Le 22 avril 2007, les électeurs français seront appelés à élire leur nouveau président de la République. A ce titre, nous vous proposons un coup d'oeil critique sur les principales mesures environnementales des candidats à l'Elysée. Nous suivrons notre ordre alphabétique avec Nicolas Sarkozy représentant de l'Union pour un Mouvement Populaire.
Méthode
Cet article est le dixième d'une série de douze (un par candidat) analyses succinctes et synthétiques des mesures environnementales de chacun des prétendants à la présidence de la République française.
Cette série d'articles a un double objectif :
- lister les principales orientations environnementales du programme politique que les candidats défendent,
- critiquer (positivement et négativement) les mesures dégagées sous un angle environnemental, de manière la plus indépendante et objective possible (ce qui est bien sûr impossible).
Nous nous garderons bien de noter les programmes des candidats, même si l'exercice de communication est tentant et déjà exploité par d'autres. En effet, l'environnement, comme la politique sont des domaines très complexes et toute note serait forcément réductrice.
Ainsi, nous espérons apporter un petit éclairage supplémentaire aux électeurs dont l'écologie est une préoccupation sérieuse.
Nos observations sont présentées avec une police en italique, tandis que les mesures restent en police normale.
- Le développement durable doit devenir une dimension essentielle de toute l'action publique. Ce n'est pas un choix, c'est une urgence, une nécessité.
Le développement durable s'intègre de plus en plus dans les choix politiques, malheureusement encore trop souvent de manière timide ou pour répondre à "un effet de mode" qu'il serait mal vu de ne pas évoquer. Le développement durable n'est pas un bonus, c'est effectivement une nécessité.
- [Le développement durable], ce que nous pouvons choisir, c'est d'en faire une chance pour la croissance et nos emplois.
La prise en compte de l'environnement dans nos activités est un facteur de création d'emplois. Attention à la croissance actuelle, qui est surtout celle de nos consommations superflues qui souillent notre support de vie et notre santé.
- Je créerai un grand ministère du Développement durable, pour que l'environnement ait les moyens de ses ambitions.
Cette mesure empruntée au Pacte écologique de Nicolas Hulot est indispensable. Ce grand ministère doit être fort et transversal, sinon il restera confiné à ses tâches actuelles avec des moyens trop limités
- Nous augmenterons la part des énergies renouvelables, isolerons les bâtiments anciens.
Mesures louables, désormais classiques pour la plupart des candidats qui manquent cependant ici d'objectifs chiffrés. Quid des bâtiments neufs ?
- Nous renouvellerons aussi le parc nucléaire. Grâce à la clairvoyance de nos prédécesseurs, nous avons la chance de maîtriser cette énergie déterminante pour le futur car elle ne perturbe pas le climat et garantit en partie notre autonomie énergétique.
Le nucléaire participe effectivement à l'indépendance énergétique du pays tout en soulevant de nombreuses inquiétudes fondées. Les énergies renouvelables ne peuvent prétendre à remplacer complètement le nucléaire à court ou moyen terme, cependant nous devons nous engager fortement sur ces relais moins dangereux, moins chers et créateurs d'emplois. Quid de la sobriété énergétique comme préalable indispensable ?
- Je souhaite que la responsabilité de ceux qui polluent puisse être mise en cause de manière illimitée.
Le principe "pollueur-payeur" mériterait de devenir juridiquement contraignant mais ne suffit pas, la meilleure pollution est celle que l'on évite là aussi.
- Je créerai une fiscalité écologique pour inciter les Français à adopter des comportements vertueux, notamment une TVA à taux réduit sur les produits propres.
Mieux qu'une taxe qui pénalise les petits revenus, cette TVA à taux réduit ne sera pas forcément un garant d'efficacité car l'incitation sera trop faible et les produits polluants toujours commercialisés.
- Nous investirons dans la recherche sur les technologies propres.
Point essentiel tant le retard de la France est notable. Cela dit, la technologie ne résoudra pas les problèmes environnementaux, c'est un levier d'action parmi d'autres.
- Nous développerons les transports en commun et les transports alternatifs à la route, tout en aidant les transporteurs routiers à acquérir des véhicules propres.
Une première mesure assez vague et classique dont l'efficacité reste à prouver sans engagements plus clairs et forts. Favoriser des transports routiers plus propres ne règlera pas les problèmes de nuisances, de sécurité et de congestion des infrastructures routières.
- Nous devons agir au niveau international pour que les grands pays s'engagent dans la réduction des gaz à effet de serre et la protection de la biodiversité.
Ces deux problématiques globales impliquent l'ensemble des pays et doivent effectivement être appréhendées à ce niveau pour se décliner ensuite plus localement.
- Une organisation mondiale de l'environnement doit voir le jour.
Cette instance souhaitée également par le président actuel (Jacques Chirac) apparaît comme primordiale dans un monde où les problématiques environnementales sont devenues globales.
- Je proposerai que les produits venant de pays qui ne respectent aucun engagement en matière écologique soient pénalisés.
Plus que les pénaliser, il faut "tout simplement" les interdire à la vente.
Les thèmes qui font défaut ou sont trop faiblement exprimés dans le programme du candidat
Dans le désordre :
- l'agriculture biologique, les OGM
- la préservation et la reconquête de la biodiversité
- la lutte contre la pollution de l'air
- la lutte contre le bruit et la pollution lumineuse
- la diminution des déchets
- l'adaptation au changement climatique et la gestion des risques
- la diminution de notre consommation de biens et la dématérialisation de l'économie
- la gestion de l'eau
- la protection et la revalorisation des paysages
- l'éducation à l'environnement
- le bien-être animal
Avertissements
Les mesures reprises sur cette page émanent directement du programme politique officiel du candidat, il n'y a pas de mesures cachées, sous-entendues ou vaguement prononcées au détour d'une caméra. De surcroît, nous ne prétendons pas à l'exhaustivité, le programme du candidat peut avoir des conséquences environnementales de par ses choix dans d'autres domaines.
Notre analyse ne porte que sur les principales mesures environnementales des programmes. N'oublions pas qu'un programme politique doit concilier un certain nombre d'objectifs qui ont attrait à diverses thématiques.
Enfin, notons bien que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, ce qui signifie qu'il faut aussi relativiser la portée et la concrétisation des mesures préconisées par les candidats.
En savoir plus
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (tous droits réservés)