Appareil de la compagnie SAScrédit : Scandinavian Airlines
Les déplacements se multiplient, notamment par avion, augmentant toujours plus nos émissions en gaz à effet de serre. Alors qu'un projet de directive européenne vise à soumettre le secteur aérien à des quotas d'émissions, une compagnie propose une idée originale pour diminuer légèrement sa consommation de kérosène.
L'inquiétant essor du trafic aérien
Alors que le dernier rapport de synthèse des travaux du GIEC met l'accent sur l'origine anthropique du réchauffement planétaire, le secteur des transports, qui représente plus de 20% des émissions de CO2, ne cesse d'alourdir sa responsabilité dans les émissions en gaz à effet de serre.
Dans les transports, il est d'usage de dénoncer les véhicules particuliers qui se multiplient et bénéficient d'un confort amélioré source d'émissions significatives de gaz à effet de serre. Cependant, on parle encore trop peu du transport aérien dont la croissance et les émissions de CO2 sont considérables. En effet, selon l'ONG européenne pour le transport et l'environnement (T&E), le trafic aérien contribuerait à hauteur de 4 à 9 % aux émissions de gaz à effet de serre.
De plus, souvent mal intégré dans les calculs d'émissions, le transport aérien a toujours été exclu des mécanismes du protocole de Kyoto. Pourtant, la commission européenne vient d'assurer que les compagnies aériennes, tout comme le secteur industriel et énergétique seront soumises à des quotas d'émissions à partir de 2011.
Acculées par ce projet de directive, les compagnies aériennes devront redoubler d'effort pour diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre tout en répondant à la croissance formidable du secteur : un véritable casse-tête.
"L'éco-atterrissage"
Pour y faire face en partie, la compagnie aérienne scandinave SAS effectue, pour la première fois au monde, une nouvelle forme d'atterrissage qui garantit la sûreté des vols tout en réduisant sensiblement les émissions en gaz à effet de serre.
SAS parle à ce titre "d'éco-atterrissage", qui permet, selon elle, de réduire l'émission de gaz, la consommation de kérosène ainsi que les bruits émis par les appareils. Pour effectuer ce nouveau type d'atterrissage, la compagnie doit amorcer sa descente plus tôt, laissant les moteurs tourner au ralenti. Grâce à cette manoeuvre, l'appareil réduit d'environ 100 kg sa consommation de kérosène, de 314 kg l'émission de CO2 et d'1,1 kg l'émission d'oxyde d'azote.
Cette initiative est à la fois bienvenue et peu significative par rapport aux 70 000 litres de kérosène consommés par un avion moyen comme l'airbus A310 de 200 places dont la portée est de 5 200 km. Toutefois, cette mesure, appliquée aux très nombreux atterrissages est un moyen supplémentaire de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Selon le communiqué de presse de SAS, cette initiative est rendue possible grâce à la collaboration entre SAS Suède, l'Autorité de l'Aviation Civile suédoise, Boeing et Airbus. Pour le moment, ces atterrissages sont pratiqués uniquement en Suède avec tous les Boeing 737 de la flotte. SAS a commencé la période de tests le 19 janvier 2006 et les poursuivra jusqu'en juin 2007. A partir de cette date, le projet pourrait être étendu et la compagnie effectuerait ces atterrissages écologiques sur l'ensemble de son réseau européen. A terme, la compagnie souhaite l'imposer comme une procédure standard d'atterrissage.
Pour rendre cette nouvelle procédure efficace, un travail d'équipe minutieux est nécessaire. La communication entre les pilotes et les aiguilleurs du ciel pour la transmission de données doit être extrêmement précise afin de savoir exactement à quel moment l'appareil peut abandonner l'altitude de croisière et entamer la phase de vol plané jusqu'à la piste d'atterrissage.
« Les éco-atterrissages représentent une initiative importante pour rendre la compagnie plus respectueuse de l'environnement. A ce jour, SAS et l'aéroport de Stockholm ont effectué un peu plus de 600 « éco-atterrissages », ce qui fait de nous des précurseurs mondiaux dans un domaine qui peut permettre aux compagnies de continuer à être bénéfique à la société », a déclaré Peter Larsson, commandant de bord de SAS en charge de ce projet.
Dans un contexte de hausse permanente du trafic et alors que de plus en plus de discussions portent sur les moyens à mettre en œuvre pour réduire les émissions de CO2, SAS souhaite continuer à proposer de telles initiatives pour diminuer les émissions engendrées par la croissance du trafic. La compagnie a salué la directive de la Commission Européenne visant à élargir au transport aérien son système européen d'échange de quotas d'émissions (ETS), selon le communiqué de presse de SAS.
Ce que nous pouvons faire
Un des moyens les plus efficaces pour diminuer sensiblement les émissions massives de gaz à effet de serre liées au transport aérien est d'éviter l'usage immodéré de ce moyen de transport notamment sur les courtes distances. Le train peut se substituer de plus en plus à l'avion sur des déplacements nationaux (notamment en France) pour un certain nombre de déplacements professionnels et de loisirs.
Enfin, sur les plus longues distances, il n'existe pas de solutions alternatives raisonnables. Nous pouvons donc, au mieux, éviter de planifier systématiquement des vacances dans des pays lointains et/ou compenser les émissions induites. Sur ce dernier point, il faut bien garder à l'esprit que la compensation est la pire des solutions !
En savoir plus
Site
SAS Scandinavian Airlines (en anglais)
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Christophe Magdelaine - notre-planete.info (cliquer ici pour consulter les droits sur cet article)