Olivier Besancenot Le 22 avril 2007, les électeurs français seront appelés à élire leur nouveau président de la République. A ce titre, nous vous proposons un coup d'oeil critique sur les principales mesures environnementales des candidats à l'Elysée. Nous suivrons notre ordre alphabétique avec la présentation du programme d'Olivier Besancenot représentant la Ligue Communiste Révolutionnaire.
Méthode
Cet article est le deuxième d'une série de douze (un par candidat) analyses succinctes et synthétiques des mesures environnementales de chacun des prétendants à la présidence de la République française.
L'objectif est double :
- lister les principales orientations environnementales du programme politique que les candidats défendent,
- critiquer (positivement et négativement) les mesures dégagées sous un angle environnemental, de manière la plus indépendante et objective possible (ce qui est bien sûr impossible).
Nous nous garderons bien de noter les programmes des candidats, même si l'exercice de communication est tentant et déjà exploité par d'autres. En effet, l'environnement, comme la politique sont des domaines très complexes et toute note serait forcément réductrice.
Ainsi, nous espérons apporter un petit éclairage supplémentaire aux électeurs dont l'écologie est une préoccupation sérieuse.
Nos observations sont présentées avec une police en italique, tandis que les mesures restent en police normale.
Principales mesures environnementales du programme d'Olivier Besancenot (Ligue Communiste Révolutionnaire)
- Recours massif aux énergies renouvelables et aux économies d’énergies.
La meilleure énergie est celle que l'on ne consomme pas, c'est effectivement la priorité, peut-être un peu douloureuse, mais la plus responsable à mettre en place. Le développement des énergies renouvelables est louable d'autant plus que le potentiel est important.
- Priorité à la recherche dans les secteurs de l'énergie, développement de capacités de production à base d’énergies fossiles avec les techniques les moins polluantes et les plus efficaces comme la co-génération pendant la phase transitoire.
Cela va dans le sens des évolutions et recherches technologiques déjà en cours, il est toutefois important que la France rattrape son retard et se positionne en tant que leader dans ce domaine, conformément à ses prétentions.
- Arrêt du nucléaire le plus rapidement possible, avec la mise au point d’un plan de réorganisation de la production énergétique qui place en son cœur les énergies renouvelables de manière à sortir progressivement du pétrole et à ne pas retomber dans le charbon.
"Le plus rapidement possible" demeure incertain, quelle est la part du possible dans une économie où la consommation d'électricité ne décroît que légèrement en 2006 tandis que celle liée aux ménages augmente très fortement ? Sortir du nucléaire à court terme ne semble pas réalisable. Enfin, sortir progressivement du pétrole en misant sur les énergies renouvelables signifie notamment le recours massif aux biocarburants dont les conséquences environnementales ne sont pas anodines ; ce n'est donc pas une solution complète.
- Développement du transport de marchandises par chemin de fer, voie d’eau ou mer. Interdiction du transport routier de marchandises longue distance.
Mesures bénéfiques qui sont de plus en plus explorées actuellement avec un retard certain pour la France.
- Développement et gratuité des transports en commun, en priorité les moins polluants, permettant une réduction importante du recours à l’automobile, et réorganisation urbaine en conséquence.
La gratuité des transports n'est malheureusement pas une garantie de report modal vers les transports collectifs, d'autant plus que bien des territoires en sont dépourvus et obligent donc à l'utilisation de l'automobile. La réorganisation urbaine pourrait y répondre en partie mais avec une efficacité incertaine et une fragmentation de l'espace non négligeable ou un étalement urbain (construction de nouvelles voies ferrées).
- Lutter contre les OGM, outils de l’impérialisme des pays du Nord.
Les OGM à objectif alimentaire ne nous semblent pas opportuns, cette mesure est donc indispensable, même l'idée d'impérialisme n'est pas infondée. Quid des OGM à destination de la recherche médicale ?
- Des normes drastiques en terme d’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques, de consommation d’eau et de diversification des productions.
Les pesticides et les engrais chimiques nécessitent effectivement des mesures fortes, car ils sont source d'une pollution inquiétante et d'une diminution de la biodiversité.
- Obligation d’évaluation systématique, interdiction et substitution des produits dangereux.
La directive REACH répond en partie à cette mesure qui est ici affirmée plus fermement avec une mise en application théoriquement indispensable mais qui ne sera pas évidente.
Les thèmes qui font défaut ou sont trop faiblement exprimés dans le programme du candidat
Dans le désordre :
- la lutte contre les émissions excessives de gaz à effet de serre
- la préservation et la reconquête de la biodiversité
- la lutte contre la pollution de l'air
- la lutte contre le bruit et la pollution lumineuse
- la diminution des déchets
- l'éducation à l'environnement
- l'adaptation au changement climatique et la gestion des risques
- la place de la France dans les politiques internationales en matière d'environnement
- le bien-être animal
- la diminution de notre consommation de biens et la dématérialisation de l'économie
- l'agriculture biologique
- la gestion de l'eau
- la protection et la revalorisation des paysages
Avertissements
Les mesures reprises sur cette page émanent directement du programme politique officiel du candidat, il n'y a pas de mesures cachées, sous-entendues ou vaguement prononcées au détour d'une caméra. De surcroît, nous ne prétendons pas à l'exhaustivité, le programme du candidat peut avoir des conséquences environnementales de par ses choix dans d'autres domaines.
Notre analyse ne porte que sur les principales mesures environnementales des programmes et ne se substitue pas à une lecture plus approfondie du programme du candidat. N'oublions pas qu'un programme politique doit concilier un certain nombre d'objectifs qui ont attrait à diverses thématiques.
Enfin, notons bien que les promesses n'engagent que ceux qui y croient, ce qui signifie qu'il faut aussi relativiser la portée et la concrétisation des mesures préconisées par les candidats.
En savoir plus
Site Internet officiel de la campagne d'Olivier BesancenotActualités connexes
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Bilan très insuffisant des partis politiques en matière d’écologieAuteur
Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)