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Les mesures environnementales de François Bayrou

4004 lectures / 1 commentaire04/04/2007, 10:50 - mise à jour : 17/04/2007, 16:26
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Les mesures environnementales de François Bayrou
Le 22 avril 2007, les électeurs français seront appelés à élire leur nouveau président de la République. A ce titre, nous vous proposons un coup d'oeil critique sur les principales mesures environnementales des candidats à l'Elysée. Nous débuterons par ordre alphabétique avec François Bayrou représentant de l'Union pour la Démocratie Française.

Méthode
Cet article initie douze (un par candidat) analyses succinctes et synthétiques des mesures environnementales de chacun des prétendants à la présidence de la République française.
Cette série d'articles a un double objectif :
- lister les principales orientations environnementales du programme politique que les candidats défendent,
- critiquer (positivement et négativement) les mesures dégagées sous un angle environnemental, de manière la plus indépendante et objective possible (ce qui est bien sûr impossible).
Nous nous garderons bien de noter les programmes des candidats, même si l'exercice de communication est tentant et déjà exploité par d'autres. En effet, l'environnement, comme la politique sont des domaines très complexes et toute note serait forcément réductrice.

Ainsi, nous espérons apporter un petit éclairage supplémentaire aux électeurs dont l'écologie est une préoccupation sérieuse.
Nos observations sont présentées avec une police en italique, tandis que les mesures restent en police normale.

Principales mesures environnementales du programme de François Bayrou (Union pour la Démocratie Française)
  • Réduire nos consommations d'énergie et modifier nos sources d'approvisionnement pour diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050.
    La meilleure énergie est celle que l'on ne consomme pas, c'est effectivement la priorité. Le facteur 4 est rappelé comme objectif et c'est crucial tant le résultat attendu sera difficile à atteindre.

  • La filière nucléaire de production d'électricité fait partie des instruments indispensables et de nos atouts pour lutter contre l'effet de serre. Il faut organiser avant l'été un débat national, pour prendre les décisions à long terme sur notre politique énergétique.
    Le nucléaire est clairement affiché comme solution à notre demande massive en électricité et comme moyen de lutter contre l'effet de serre, c'est en partie le cas. Un débat sur l'EPR semble opportun vu les nombreuses interrogations et inquiétudes que cela soulève.

  • Dans les domaines des transports et du bâtiment la mesure qui me semble la plus efficace est la mise en œuvre d'une "taxe carbone" sur les carburants d'origine fossile.
    La taxe carbone est un instrument qui permet d'inclure dans le prix des biens de consommation les émissions en CO2 induites de par leur production, consommation et traitement en tant que déchet. L'efficacité de cette mesure est très incertaine et inégalitaire puisque les plus faibles revenus seront les plus touchés. "Le crédit d'émission carbone" semble plus pertinent en fixant un objectif de réduction des émissions tout en favorisant les plus petits revenus.

  • Priorité des financements publics en faveur du développement d'infrastructures de transport en commun fiables, confortables et accessibles au plus grand nombre, et du développement du fret fluvial et ferroviaire en se fixant comme objectif l'obligation du ferroutage pour les camions traversant la France à l'horizon 2025.
    Des mesures louables, qui ne seront toutefois pas suffisantes pour assurer un véritable report modal au détriment des voitures. L'obligation à l'horizon 2025 semble plus efficace.

  • Instaurer avant 2010 une norme maximale pour les constructions neuves de logements à 50 KWh/m 2 pour les consommations d'énergie primaire liées au chauffage.
    Objectif très ambitieux et indispensable dans le cadre du facteur 4. Cette mesure va plus loin que la prochaine étape réglementaire (RT2010) qui fait actuellement l'objet d'un programme de recherche.

  • Limitation de l'étalement perpétuel de la ville qui menace l'équilibre de notre pays, coûte cher en transport, carburant et carbone, favorise les exclusions sociales et ravage nos paysages.
    Un constat hélas juste et qui a le mérite d'être énoncé. Cependant, limiter l'étalement urbain ne doit pas se faire à tout prix en concentrant les populations, les nuisances et les risques.

  • Prise en compte plus sérieuse des risques technologiques et naturels ainsi que des nuisances sonores et olfactives dans les projets de construction et d'infrastructure.
    Des propositions qui vont dans le bon sens, nous attendons d'en savoir plus sur les détails de leurs mises en oeuvre.

  • Un aménagement du territoire qui se soucie de la biodiversité car la faune et la flore doivent disposer d'espaces protégés reliés entre eux par des zones préservées.
    Cette orientation est primordiale pour lutter contre la perte de biodiversité. Elle a le mérite d'être prise en compte.

  • Réaliser et rendre public un état des lieux national indépendant de la faune et la flore.
    Cette proposition répond à un manque évident en France

  • Promouvoir le rôle des associations de protection de l'environnement en pérennisant leur financement et leurs modes d'actions et en les associant à l'action des organismes publics (ministère, collectivités...)
    Nous connaissons tous l'intérêt et l'importance du travail mené par les associatifs. Cette mesure renforce un peu plus leur rôle et la représentation qu'ils méritent.

  • Création d'une Autorité indépendante chargée de l'alerte sanitaire et environnementale. Elle aura pour vocation de développer des inventaires des risques et des études épidémiologiques indépendantes.
    Quid de l'InVs, de l'AFSSA et de l'AFSSE (agences sanitaires et environnementales déjà existantes) ?

