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Le très attendu Quatrième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) fait actuellement l'objet d'un travail de synthèse à Paris où près de 500 experts sont réunis.
A partir d'aujourd'hui, lundi 29 janvier, près de 500 experts du GIEC sont réunis à Paris, au siège de l'UNESCO pour rédiger le "résumé à l'intention des décideurs", synthèse de 14 pages des quelque mille pages de leur 4ème rapport scientifique.
Ce résumé existait déjà dans la précédente version du rapport du GIEC (qui date de 2001), il permet au plus grand nombre et particulièrement aux décideurs de mieux comprendre les scénarios d'évolution de notre climat. C'est cette synthèse qui sera la plus lue et exploitée pour orienter les politiques, elle retracera le travail d'environ 2 500 scientifiques de 130 pays qui ont planché sur des milliers d'études concernant les changements climatiques.
Avec la multiplication des travaux sur ce sujet, ce 4ème rapport devrait fournir des scénarios plus affinés tout en confortant les prévisions déjà effectuées qui se sont révélées particulièrement pertinentes.
Ce texte sera épluché ligne par ligne avant d'être adopté par consensus pour une présentation le 2 février.
"Le travail du GIEC est sans équivalent dans d'autres domaines de notre société", a souligné lors de la cérémonie d'ouverture le représentant français, Christian Brodhag délégué interministériel pour le développement durable qui a souligné la réalité du changement climatique et que "le doute est souvent l'alibi de l'inaction".
Rappel historique
- En 1958, Charles David Keeling commence à mesurer les concentrations de CO2 sur le volcan Mauna Loa à Hawaï : elles sont alors de 315 ppm puis de 330 ppm en 1974 : preuve locale d'une augmentation de la concentration en CO2.
- En 1979, l'Académie nationale des sciences américaine lance la première étude rigoureuse sur le réchauffement de la planète. Le comité Charney qui en eu la charge concluait déjà que "si les émissions de dioxyde de carbone continuent d'augmenter, le groupe d'étude ne voit aucune raison de douter que des changements climatiques en résulteront, et aucune raison de penser que ces changements seront négligeables".
La même année, la première conférence mondiale sur le climat permet le lancement d'un programme mondial de recherche qui fait dorénavant autorité : le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE). Le monde scientifique se mobilise alors dans des travaux relatifs au changement climatique.
- En 1988 : les sept pays les plus riches du monde (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon) créent le Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'Evolution du Climat ou Intergovernmental Panel on Climate Change (GIEC ou IPCC) sous l'égide du PNUE et de l'Organisation Météorologique Mondiale. Les discussions internationales s'animent notamment autour du premier rapport fourni par le GIEC en 1990.
Le réchauffement est en marche...
Près de 30 ans après les premières mobilisations internationales, les données sont alarmantes et le réchauffement climatique sans équivoque :
- La température moyenne à la surface du globe a accusé une hausse voisine de 0,7°C depuis le début du XXe siècle avec une nette accélération depuis 1976, atteignant 0,18°C par décennie. La période 1997-2006 est marquée par une anomalie positive moyenne de 0,53°C dans l’hémisphère Nord et de 0,27°C dans l’hémisphère Sud, toujours par rapport à la normale calculée pour 1961-1990. (OMM, 12/2006)
- L'année 2005 est la plus chaude jamais enregistrée, suivie de près par 1998. L'année 2005 est également la plus coûteuse sur le plan des catastrophes naturelles météorologiques avec plus de 200 milliards de dollars de dégâts.
- L'année 2002 fût la deuxième année la plus chaude et 2003 la troisième, depuis 1861.
Information essentielle, le nouveau rapport insiste plus fortement sur la responsabilité des activités humaines dans ce réchauffement : il juge "très probable" - soit une probabilité de plus de 90% - que l'Homme est au coeur du dérèglement climatique.
En effet, les émissions massives de gaz à effet de serre, au premier rang desquels demeure le CO2, sont issus de la combustion d'énergies fossiles pour répondre aux besoins croissants de nos sociétés.
Les nouvelles prévisions
Dans le 3ème rapport du GIEC, les différents scénarios socio-économiques tablaient sur une hausse des températures moyennes de la planète de +1,4° à +5,8°C d'ici 2100 par rapport à 1990.
Le nouveau rapport souligne que le réchauffement climatique, largement lié aux activités humaines, devrait se poursuivre avec une augmentation des températures comprise entre +1,8 et +4°C selon les meilleures estimations.
Les conséquences de ce réchauffement se traduiront par des catastrophes naturelles plus violentes et une fonte préoccupante des glaciers et de la calotte glacière.
Quoi qu'il advienne, l'élévation du niveau des océans devrait être comprise entre 18 et 59 cm (contre 9 à 88 cm dans le précédent rapport) alors que la hausse du niveau des mers a été d'environ 12 cm au XXe siècle.
Enfin, le président français, Jacques Chirac, a profité de la venue à Paris de ces experts pour organiser une conférence internationale sur l'environnement, qui s'ouvrira dans la foulée jusqu'au 3 février.
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