Le 22 avril 2007, les électeurs français seront appelés à élire leur nouveau président de la République. A ce titre, nous vous proposons un coup d'oeil critique sur les principales mesures environnementales des candidats à l'Elysée. Nous suivrons notre ordre alphabétique avec Philippe de Villiers représentant du Mouvement Pour la France.
Méthode
Cet article est le cinquième d'une série de douze (un par candidat) analyses succinctes et synthétiques des mesures environnementales de chacun des prétendants à la présidence de la République française.
Cette série d'articles a un double objectif :
- lister les principales orientations environnementales du programme politique que les candidats défendent,
- critiquer (positivement et négativement) les mesures dégagées sous un angle environnemental, de manière la plus indépendante et objective possible (ce qui est bien sûr impossible).
Nous nous garderons bien de noter les programmes des candidats, même si l'exercice de communication est tentant et déjà exploité par d'autres. En effet, l'environnement, comme la politique sont des domaines très complexes et toute note serait forcément réductrice.
Ainsi, nous espérons apporter un petit éclairage supplémentaire aux électeurs dont l'écologie est une préoccupation sérieuse.
Nos observations sont présentées avec une police en italique, tandis que les mesures restent en police normale.
- Mettre fin aux politiques de réintroduction d'espèce sauvages qui se font au détriment des pratiques pastorales (ours dans les Pyrénées, loup dans les Alpes).
Ces réintroductions sont effectivement sources de conflits parce que nous avons perdu l'habitude de vivre avec des espèces pourtant originaires de ces régions. Toutefois, la reconquête de la biodiversité est essentielle et fonctionne de plus très bien chez nos voisins.
- Sauvegarder tous les modes de chasse et de pêche dans un esprit de préservation de la culture française. S'opposer à l'instauration d'un jour de non chasse obligatoire.
La chasse et la pêche n'ont plus vraiment de légitimité dans notre société, à moins de revoir complètement les méthodes d'élevage. Bien que ces pratiques permettent de protéger des milieux, ceci se fait trop souvent au détriment des cycles biologiques essentiels des animaux et a conduit également à l'extinction des grands prédateurs en France.
- Refuser la création d'un droit spécifique pour les animaux dans le Code civil en considérant que l'arsenal législatif et règlementaire pour lutter contre la maltraitance animale est suffisant ; et s'opposer à la multiplication des directives et règlements communautaires sur le bien être animal, notamment en matière d'élevage, au nom du principe de subsidiarité.
La souffrance animale est une réalité, particulièrement honteuse. L'arsenal législatif est peut-être suffisant, encore faut il le faire respecter et suspendre toute avancée sur cette question semble déplacé.
- Sortir du "tout nucléaire" en lançant un grand plan de développement des énergies renouvelables afin de réduire la consommation d'énergie nucléaire. Sortir du "tout pétrole" en réduisant la consommation de pétrole. Réduire également les autres énergies fossiles. Multiplier par 4 à l'horizon 2020 la quantité d'énergie (chaleur, carburant, électricité) issue de ressources renouvelables.
Des mesures ambitieuses qui n'auront de sens qu'avec une réduction de la consommation énergétique au sens large. Le transfert massif sur les biocarburants de notre consommation de pétrole sera à la fois impossible et très dommageable pour l'environnement.
- Il faut mettre à la dissociation entre croissance et respect de l'environnement en multipliant les dégrèvements fiscaux pour les investissements en faveur de l'environnement.
C'est en partie le cas actuellement, cela doit effectivement aller encore plus loin.
- Lancer un grand programme de recherche sur le recyclage des déchets en développant une formule alternative à l'incinération des ordures ménagères et en s'appuyant sur le "tri civique et naturel".
Avant tout, il faut diminuer de manière drastique notre production de déchets, la recherche sur le recyclage peut-être bien sûr envisagée en complément.
- Lancer un programme de diagnostic environnemental sur les bâtiments publics afin de réduire de 20 % ses consommations d'eau et d'énergie en renforçant l'isolation, en modifiant les distributeurs d'eau, en mettant en place des éclairages automatiques...
