sont escomptées de la taxe carbone). Dans le second cas, les acteurs d'un système de droits échangeables obtiennent des ressources par la vente sur le marché des réductions d'émission réalisées au-delà de l'objectif qui leur est fixé. L'Etat n'est pas impliqué dans ces transactions. Il peut cependant obtenir des recettes financières en prélevant une partie de la valeur carbone dégagée par les participants au système.

Dans le cadre du mécanisme de projets domestiques, la Caisse des dépôts, détentrice des actifs carbone de l'Etat, prélève 10% des réductions d'émission au titre de la « contribution à l'effort de la France ». De même, une part de 2 % de la valeur des crédits obtenus par la réalisation d'activités de projet dans le cadre du mécanisme pour un développement propre est affectée au Fonds pour l'adaptation au changement climatique, destiné aux pays les plus vulnérables à ses effets. Une collectivité qui s'engage volontairement à réduire ses émissions pourrait ainsi décider d'instituer un prélèvement supplémentaire à celui de la Caisse des dépôts. Ce prélèvement sur la valeur carbone dégagée par ses administrés pourrait être destiné par exemple au financement de nouvelles infrastructures. Dans l'hypothèse où un système obligatoire de crédits carbone serait mis en place, il s'agirait d'un prélèvement obligatoire en monnaie carbone. Chaque acteur du système aurait ainsi un minimum de résultats carbone à réaliser afin de s'acquitter de ce prélèvement, tout en disposant d'une certaine marge de manœuvre en faisant appel au marché.

Le système de droits échangeables peut être envisagé comme une fiscalité plus progressive que la taxe : les ménages les plus aisés, qui émettent plus que la moyenne, achètent des droits d'émission aux plus modestes. Des mesures d'accompagnement spécifiques en faveur de ces derniers, telles que l'isolation des logements, sont cependant nécessaires.

Le changement climatique est une réalité, ses effets se font ressentir. Un choc pétrolier se profile en raison de la croissance de la demande mondiale d'énergie. Le processus de réduction des émissions de GES et de la dépendance énergétique doit donc être enclenché dès à présent.

Auteurs
Christophe RICHARD, Consultant en stratégie, président de Climater
Sandrine ROUSSEAUX, Chargée de recherche au CNRS, CERP3E, secrétaire de Climater

En savoir plus
Le Pacte écologique de Nicolas Hulot
Notre dossier sur le changement climatique

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18 commentaires sur cette actualité !

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commentaire minelle Saône et Loire - 04/11/2008, 01:09
Il existe déjà un moteur à eau. Pourquoi le gouvernement ne fait rien pour le produire. Sinon, il y a un système pour faire fonctioner les moteurs actuels à eau, mais celà n'est pas reconnu par les assurances ???
commentaire jeanmi Metz - 21/09/2008, 08:01
C'est toujours aux même de faire des efforts !
Mais comment fait la famille modeste pour réduire la quantité de co2 ? Elle n'a pas les moyens de changer de voiture tous les 2 ans, d'investir dans un nouveau système de chauffage, de payer des produits courants plus cher parce que moins polluant .
Et pour moi il est hors de question que je fasse 40 km aller retour en vélo pour aller travailler et que je paye des taxes sur des produits courants (j'ai la chance d'habiter pas loin de l'allemagne où beaucoup de produits sont moins cher ).

Ca me révolte, avec les écolos ont ne feraient que payer des taxes. Voilà une raison pourquoi je ne voterai jamais pour des verts !
commentaire alex, vendôme - 11/06/2008, 17:50
On peut ici s'apercevoir que dès que cela touche à notre train de vie, tout devient plus compliqué: "lui fait pire; c'est aux politiques d'agir..."
Bref: on veut bien mais pour les autres... c'est navrant !
commentaire istres - 02/11/2007, 11:37
dans les stations d'essence on trouve le gazoil sans souffre dit plus propre(plus cher que le normal) pourquoi nicolas hulot( mr propre)ne dit 'il pas au gouvernement de faire en sorte de le taxer moins et faire un effort pour que les gens roule avec celui la,
plutot que de s'en foutre plein les fouilles
avec leurs taxe,
commentaire entressen - 02/11/2007, 11:12
quand nicolas hulot vas se promenersoit disant pour voir la planéte qu'il se sert
d'helicoptére camion etc...est ce qu'il paye un impot
qu'il y aille a pied au moins ca prouvera que c'est un ecolo et si il se fait bouffer par un lion ou un crocodile tant mieux,car il sent fou de la planette il ne regarde pas qu'il ya des jeunes(interim ou autre)qui ne gagne que le smic et qui sont obligés de rouler avec des poubelles et qui font 20 ou 30 km pour aller travailler
commentaire strasbourg - 30/10/2007, 19:41
Je suis pour la taxe carbone !

