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Les mesures environnementales de Dominique Voynet

4195 lectures / 1 commentaire14/04/2007, 15:54
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Les mesures environnementales de Dominique Voynet
Le 22 avril 2007, les électeurs français seront appelés à élire leur nouveau président de la République. A ce titre, nous vous proposons un coup d'oeil critique sur les principales mesures environnementales des candidats à l'Elysée. Nous terminerons notre ordre alphabétique avec Dominique Voynet représentante des Verts.

Méthode
Cet article est le dernier d'une série de douze (un par candidat) analyses succinctes et synthétiques des mesures environnementales de chacun des prétendants à la présidence de la République française.
Cette série d'articles a un double objectif :
- lister les principales orientations environnementales du programme politique que les candidats défendent,
- critiquer (positivement et négativement) les mesures dégagées sous un angle environnemental, de manière la plus indépendante et objective possible (ce qui est bien sûr impossible).
Nous nous garderons bien de noter les programmes des candidats, même si l'exercice de communication est tentant et déjà exploité par d'autres. En effet, l'environnement, comme la politique sont des domaines très complexes et toute note serait forcément réductrice.

Ainsi, nous espérons apporter un petit éclairage supplémentaire aux électeurs dont l'écologie est une préoccupation sérieuse.
Nos observations sont présentées avec une police en italique, tandis que les mesures restent en police normale.

  • Permettre à chacun de consommer moins et de consommer mieux.
    Une proposition révolutionnaire en contradiction avec les objectifs actuels de notre société de consommation. Pourtant, c'est bel et bien la véritable solution à mettre en oeuvre notamment relayée de plus en plus par les hauts responsables politiques internationaux.

  • Dépenser moins pour sa voiture en prenant les transports en commun, pour son chauffage grâce à l'isolation de sa maison, etc... C'est autant de pouvoir d'achat en plus pour consommer des produits respectueux de l'environnement et des producteurs comme ceux de l'agriculture biologique ou du commerce équitable.
    Effectivement, les économies réalisées sur ces postes permettront d'augmenter le pouvoir d'achat pour des produits plus "verts". Encore faut il que le consommateur le souhaite, ce qui est loin d'être évident.

  • Contrôler la place occupée par la publicité dans l'espace public pour diminuer la pression de la société de consommation sur chacun d'entre nous...
    Crucial pour lutter contre la schizophrénie du citoyen tiraillé entre le bon sens écologique et le besoin superflu.

  • Favoriser les entreprises qui respectent les exigences du développement soutenable et taxer celles qui ne s'en préoccupent pas, en conditionnant les aides publiques et les exonérations de cotisations sociales au respect de conditions sociales et environnementales.
    Nous noterons l'emploie de l'adjectif "soutenable" et non pas "durable". Cela dit la mesure va dans le bon sens.

  • Un grand plan d'isolation des logements créateur de plus de 100 000 emplois (source Negawatt), le développement des énergies renouvelables générateur de près de 250 000 emplois (source Commission Européenne), le développement de l'agriculture biologique source de 90 000 emplois supplémentaires (source FNAB). Soit un total de plus de 400 000 emplois créés tout en contribuant à résoudre la crise environnementale.
    N'oublions pas que la prise en compte des problématiques environnementales est fortement génératrice d'emplois. Les trois mesures évoquées sont indispensables.

  • Mettre en place une « taxe-carbone » sur toutes les émissions de gaz à effet de serre ; cette taxe sera modulée : elle sera faible sur les besoins de première nécessité (chauffage) et forte sur les grosses consommations de pétrole (transport routier).
    La taxe carbone est un instrument qui permet d'inclure dans le prix des biens de consommation les émissions en CO2 induites de par leur production, consommation et traitement en tant que déchet. L'efficacité de cette mesure est très incertaine et inégalitaire puisque les plus faibles revenus seront les plus touchés. "Le crédit d'émission carbone" semble plus pertinent en fixant un objectif de réduction des émissions tout en favorisant les plus petits revenus.

  • Créer une vignette auto sur le modèle du « bonus-malus » : bonus pour les petits véhicules propres et malus pour les gros véhicules polluants (grosses cylindrées, 4x4...)
    L'efficacité n'est pas garantie, à moins que la taxe soit véritablement prohibitive.

  • Financer massivement la rénovation et le développement du transport par rail (trains régionaux, fret, TGV...) par le produit de cette « taxe-carbone » et la ré-affectation des budgets prévus pour des projets routiers (autoroute A51, A1 bis…), projets qui seront abandonnés.
    Les infrastructures routières sont effectivement suffisantes en France, par contre le rail mérite d'être soutenu et motivé pour s'impliquer davantage dans le transport de marchandises.

  • Aider à l'isolation de 500 000 logements anciens par an et rendre obligatoires les critères « Haute Qualité Environnementale » pour les constructions neuves.
    Des mesures louables, attention à la HQE qui peut-être plus ou moins bien appliquée et qui mérite encore d'évoluer.

  • Equiper 1 million de bâtiments en panneaux solaires en 5 ans (maisons, immeubles…)
    Effectivement ! Pourquoi ne pas profiter de la place importante délaissée sur les toits pour y installer massivement des systèmes de production d'énergie plus propre et décentralisée ? Attention, toutefois, à la pénurie actuelle de silicium pour les panneaux solaires.

