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Les mesures environnementales de José Bové
7102 lectures / 2 commentaires17 avril 2007, 16 h 40
Le 22 avril 2007, les électeurs français seront appelés à élire leur nouveau président de la République. A ce titre, nous vous proposons un coup d'oeil critique sur les principales mesures environnementales des candidats à l'Elysée. Nous suivrons notre ordre alphabétique avec José Bové représentant de la gauche antilibérale.
Méthode
Cet article est le troisième d'une série de douze (un par candidat) analyses succinctes et synthétiques des mesures environnementales de chacun des prétendants à la présidence de la République française.
Cette série d'articles a un double objectif :
- lister les principales orientations environnementales du programme politique que les candidats défendent,
- critiquer (positivement et négativement) les mesures dégagées sous un angle environnemental, de manière la plus indépendante et objective possible (ce qui est bien sûr impossible).
Nous nous garderons bien de noter les programmes des candidats, même si l'exercice de communication est tentant et déjà exploité par d'autres. En effet, l'environnement, comme la politique sont des domaines très complexes et toute note serait forcément réductrice.
Ainsi, nous espérons apporter un petit éclairage supplémentaire aux électeurs dont l'écologie est une préoccupation sérieuse.
Nos observations sont présentées avec une police en italique, tandis que les mesures restent en police normale.
- Remettre en cause le productivisme – et non se contenter de l'aménager.
Une mesure dure et "révolutionnaire" qui apparaît pourtant comme une vraie solution aux multiples dégradations de notre environnement. En effet, comment peut on prétendre oeuvrer pour notre support de vie sans remettre en cause notre société de consommation à l'origine même des atteintes à l'environnement ?
- Placer le ministère de l'Environnement au coeur du dispositif gouvernemental
Cette mesure "empruntée" au Pacte écologique de Nicolas Hulot est indispensable. Le ministère de l'Environnement ne doit plus seulement être un instrument parfois réduit à apaiser la colère des associations et les remontrances de l'Europe.
- Mise en œuvre d'une politique effective d'économies d'énergie et d'efficacité énergétique tant dans la construction que dans la réhabilitation en se basant au minimum sur les exigences de l'Alliance pour la Planète.
Des mesures louables qui sont dans le détail très ambitieuses, notamment en ce qui concerne les logements déjà construits et qui seront mis en vente.
- Nous engagerons également un programme ambitieux de réduction de la pollution lumineuse.
Une proposition rare, intéressante et pas si anecdotique que l'on pourrait le croire.
- Mise en place d'un réseau de bus renforcé pour relier toutes les villes et villages de France aux réseaux lourds de transport en commun
Objectif ambitieux dont l'efficacité ne nous semble pourtant pas garantie. A quand une véritable réflexion sur les bienfaits d'un télétravail partagé avec les déplacements sur le lieu de travail ?
- Pistes cyclables et coulées vertes seront généralisées dans toutes les agglomérations. Des plateformes multimodales doivent être développées pour favoriser tout mode de transport collectif.
Les agglomérations françaises souffrent effectivement d'un manque en aménagements en faveur des transports alternatifs qui bénéficieraient ainsi de conditions plus favorables.
- Nous engagerons une politique ambitieuse de lutte contre le bruit. La réglementation sur les deux-roues sera renforcée pour diminuer leurs émissions et leur volume sonore. Des limitations de vitesse de nuit seront en outre décidées pour réduire les nuisances sonores dans tous les quartiers concernés.
Le bruit ne se limite pas seulement aux deux roues et trafic routier de nuit. Cependant, d'autres mesures axées sur le rail et le trafic aérien proposées par le candidat permettraient de contenir le bruit engendré.
- Un moratoire sur la construction d'autoroutes.
La multiplication des autoroutes favorise l'usage de l'automobile source de pollution et de dépenses énergétiques. De plus, la création de nouveaux axes coûte cher et fragmente les espaces naturels, diminuant la biodiversité.
- Produire 15% d'énergie primaire à partir d'énergies renouvelables en France d'ici 2012
Un défi plus ambitieux que la feuille de route européenne du début de l'année 2007. Sa mise en oeuvre constituera également une "révolution" dans le domaine de l'énergie.
- Un moratoire sur toute nouvelle construction nucléaire, incluant la construction de l'EPR.
Cela signifie à terme la sortie du nucléaire, d'ici environ 2030. Un pari qui sera difficile à tenir si la consommation électrique (notamment des ménages) poursuit son ascension.
- Avant de parler de recyclage, il faut penser à réduire les déchets, en réglementant la taille et le poids des emballages, et en imposant qu'ils soient à 100% recyclables, ou biodégradables.
La prévention est la priorité en ce qui concerne les déchets. Mais il faudra aller bien plus loin que les caractéristiques des emballages pour diminuer nos volumes et tonnages de déchets.
- Opposition à toute construction nouvelle d'incinérateurs, dangereuse pour la santé et pour l'environnement.
Les nouvelles constructions ne sont effectivement pas la solution, puisqu'il faut avant tout diminuer nos déchets. La dangerosité de ces installations doit être fortement nuancée vu les récentes mises aux normes effectuées avec quelques fois des résultats bien plus vertueux que les exigences de la réglementation.
- Rapprocher les habitations des secteurs d'activité et des entreprises (établissements classés exclus), afin de resserrer les espaces urbains, et de diminuer leur empreinte sur l'environnement.
Une mesure positive sur les dépenses énergétiques et les émissions en gaz à effet de serre mais négative du point de vue de l'exposition aux risques et aux nuisances (pollution, bruit).
- Redonner sa place à la nature au sein même des villes, la végétalisation de toutes les toitures pouvant l'être sera incitée.
La biodiversité en milieu urbain est trop souvent oubliée, un point positif. De plus, la végétalisation est un moyen d'adaptation aux vagues de chaleur par exemple.
