Le 22 avril 2007, les électeurs français seront appelés à élire leur nouveau président de la République. A ce titre, nous vous proposons un coup d'oeil critique sur les principales mesures environnementales des candidats à l'Elysée. Nous suivrons notre ordre alphabétique avec Marie-George Buffet représentante de la Gauche Populaire et Antilibérale.
Méthode
Cet article est le quatrième d'une série de douze (un par candidat) analyses succinctes et synthétiques des mesures environnementales de chacun des prétendants à la présidence de la République française.
Cette série d'articles a un double objectif :
- lister les principales orientations environnementales du programme politique que les candidats défendent,
- critiquer (positivement et négativement) les mesures dégagées sous un angle environnemental, de manière la plus indépendante et objective possible (ce qui est bien sûr impossible).
Nous nous garderons bien de noter les programmes des candidats, même si l'exercice de communication est tentant et déjà exploité par d'autres. En effet, l'environnement, comme la politique sont des domaines très complexes et toute note serait forcément réductrice.
Ainsi, nous espérons apporter un petit éclairage supplémentaire aux électeurs dont l'écologie est une préoccupation sérieuse.
Nos observations sont présentées avec une police en italique, tandis que les mesures restent en police normale.
- Constitution d'un pôle public de l'énergie garantissant le retour au public d'EDF et GDF et intégrant également AREVA, le CEA, TOTAL, la COGEMA...
Si cela peut favoriser des investissements plus vertueux au niveau de l'environnement et de la sécurité de l'approvisionnement, la concurrence dans le domaine stimule également les initiatives vertes et permettent aux consommateurs de choisir des fournisseurs qui s'engagent.
- Définition d'un grand programme de recherche d'expérimentation et de production en faveur des économies d'énergie, en impulsant des politiques innovantes dans les domaines des traitements des déchets, des transports (ferroutage, fluvial, maritime), de l'habitat et de l'aménagement urbain et territorial.
Vaste programme tout en un qui a le mérite d'être annoncé mais qui demeure assez classique et trop vague.
- Supprimer le système honteux du marché des droits à polluer.
Sûrement une référence au marché d'émission de Co2 instauré au niveau des signataires de Kyoto. Au delà du droit à polluer, il ne faut pas oublier l'instauration de quotas. La pollution est effectivement acceptée mais réduite progressivement au niveau global.
- D'importantes économies d'énergie sont possibles dans les transports et dans l'habitat.
Le potentiel est effectivement énorme, de ce constat il ne manque plus que des orientations fortes.
- S'engager résolument en faveur d'une mixité énergétique, préparant la société post-pétrolière sur la base d'énergie non productrice de gaz à effet de serre : les énergies renouvelables mais également l'énergie nucléaire.
Un mix énergétique indispensable qui n'oublie pas l'énergie nucléaire, inévitable tant que notre consommation électrique ne baissera pas de façon significative.
- Des programmes de développement des transports publics accessibles à tous les usagers, doivent être engagés partout, pour mieux desservir toutes les zones à égalité, pratiquer des tarifs accessibles, voire la gratuité dans certains cas, réduire la pollution.
Développer les transports collectifs tous azimuts et à bas prix n'implique pas systématiquement un report modal. D'autres mesures devront être prises pour limiter les déplacements automobiles.
- Le transport aérien devra être réglementé et le kérosène taxé.
La réglementation sera sûrement plus efficace que la taxation
- Les transports inutiles des biens et des personnes sur de longues distances doivent être limités par la relocalisation des productions à chaque fois que cela est possible et par un aménagement du territoire qui limite les déplacements inutiles.
Produire localement pour consommer localement, un bon sens qui sera bien difficile à mettre en oeuvre avec l'explosion de la mondialisation.
- La production d'OGM en pleins champs doit faire l'objet d'un moratoire pour permettre un débat public et la maîtrise citoyenne des enjeux d'une alimentation saine de qualité pour tous. La recherche publique doit se poursuivre pleinement, dans des conditions définies par les citoyens et sous des protocoles de contrôle strict.
