
crédit : © C. Magdelaine, notre-planete.info
Dans le cadre du quatrième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), le Groupe de Travail II vient de rendre sa contribution concernant le bilan 2007 des changements climatiques : impacts, adaptation et vulnérabilité sont passés en revue.
Du constat inquiétant sur le réchauffement ...
Rappelons qu'un examen complet des changements climatiques observés est disponible dans
le quatrième rapport d'évaluation du Groupe de Travail I du GIEC publié en février 2007. Celui ci a notamment rapporté les conclusions suivantes :
- le réchauffement du système climatique est sans équivoque, comme en attestent l'augmentation observée des températures moyennes de l'air et des océans au niveau mondial, la fonte généralisée de la neige et des glaces et l'élévation du niveau de la mer.
- Il est "fort probable" que l'augmentation des émissions anthropiques de gaz à effet de serre est responsable, dans une large mesure, de la hausse des températures moyennes mondiales depuis le milieu du 20e siècle. Il est "fort peu probable" que ce réchauffement soit imputable à la seule variabilité naturelle du climat.
- Au cours du siècle dernier, la Terre s'est réchauffée de 0,76 °C en moyenne, et le réchauffement s'est encore accéléré. Les 11 années les plus chaudes ont toutes été enregistrées au cours des 12 dernières années. La seconde moitié du 20e siècle a été la période la plus chaude dans l'hémisphère nord depuis 1 300 ans au moins. La température en Europe a augmenté d'environ 1 °C en une centaine d'années, et ce phénomène a été plus rapide que le réchauffement moyen de la planète.
- Dans l'hypothèse où aucune nouvelle mesure n'est prise pour limiter les émissions, les estimations les plus optimistes prévoient un nouvel accroissement de la température moyenne mondiale de 1,8 à 4 °C d'ici à 2100. La plage d'incertitude concernant l'intensité du réchauffement climatique prévu pour ce siècle est en fait comprise entre 1,1 et 6,4 °C.
... aux impacts avérés sur l'environnement
Le résumé à l'intention des décideurs du Groupe de Travail II note, avec un degré de confiance élevé que le réchauffement d'origine anthropique (donc lié à l'Homme) au cours des trois dernières décennies a eu une influence perceptible sur beaucoup de systèmes physiques et biologiques.
A ce titre, nous retiendrons les conséquences suivantes :
- les neiges, les glaces et les sols gelés (dont les pergélisols) sont affectés par la hausse de température : instabilité des sols, augmentation du nombre de lacs glaciaires, avalanches...
- les systèmes biologiques sont perturbés avec des événements printaniers précoces, le déplacement de l'aire de répartition d'espèces animales et végétales vers les pôles et les altitudes supérieures
- l'acidité de l'océan a augmenté en moyenne de 0,1 avec des effets encore peu documentés mais à priori inquiétants sur la vie aquatique
- les plantations des cultures sont plus précoces dans les hautes latitudes de l'hémisphère nord
- la mortalité liée à la chaleur en Europe s'est accrue
- la présence de pollens allergéniques et de maladies infectieuses dans l'hémisphère nord aux moyennes et hautes latitudes est plus notable
- les sports et activités qui dépendent de la présence de glace ou de neige sont pénalisés
- l'élévation du niveau de la mer et le développement humain contribuent à des pertes de zones humides côtières ainsi qu'à des dommages croissants dus aux inondations côtières.
Les impacts futurs du réchauffement
Forts de ces constats peu rassurants, les experts du GIEC ont formulé des projections sur les conséquences futures du réchauffement climatique en prenant en compte les variations climatiques attendues, la hausse du niveau de la mer et la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre.
Les conséquences ont été déclinées par thèmes :
Ressources en eau douce
- D'ici à 2050, le débit moyen annuel des rivières devrait augmenter de 10 à 40% aux hautes latitudes et dans certaines zones tropicales humides et diminuer de 10 à 30% dans certaines régions sèches des latitudes moyennes et tropicales arides.
- Les surfaces touchées par la sécheresse vont probablement s'étendre.
- Les précipitations violentes et les inondations seront plus fréquentes.
Ecosystèmes
- Un grand nombre d'écosystèmes ne seront plus capables de supporter les nombreuses atteintes faites à leur intégrité : changement d'occupation du sol, pollutions, catastrophes, réchauffement...
- Les écosystèmes terrestres ne seront plus capables de stocker le carbone émis massivement par les activités humaines, atteignant une limite qui pourrait même conduire à une inversion amplifiant les changements climatiques.
- 20 à 30% des espèces végétales et animales connues pourront disparaître.
Produits alimentaires, fibres et produits forestiers
- Le potentiel de production alimentaire devrait croître si l'augmentation de température moyenne locale est inférieure à 3°C, dans le cas contraire, il devrait diminuer.
- La distribution des espèces de poissons particulières sera modifiée avec des effets néfastes sur l'aquaculture et la pêche.
Systèmes côtiers et zones de faible altitude
- L'érosion et les inondations littorales seront accrues.
- Des millions de personnes seront probablement inondées chaque année suite à l'élévation de la mer dans les années 2080.
Industrie, habitat et société
- Globalement, les effets seront d'autant plus négatifs que les changements seront importants.
- Les communautés humaines les plus défavorisées seront les plus vulnérables.
Santé
- Accroissement de la malnutrition.
- Accroissement du nombre de victimes des catastrophes naturelles.
- Accroissement de la fréquence des maladies cardio-respiratoires à cause de l'ozone au sol dont la formation est conditionnée par la chaleur.
- Diminution des décès liés à l'exposition au froid.
Le nouveau rapport du Groupe de Travail II fournit également des informations plus spécifiques aux régions du monde où les conséquences seront différentes.
Nous retiendrons notamment que des centaines de millions de personnes seront affectées par le manque d'eau, notamment en Afrique et en Asie.
En Europe, les inondations seront plus violentes et rapides, les glaciers continueront leur retraite, les vagues de chaleur seront plus nombreuses tandis que les écosystèmes auront beaucoup de mal à s'adapter.
En général, les impacts dus aux changements de fréquence et d'intensité des événements météorologiques extrêmes, climatiques et liés au niveau de la mer sont très susceptibles d'augmenter. Ainsi, vagues de chaleur, fortes précipitations, sécheresse et cyclones sont des catastrophes naturelles qui seront probablement à très probablement plus violentes et nombreuses.
Au final, l'adaptation sera nécessaire pour répondre aux conséquences du réchauffement climatique en cours, lui-même lié à nos activités.
Des mesures sont déjà perceptibles à toutes les échelles et dans tous les pays, toutefois elles manquent encore clairement d'audace face à une menace d'une ampleur inconnue dans l'histoire de l'Humanité.
En savoir plus
Bilan 2007 des changements climatiques : impacts, adaptation et vulnérabilité - résumé à l'intention des décideurs (format PDF - 780 ko)
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)