- Un réseau maillé de mares et de haies reliant les différents espaces naturels sera créé, de manière à créer des corridors écologiques.
Les corridors écologiques trop souvent ignorés, se doivent effectivement d'être mis en place pour diminuer la perte de biodiversité.
- Les activités que l'on sait dangereuses ou dont l'innocuité n'est pas prouvée par leurs promoteurs seront interdites en France (telles les nanotechnologies).
La moindre des choses... et pourtant bien difficile à faire admettre et à mettre en oeuvre.
- Dans le cadre de la réforme de l'ONU, nous proposons la création d'une Organisation Mondiale de l'Environnement, qui sera placée directement sous l'égide de l'ONU.
Cette instance souhaitée également par le président actuel (Jacques Chirac) apparaît comme primordiale dans un monde où les problématiques environnementales sont devenues globales
- Un programme de recherche épidémiologique doit être lancé, en touchant tous les risques environnementaux reconnus.
Différents programmes existent actuellement mais force est de constater qu'ils ne sont pas très connus et non systématiques.
- la France doit affirmer sa volonté d'accroître la surface agricole cultivée en agriculture biologique, avec l'objectif de 25% le plus rapidement possible.
Actuellement, moins de 2% de la SAU est cultivée en agriculture biologique, la France est très en retard sur ses voisins européens. 25% est une véritable révolution pour un mode de production dont les avantages sont incomparables sur de nombreux domaines.
- Réduire de 50 % l'utilisation des produits phytosanitaires de synthèse en 5 ans mais il est surtout indispensable de réglementer les produits dangereux et d'interdire immédiatement les pesticides les plus toxiques.
Des mesures indispensables tant les conséquences environnementales et sanitaires des produits phytosanitaires sont désastreuses.
- Les cultures d'OGM en plein champ seront immédiatement interdites, de même que le développement d'OGM à finalité alimentaire, pharmaceutique ou autres.
L'interdiction dans le domaine médical ne nous semble pas forcément justifiée.
- Les pays les plus riches doivent s'engager à mettre fin à la prédation des ressources naturelles par les firmes multinationales présentes dans les pays du Sud.
Vaste sujet qui mérite que l'on s'y attarde tant il recouvre malheureusement une triste réalité
- Relancer l'éducation civique dans les programmes scolaires, en y incluant les questions écologiques. Les formations sur l'écologie seront généralisées dans les cursus universitaires et dans les grandes écoles.
Des mesures primordiales pour assurer une éducation à l'environnement qui dépasse le stade des initiatives ponctuelles.
- Nous proposons la mise en place d'un label, attribué par une autorité indépendante, qui permette d'informer les consommateurs sur l'empreinte écologique des produits qu'ils achètent.
Un premier pas pour assurer un peu plus de cohérence entre les discours et les produits présents sur le marché.
- L'État devra montrer l'exemple [en matière d'écologie] et faire de la sobriété le point cardinal de la gestion de son propre patrimoine.
Indispensable
Les thèmes qui font défaut ou sont trop faiblement exprimés dans le programme du candidat
Dans le désordre :
- la lutte contre la pollution de l'air
- l'adaptation au changement climatique et la gestion des risques
- le bien-être animal
- la gestion de l'eau
- la protection et la revalorisation des paysages
Avertissements
Les mesures reprises sur cette page émanent directement du programme politique officiel du candidat, il n'y a pas de mesures cachées, sous-entendues ou vaguement prononcées au détour d'une caméra. De surcroît, nous ne prétendons pas à l'exhaustivité, le programme du candidat peut avoir des conséquences environnementales de par ses choix dans d'autres domaines.
Notre analyse ne porte que sur les principales mesures environnementales des programmes. N'oublions pas qu'un programme politique doit concilier un certain nombre d'objectifs qui ont attrait à diverses thématiques.
Enfin, notons bien que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, ce qui signifie qu'il faut aussi relativiser la portée et la concrétisation des mesures préconisées par les candidats.
En savoir plus
Site Internet officiel de la campagne de José BovéAuteur
Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 10 avril 2007, 00 h 01 - Tous droits réservés
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agnès toulouse - 14/04/2007, 13:08
j'aimerais un peu pllus de projets sur les médecines naturelles et le choix thérapeuthique. A part josé personne n'ose se prononcer contre les lobyes agro alimentaire et pharmaceutique, c'est lâche ou idéologique ?
l'heure est grave je ne désarmerai pas car je veux la santé et la liberté pour tous les enfants à venir. Agnès
ESCAFIT MONTPELHIÈR - 16/04/2007, 20:30
en clôturant le 10 août 2003 le grand rassemblement du Larzac, José Bové avait dit en 1973 nous disions "gardarem lo Larzac" aujourd'hui nous proclamons "Gardarem la Tèrra"; un mouvement altermondialiste et occitaniste est né là, dont une majorité des membres trouvent que la démarche du candidat José Bové est la plus proche de leurs analyses et propositions... José Bové s'est clairement prononcé, comme Dominique Voynet, et dans un autre champ politique François Bayrou, pour la promotion des langues de la République autres que le français, ce qui implique modification de l'art 2 de la constitution, ratification de la charte européenne des langues minorisées etc... Il ne se contente pas de porter des propositions, il essaie de mettre ses actes en conformité... mais on peut craindre le poids dans son entourage de personnes qui s'illusionnnent encore sur le rôle que peut jouer un Etat Nation, dont la souveraineté est un leurre, à l'heure où il faut construire une véritable fédération démocratique européenne préfigurant une fédération mondiale des peuples pour réguler notamment sur le plan écologique et sur le plan social, dans le respect de la diversité linguistico-culturelle, les échanges à l'échelle du monde...