  • Abandon du projet de centrale nucléaire EPR pour consacrer ce budget de 3 milliards d'euros à la recherche sur les énergies renouvelables et les éco-technologies. Réduire par étapes la production d'électricité nucléaire pour fermer toutes les centrales d'ici à 2030.
    L'EPR mérite une vraie réflexion sur sa place dans l'avenir énergétique de la France. De plus, assurer un relais au nucléaire via les énergies renouvelables ne peut s'entendre qu'avec une baisse de notre consommation électrique.

  • Arrêter progressivement l'incinération des déchets qui produit des gaz à effet de serre en réduisant la quantité de déchets à la source et en rendant le tri et le recyclage obligatoires.
    L'incinération permet également d'éviter des émissions en gaz à effet de serre puisque la chaleur est valorisée pour le chauffage ou l'électricité. Cela dit, la prévention est la première solution.

  • Diminuer par 4 les émissions de gaz à effet de serre en 30 ans ce qui veut dire les réduire de 20% dès les 5 prochaines années.
    C'est plus que le facteur 4 dont l'échéance est à 2050, il s'agit là d'une mesure "révolutionnaire", c'est à dire pas seulement "formidable" et nécessaire mais qui sera très difficile à mettre en oeuvre.

  • Intégrer l'écologie scientifique dans les programmes scolaires de l'école primaire à l'université et soutien aux actions de sensibilisation aux éco-gestes pour les publics adultes.
    Indispensable pour accompagner le changement de société.

  • Réforme profonde de la PAC (Politique Agricole Commune de l'Europe) pour favoriser l'agriculture durable et biologique avec arrêt immédiat des cultures OGM.
    Sans doute la meilleure solution.

  • L'interdiction dans l'agriculture, l'industrie ou les produits ménagers de toute substance chimique reconnue comme dangereuse pour la santé et l'environnement.
    Proposition indispensable et pourtant peu évoquée ou partiellement par les autres candidats.

  • Généraliser l'utilisation de produits bio dans la restauration collective (cantines scolaires, restaurants d'entreprises, maisons de retraite, hôpitaux...) pour assurer la conversion de 25% des terres agricoles à la culture biologique.
    Lorsque l'on sait combien la restauration collective est antinomique de développement durable (fruits hors saisons, espèces menacées et exotiques proposés, nourriture congelée immangeable...) la mesure est d'autant plus appréciable.

  • Créer un poste de Vice-Premier Ministre chargé du développement durable : il aura autorité sur l'ensemble des ministères pour vérifier la cohérence et la compatibilité de toutes les décisions politiques avec le développement durable.
    Une proposition notamment soutenue par Nicolas Hulot et qui replace l'environnement au coeur de toute action politique.

  • Renforcer les moyens de protection des espaces naturels fragiles : loi littoral, loi montagne, conservatoire du littoral, parcs nationaux, parcs naturels et accompagner les projets (Calanques de Marseille, zones Natura 2000 en Camargue..)
    La France particulièrement en retard sur ce sujet doit préserver ses richesses paysagères et environnementales.

  • Créer une Organisation des Nations Unies pour l'Environnement.
    Cette instance souhaitée également par le président actuel (Jacques Chirac) apparaît comme primordiale dans un monde où les problématiques environnementales sont devenues globales

Les thèmes qui font défaut ou sont trop faiblement exprimés dans le programme du candidat
Dans le désordre :
  • la lutte contre la pollution de l'air
  • la lutte contre le bruit et la pollution lumineuse
  • l'adaptation au changement climatique et la gestion des risques
  • le bien-être animal
Avertissements
Les mesures reprises sur cette page émanent directement du programme politique officiel du candidat, il n'y a pas de mesures cachées, sous-entendues ou vaguement prononcées au détour d'une caméra. De surcroît, nous ne prétendons pas à l'exhaustivité, le programme du candidat peut avoir des conséquences environnementales de par ses choix dans d'autres domaines.
Notre analyse ne porte que sur les principales mesures environnementales des programmes. N'oublions pas qu'un programme politique doit concilier un certain nombre d'objectifs qui ont attrait à diverses thématiques.
Enfin, notons bien que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, ce qui signifie qu'il faut aussi relativiser la portée et la concrétisation des mesures préconisées par les candidats.

Conclusion de ce panorama
Force est de constater que l'environnement n'est pas encore sérieusement intégré dans les programmes de la plupart des partis politiques. A ce titre, l'écart est considérable entre les partis "mono-orientés".
Enfin, les grands partis restent relativement timides sur ces questions tout en ayant intégré quelques mesures du pacte de Nicolas Hulot : un compromis électoral judicieux mais qui ne sert pas l'urgence des mesures dans ce domaine.

En savoir plus
Site Internet officiel de la campagne de Dominique Voynet.

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Auteur

Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)

1 commentaire sur cette actualité !

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ESCAFIT MONTPELHIÈR - 16/04/2007, 20:46
avec un véritable projet de fédéralisme démocratique et des positions tout à fait claires pour la promotion des langues de la République autres que le français, Dominique Voynet est à mes yeux la meilleure représentante d'un projet écologiste et social respectueux de la diversité linguistico-culturelle, même si certains points de son programme méritent débat (en particulier sur les perspectives de remplacement de l'électro-nucléaire actuel en tenant compte des inconvénients majeurs des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz): avant de pouvoir arrêter des centrales nucléaires "obsolètes" et pour pouvoir gérer pacifiquement les stocks de plutonium qu'elles génèrent, il faut prévoir un programme transitoire crédible, priorisant des économies d'énergies qui demandent un délai assez long (renouvellement en particulier de l'habitat) pour avoir des effets significatifs)...
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