Allez sur le site de jean marc Jancovici pour vous faire une idée www.manicore.com

un smicard...
commentaire Muller, 34, Caux - 26/10/2007, 09:36
Bonjour,
Est-ce que la taxe carbone serait instaurée sur les panneaux photovoltaiques, qui au moment de leur fabrication consomme évidement de l'énergie mais ensuite et durant plus de 30 ans, n'en consmmment plus mais produisent de l'électricité sans CO2 ou autre polluant, si vous voulez que les particuliers réalisent des investissements dans les énergies renouvelables, il ne faut pas instaurer de taxe carbone sur des produits (qui ont certes produit du CO2 lors de leur fabrication mais par la suite feront le contraire) sinon, vous allez les dissuader de le faire, hors ce qui compte maintenant c'est que chaque foyer suivant ses moyens (avec des aides de l'Etat bien sur) puissent devenir autonomes en production d'energies, à mon avis, il n'y a que comme cela que l'on s'en sortira.
Perso, je viens de finir une installation solaire thermique combinee SSC, et bientot je serai producteur d'électricité avec des PV pour 2720Wc, de ce fait, je serai independant de par ma production du surplus revendu à EDF, j'aurai meme un bénéfice qui fera que je ne paierai plus d'énergie pour chauffer ma maison.
En tout cas depuis que l'installation solaire thermique fonctionne 100% de mon ECS est gratuite.
Avec les aides et crédit d'impot, j'aurai dépensé quand même 14.000€, ce qui correspond au prix d'une voiture et je ne produirai presque plus de CO2, juste un peu l'Hiver pour me chauffer au gaz, le solaire étant un appoint dans le domaine du chauffage.
commentaire lavignac vincent Quimper - 25/10/2007, 20:34
Nicolas Hulot est certainement un nanti qui plane bien au dessus des réalités du quotidien des français qui se demandent comment ils vont boucler leurs fin de mois. Ces Français qui aimeraient sans doute rouler plus propre avec des voitures mieux équipées,mais qui n'ont d'autres choix que les annonces d'occasions à moins de 2000 euros. Encore une fois la taxe carbone est une mesure qui ne concerne pas les riches qui sont les plus gros pollueurs de la planéte, et ce sont encore les faibles revenus qui vont trinquer, ils n'ont qu'a taxer les gros 4x4, mais que pése un pauvre face au loby de l'industrie automobile? Une fois de plus on l'a dans l'oignon!
commentaire luigiN, PAU - 25/10/2007, 09:57
Assez du terrorisme vert ! encore et encore des impôts et des taxes et peu importe que ce soit le particulier qui paye (dans tous les cas c'est lui au bout de la chaîne financière) ou les entreprises qui repercuteront les taxes sur leur prix et seront encore moins conccurentiels au niveau mondial. résultat fermeture, chomage supplémentaire etc.. LA SOLUTION NE PEUT-ËTRE QUE GLOBALE ET MONDIALE SINON MORT AUX CONS ISOLES !
commentaire bernard antes - 25/10/2007, 08:30
d'accord il faut commencer par quelquechose! pourquoi la FRANCE seule, a quoi sert l'EUROPE? que represente la france seule sur le plan mondial?pourquoi ne pas prendre l'argent sur les taxes petrolieres que l'automobiliste paie a la pompe et qui augmentent sans cesse et sans raison? va t on supprimer les droits de polluer que certaines entreprises achetent a d'autres?toutes ces questions ne sont pas mises sur la table, on prefere faire payer le consommateur; autre chose, toutes les personnes qui frequentent les plateaux de television sont meme en hiver bras nus et en tee shirt ,les studios etant surchauffes! de qui se moque t on? tout ce projet ne fait que culpabiliser le consommateur mais les plus gros pollueurs ne sont pas inquietes; le medef veut bien faire des efforts mais veut une contrepartie financiere! et quoi encore! pourquoi ne pas se servir dansleur caisse noire de plusieurs million d'euros !
commentaire Saint Germain en Laye - 17/10/2007, 00:06
Comme le rappelle très justement Quentin de Nantes, il existe un prodigieux décalage entre ce qu’il faudrait faire (pour consommer moins de CO²) et ce qui ce fait effectivement, par tout un chacun.

Je veux dire, pas uniquement des actions réalisées par les seules militants de quelques organisations vertes, encore très largement considérés aujourd’hui come des "originaux", mais bien par la MAJORITE des français.