Mesure louable qui se met trop timidement en place via quelques agendas 21 locaux.
- Instaurer un moratoire sur l'EPR (réacteur pressurisé européen) tant que la question des déchets nucléaires n'est pas réglée.
Ceci signifie pratiquement la sortie du nucléaire à moyen terme.
- Appliquer le principe de précaution sur les OGM, en refusant les expérimentations en plein champ.
Sans doute la meilleure solution.
- Remettre en cause les autorisations de commercialisation d'OGM accordées par l'Europe de Bruxelles. Les Français, qui sont hostiles aux OGM à plus de 80%, ont le droit de refuser leur commercialisation sur le territoire national.
Proposition pertinente lorsque l'on sait que la simple information n'est pas suffisante.
- Protéger l'environnement contre les lobbies mondialistes (pollutions maritimes, etc.) en instaurant le principe «pollueur-payeur». Il faut faire payer les responsables des grandes pollutions.
Faire payer est une bonne chose pour dédommager en partie les dégâts commis, le mieux étant d'éviter la pollution coûte que coûte par une réglementation stricte et appliquée.
- Lancer un grand plan de développement du ferroutage afin de limiter la pollution engendrée par les poids lourds. Développer le transport fluvial, qui est très peu polluant mais qui reste encore trop peu utilisé en développant des voies à grand gabarit et en développant les liaisons entre les différents réseaux.
Mesures indispensables qui doivent accompagner le regain d'intérêt des industriels pour ces modes de transport alternatifs.
- Sensibiliser les jeunes au respect de l'environnement en enseignant les petits gestes quotidiens. Quelle que soit la filière, les jeunes recevront, du primaire à la classe de terminale, une heure hebdomadaire d'enseignement des gestes qui permettent de sauver la planète de la pollution et des dérèglements climatiques.
Proposition indispensable qui doit cependant aller encore plus loin.
- Face aux risques de catastrophes naturelles qu'entraîne le réchauffement climatique, créer, au sein de l'armée française, une expertise nationale de pointe permettant à nos militaires de se porter au secours des populations victimes de catastrophes climatiques (tsunamis, submersions de territoires, marées noires, cyclones…), dans des conditions de professionnalisme, de rapidité et d'efficacité exemplaires. Il s'agirait de jeter les bases d'un véritable corps d'intervention de « casques verts » appelé à se mettre au service des populations du monde menacées par les dérèglements climatiques.
Une mesure assez rare dont la pertinence est malheureusement à la hauteur des conséquences du réchauffement climatique.
Les thèmes qui font défaut ou sont trop faiblement exprimés dans le programme du candidat
Dans le désordre :
- la lutte contre les émissions excessives de gaz à effet de serre
- la préservation et la reconquête de la biodiversité
- la lutte contre la pollution de l'air
- la lutte contre le bruit et la pollution lumineuse
- la diminution des déchets
- l'adaptation au changement climatique et la gestion des risques
- la place de la France dans les politiques internationales en matière d'environnement
- la diminution de notre consommation de biens et la dématérialisation de l'économie
- l'agriculture biologique
- la gestion de l'eau
Avertissements
Les mesures reprises sur cette page émanent directement du programme politique officiel du candidat, il n'y a pas de mesures cachées, sous-entendues ou vaguement prononcées au détour d'une caméra. De surcroît, nous ne prétendons pas à l'exhaustivité, le programme du candidat peut avoir des conséquences environnementales de par ses choix dans d'autres domaines.
Notre analyse ne porte que sur les principales mesures environnementales des programmes. N'oublions pas qu'un programme politique doit concilier un certain nombre d'objectifs qui ont attrait à diverses thématiques.
Enfin, notons bien que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, ce qui signifie qu'il faut aussi relativiser la portée et la concrétisation des mesures préconisées par les candidats.
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Site Internet officiel de la campagne de Philippe de VilliersAuteur
Christophe Magdelaine - notre-planete.info (tous droits réservés)
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