  • Mettre en œuvre des dispositifs luttant contre les publicités « écologiquement » mensongères ; remplacer le Bureau de Vérification de la Publicité par une autorité administrative indépendante de la publicité
    Enfin une proposition qui s'attaque au paradoxe de notre société de consommation où le citoyen est dupé par des produits et publicités irresponsables tout en étant invité à être plus soucieux de l'environnement.

  • Le déchet le moins polluant étant celui qu'on évite de produire, je souhaite mettre en œuvre une politique volontariste de réduction à la source des déchets. Sur la prochaine mandature l'objectif que nous nous fixerons sera de réduire de 20% la quantité de déchets produite.
    C'est effectivement la priorité actuelle des politiques de gestion des déchets, il est bon de le rappeler avec force et de fixer un tel objectif.

  • Une recherche de débouchés nouveaux pour l'agriculture car l'agriculture peut rompre notre dépendance au pétrole et répondre à nos défis écologiques (biocarburants, filière bois énergie, matériaux d'origine végétale, captation du carbone...)
    Il existe effectivement un potentiel à exploiter tout en veillant à ne pas générer de nouvelles pollutions et atteintes à la biodiversité avec le développement massif des biocarburants.

  • Une limitation des pesticides ; une diminution des intrants azotés ; une agriculture biologique encouragée et les principes de l'agriculture intégrée progressivement imposés.
    Un pas timide vers une agriculture plus responsable. Attention au piège de l'agriculture intégrée qui est une validation du droit à polluer.

  • Débat national sur les OGM, nourri d'un rapport présenté par les scientifiques de notre pays et qui s'appuiera sur une commission composée en particulier de pharmacologues. En attendant les résultats scientifiques, je suis favorable à un moratoire immédiat sur les OGM.
    Sans soute une des meilleures solutions sur ce sujet.

  • L'environnement et l'éco-innovation sont un levier fort pour notre croissance et nos emplois
    Une vérité (comme en témoigne les créations d'emplois en Allemagne) qui permettrait à la France de s'engager plus sérieusement dans cet "avenir industriel"

  • Créer un poste de n°2 du Gouvernement chargé du long terme, de la transversalité et de l'évaluation des décisions au regard du développement durable.
    Cette mesure empruntée au Pacte écologique de Nicolas Hulot est indispensable

  • Renforcer l'information au grand public sur les enjeux d'un développement économique responsable, soucieux de progrès social et de respect de l'environnement.
    Malheureusement, il faut bien avouer que l'information sur ce sujet mérite un discours plus cohérent, plus compréhensible afin d'obtenir de vrais résultats.

  • Au niveau international, constitution au plus vite d'une Organisation Mondiale de l'Environnement (OME)
    Cette instance souhaitée également par le président actuel (Jacques Chirac) apparaît comme primordiale dans un monde où les problématiques environnementales sont devenues globales

  • Donner une nouvelle impulsion à la diplomatie environnementale de la France pour ouvrir la voie d'une gouvernance mondiale inspirée des principes du développement durable.
Les thèmes qui font défaut ou sont trop faiblement exprimés dans le programme du candidat
Dans le désordre :
  • la lutte contre la pollution de l'air
  • la diminution de notre consommation de biens et la dématérialisation de l'économie
  • la lutte contre la pollution lumineuse
  • l'adaptation au changement climatique et la gestion des risques
  • le bien-être animal
  • la gestion de l'eau
  • la protection et la revalorisation des paysages
Avertissements
Les mesures reprises sur cette page émanent directement du programme politique officiel du candidat, il n'y a pas de mesures cachées, sous-entendues ou vaguement prononcées au détour d'une caméra. De surcroît, nous ne prétendons pas à l'exhaustivité, le programme du candidat peut avoir des conséquences environnementales de par ses choix dans d'autres domaines.

Notre analyse ne porte que sur les principales mesures environnementales des programmes et ne se substitue pas à une lecture plus approfondie du programme du candidat. N'oublions pas qu'un programme politique doit concilier un certain nombre d'objectifs qui ont attrait à diverses thématiques.
Enfin, notons bien que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, ce qui signifie qu'il faut aussi relativiser la portée et la concrétisation des mesures préconisées par les candidats.

En savoir plus
Site Internet officiel de la campagne de François Bayrou

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Auteur

Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)

1 commentaire sur cette actualité !

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ESCAFIT MONTPELHIÈR - 16/04/2007, 20:38
Pour un démocrate chrétien, François Bayou présente des propositions sociales et écologiques ayant plus de proximité avec la social-démocratie et un écologisme moderne que sa conception libérale de l'économie pouvait le laisser supposer... Comme sa position sur la promotion des langues de la République autres que le français révèle que sa conception de la francophonie n'est pas à l'opposé du respect de la diversité linguistico-culturelle, il pourrait être au second tour le candidat dans lequel se retrouverait toutes celles et tous ceux qui refusent tous les dangers portés par la candidature Sarkozy... en attendant, il est loin derrière Voynet (qui a ma préférence parce que son programme est clairement fédéraliste) et Bové pour représenter clairement les aspirations écologistes, sociales et de la diversité linguistico-cutlurelle au premier tour...
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