Aujourd’hui, pour la grande majorité des français (et des autres nations) la possibilité que l’énergie vienne à manquer est une idée tellement globale, abstraite et irréelle, si elle est seulement acceptée, qu’elle n’entraine absolument AUCUNE action pratique, ou extrêmement limitée.

Pour remédier à cela il faudrait RENDRE PRESENTE l’ENERGIE DANS NOTRE VIE DE TOUS LES JOURS, pour TOUS.
Une manière simple de le faire serait de créer une information CO², lisible et visible, pour CHAQUE produit ou service vendu en France. Ce serait, pratiquement, une information concernant l’énergie qui a été, ou qui serait nécessaire, si le produit ou service n’est pas encore réalisé, pour fournir le produit ou le service en question. Bien sur cette information serait imparfaite, mais, dans un premier temps, il est urgent de SENSIBILISER les gens, de manière à ce qu’ils puissent percevoir EUX MEMES, et AVEC LEUR ENTOURAGE (pour éviter d’en faire des "originaux"), s’il consomment à "haute énergie" ou à basse énergie". Par exemple :
Un Yaourt blanc nature produit en France, serait indiqué comme 40gr. de C0².
Un Yaourt au chocolat et la crème, importé des états unis, serait indiqué comme 120gr de CO².
Un kilo de Pomme française locale, en Septembre, serait indiqué comme 2gr de CO².
Un kilo de kiwi de Nouvelle Zélande (transporté par avion), à la même époque, serait indiqué comme 3050 gr de C0².
Ces valeurs, certainement non exactes, ne sont données qu’à titre d’exemple, de manière à illustrer le fait que ces informations peuvent alors beaucoup plus facilement guider tout un chacun dans les micros actions et micros choix de tous les jours.
Bien sûr, cet "équivalent énergie" serait applicable à tout produit, service, ou utilisation (voiture, trajet avion, Vélib, ordinateur, Mc Do, pompe à vélo, coiffeur, séjour en Martinique, vol en Montgolfière, téléphone portable, SMS, tour de manège, une bière, 1 expresso, lessive, lumière allumée, téléviseur, utilisation du téléviseur, canapé, prendre l’ascenseur, ou l’escalator, ...)
Chaque produit serait répertorié, comme cela est déjà pratiqué pour les médicaments par exemple.
Chaque produit serait listé, à la caisse des magasins (ou sur lieu de vente, physique ou virtuel).
Au supermarché, après avoir vidé le caddy à la caisse, sur la facture finale, avec la somme en € apparaitrai AUSSI la SOMME en gr (ou plutôt en KG d’ailleurs) de CO².

Chacun serait alors à même, après chacun de ses achats de :

- Mesurer sa trace énergétique.
- Comparer sa trace à celle de la semaine précédente
- Essayer de comprendre ce qui à fait augmenté ou diminuer sa trace
- Comparer sa trace avec celle de son voisin, et en discuter.
- Comprendre la relation entre un produit et la consommation en CO², avec ses moyens et selon ses intérêts particuliers.

Il me semble que les grandes discussions sur les évolutions planétaires ont touché, et convaincu, ceux qui devait et pouvaient l’être.

Espérer convaincre plus de monde avec ces mêmes présentations globales est à mon sens illusoire.

Il est temps de convaincre en douceur une plus large portion de la population.
La "voie du Yaourt" manque sans doute de panache, par rapport à la voie, intellectuellement satisfaisante, de l’impact planétaire global, mais c’est la seule qui arrivera à toucher la plus grande partie de la population.

Reste à opérer de manière acceptée, mais sans tarder.

Dans un deuxième temps, cette information peut très bien devenir une base de taxation.