Sans doute la meilleure solution
- Les pesticides, comme les OGM, doivent être totalement interdits dans l'alimentation.
Une mesure ambitieuse et "révolutionnaire" qui doit être mise en place progressivement mais fermement.
- La France et l'Europe doivent s'engager avec volontarisme dans l'application du protocole de Kyoto et au-delà dans une nouvelle étape de la lutte contre le réchauffement climatique et l'effet de serre.
Cela correspond à peu près aux engagements actuels qui seront bien difficiles à tenir sans mesures fortes.
- Une protection renforcée de la biodiversité des mers et des côtes. La protection de la ressource halieutique doit se faire avec toutes les parties concernées, scientifiques et pêcheurs notamment.
- Protéger la qualité de l'eau aussi bien en ce qui concerne les rivières, les lacs, l'ensemble des milieux humides, que les sols qu'il faut protéger des pollutions agricoles et industrielles aussi bien que des espèces invasives.
Une orientation générale que tout le monde partage déjà mais qui a le mérite d'être énoncée.
- L'éducation à la prise en compte du développement durable nécessite de revoir les contenus enseignés et la formation des enseignants pour que l'avenir de la planète et de l'espèce humaine y prenne toute leur place.
Mesure indispensable et qui mériterait même d'être élargie aux adultes par d'autres moyens moins "scolaires".
- Nous proposons la mise en place d'instances citoyennes nationales et européennes de la défense de l'environnement. Nous proposons de multiplier par trois les moyens alloués au ministère en charge de ces questions.
De bons points, si ce n'est que ces instances devraient concilier de multiples acteurs et se décliner au niveau mondial
- Redéfinition du type même de croissance, de production et de consommation qu'il faut s'atteler, en fondant le développement indissociablement sur des critères sociaux et environnementaux.
Le coeur même du problème est mis en avant, cette réflexion ne doit plus relever de l'utopie face à l'urgence des problématiques environnementales.
- Priorité à la réduction de la masse des déchets, réduction des emballages et sur- emballages.
C'est effectivement la priorité de plus en plus mise en avant qui ne doit toutefois pas seulement se limiter aux emballages.
- Les installations de tri, de traitement, de compostage et stockage des déchets doivent être reparties de façon équilibrée sur tout le territoire.
Les centres de traitement des déchets doivent être avant tout positionnés au plus près de la production pour éviter les déplacements. Cela dit, certains déséquilibres sont effectivement notables.
- Une taxe carbone peut être une solution. Je considère cependant qu'il faut procéder à une mise à plat des taxes existant actuellement, notamment la TIPP qui peut être l'amorce d'une fiscalité écologique.
La taxation n'est pas un gage de résultat et défavorise les plus petits revenus. D'autres moyens, y compris complémentaires doivent être mis en place.
Les thèmes qui font défaut ou sont trop faiblement exprimés dans le programme du candidat
Dans le désordre :
- la lutte contre la pollution de l'air
- l'adaptation au changement climatique et la gestion des risques
- le bien-être animal
- la lutte contre les émissions excessives de gaz à effet de serre
- la préservation et la reconquête de la biodiversité
- la lutte contre le bruit et la pollution lumineuse
- la place de la France dans les politiques internationales en matière d'environnement
- l'agriculture biologique
Avertissements
Les mesures reprises sur cette page émanent directement du programme politique officiel du candidat, il n'y a pas de mesures cachées, sous-entendues ou vaguement prononcées au détour d'une caméra. De surcroît, nous ne prétendons pas à l'exhaustivité, le programme du candidat peut avoir des conséquences environnementales de par ses choix dans d'autres domaines.
Notre analyse ne porte que sur les principales mesures environnementales des programmes. N'oublions pas qu'un programme politique doit concilier un certain nombre d'objectifs qui ont attrait à diverses thématiques.
Enfin, notons bien que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, ce qui signifie qu'il faut aussi relativiser la portée et la concrétisation des mesures préconisées par les candidats.
En savoir plus
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)