Frédéric ROSSET
commentaire Jacques, Paris - 06/07/2007, 09:12
Ben oui bien sur !
Le consommateur ne doit faire aucun effort, c'est bien connu, tout est la faute des industriels !
Lamentable.
commentaire Campana Messeix - 22/06/2007, 20:13
C'est vraiment du n'importe quoi, je fait 5000Km/mois pour mon travail, je me vois mal les faire a vélo! Il faut voir niveau des constructeurs et non des utilisateurs qui subissent....
commentaire Quentin, Nantes - 21/05/2007, 08:58
Le gouvernement ne fait que faire ce que lui demande les électeurs.
Que demandent les électeurs ?
Avoir tous une voiture, avec de l'essence pas chère, de la viande tous le jours, des téléphones portables, de l'électroménager pas cher...ah oui, et accessoirement rejejeter moins de CO2...
Même le niveau de vie des bas salaires (qui ont tous ce qui est cité ci-dessus) est inappplicable à 6 milliards de personnes.
Ne croyez-vous pas qu'il est un peu facile de ne rien vouloir changer à ses habitudes et de s'en remettre aux politiques (que l'on choisit) ou aux scientifiques ? Cette communauté internationale dont vous parlez, ce n'est ni plus ni moins que tout un chacun ! Si demain nous décidons tous que notre priorité est de rejeter mins de CO2, les gouvernement feront ce qu'il faut pour !
Quant aux scientifiques, cela fait longtemps qu'ils font ce qu'il faut : les voitures actuelles sont beaucoup plus propres que celle 'il y a quelques années, mais comme le pétrole n'aumente pas (son prix a été divisé par 3 en 50 ans) , il y en a plus et on s'en sert plus.
Il faut bien se mettre dans la tête que la voiture propre est une vue de l'esprit et que la seule énergie propre c'est celle qu'on ne consomme pas.
commentaire Fabien FERT 26 (drôme) - 09/05/2007, 09:59
Bonjour,
Nous savons que la taxe carbone va dégager des ressources fiscales énormes. Pensez-vous que les priorité du nouveau gouvernement soient vraiment l'écologie ??? (il ne faut pas se voiler la face, un gouvernement qui est en faveur du nucléaire, des OGM, de l'agriculture intensive, et pour l'argent roi, ne va pas financer des recherches dans le domaine de l'écologie, pas à la hauteur des besoins en tout cas.)
Mais nous savons aussi que cela va augmenter le prix de produits donc pénaliser les plus bas salaire. Car si les plus bas salaire se servent dans les magasins "Discount", c'est par nécessité. Alors le seul moyen d'orienter les consommations de masse sur les produits "durables"... c'est de les rendre moins cher que les autres !!! (que va faire le gouvernement dans ce sens ? réduire les charges des producteurs bio.... ???)

Rappelons nous que dans les années 40, les chercheurs nucléaires on eut des budgets illimité pour mettre au point la bombe nucléaire... (chose faite en moins de 4 ans). Ne pensez vous pas que si la communauté internationnale (les politiques) le voulaient vraiment, nous pourrions déjà rouler propre depuis longtemps.... et oui... les enjeux économique et politique (OPEP, Etats unis, Europe, etc..) sont trop important pour changer notre mode de consommation énergétique...
commentaire Neige, Ardèche - 20/04/2007, 15:45
Je suis toujours étonnée du fossé entre l'image qu'on se fait de la consommation des "plus modestes" et de la réalité que je vois autour de moi : pour payer moins cher, ceux-ci achètent la plupart du temps dans des grandes surfaces "discount" des produits venants de loin, produits souvent sans normes environnementales (ni sociales) et très émetteurs de CO2. je sais, ce ne sont pas les gros 4x4 pollueurs, mais ce la peut être une vieille R21 qui consomme... ou une maison mal (ou pas) isolée pa manque d'argent.
les exemples dans ce sens sont plétores et je tiens à préciser que je ne veux en aucun cas culpabiliser ces gens (d'autant que ma vieille mazda...!!). c'est simplement un réalité et il faut absolument trouver le moyen d'avoir des aides à distribuer pour ces personnes. je crois que la taxe carbone serait alors une bonne chose pour impliquer CHACUN car il est de la responsabilité de chacun de baisser consommation + émissions.
commentaire association Roue Libre LORIENT - 18/04/2007, 19:14
çà fait 20 ans que 50% des déplacements se font sur moins de 3.5km avec une personne seule dans sa voiture et çà fait 20 ans que plein de personnes très instruites (mais pas assez courageuses ou trop bien habillées) proposent des mesures très compliquées pour s'en sortir au niveau énergétique et GES. Depuis 15 jours il fait très beau. Combien d'entre vous ont fait leur trajet domicile-boulot en vélo?
commentaire Kilroy, Val de Marne - 16/04/2007, 15:57
Les propositions effectuées par Nicolas Hulot découlent à priori des observations et recommandations de Jean Marc Jancovici (bien décrites dans son livre 'le plein s'il vous plait')
Jancovici a examiné les avantages et inconvénients de la plupart des systèmes de régulation des émissions de carbone. Pour lui, un système de droits échangeables aurait pour inconvénients d'être coûteux à implémenter et de ne pas être assez incitatif.
La taxe carbone mettrait probablement du temps à produire ses effets car elle devra être progressive pour être acceptée et la demande d'énergie est tout sauf élastique. L'avantage d'une telle mesure est qu'elle dégagerait d'importantes ressources fiscales qui permettraient de financer des projets pour rendre la transition vers l'après pétrole moins douloureuse. La taxe jouerait le rôle d'orientation de tous les choix énergétiques futurs.
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