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Promouvoir les biocarburants comme alternative crédible au pétrole dans les transports

5489 lectures / 7 commentaires23/01/2007, 10:03
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Promouvoir les biocarburants comme alternative crédible au pétrole dans les transports
Promouvoir les biocarburants comme alternative crédible au pétrole dans les transports
Étant donné l'augmentation considérable des prix du pétrole et les préoccupations croissantes concernant la stabilité et la sécurité des approvisionnements en énergie, ainsi que le respect de l'environnement dans ce domaine, la promotion des biocarburants dans les transports fait partie des priorités de l'Union européenne.


À l'heure actuelle, les biocarburants sont le seul moyen de réduire notablement la dépendance par rapport au pétrole dans le secteur des transports. Dans le cadre de sa Politique énergétique pour l'Europe, la Commission est résolue à encourager la production et l'utilisation des biocarburants en proposant de fixer un objectif contraignant minimal de 10% pour leur utilisation comme carburant pour les véhicules d'ici 2020.

L'activité de transport croît constamment en Europe. Les voitures et les camions apportent des avantages socio-économiques tels qu'il est difficile d'imaginer pouvoir s'en passer aujourd'hui. Mais la situation devient intenable. Les transports génèrent près d'un tiers des émissions de CO2– qui sont les gaz à effet de serre responsables au premier chef du changement climatique – et on s'attend à ce que les émissions dues à cette activité augmentent considérablement. En outre, le secteur des transports dépend à 98 % du pétrole, un combustible fossile importé pour une large part, dont le prix est appelé à augmenter à mesure que les réserves diminuent.

L'UE propose de réagir immédiatement à cet état de fait : elle encourage le remplacement du diesel et de l'essence par des biocarburants. Il s'agit de carburants propres et renouvelables produits à partir de matières organiques. Le développement du secteur créera également des emplois et ouvrira de nouveaux débouchés pour la production agricole. Les biocarburants contribuent également à résoudre des problèmes communs généraux, comme la diversification des sources d'énergie et le respect des engagements pris en vertu du protocole de Kyoto.

La directive sur les biocarburants adoptée en 2003 fixe comme objectif aux pays membres de remplacer 2 % des volumes de carburant essence et diesel utilisés dans les transports par des biocarburants d'ici 2005, et 5,75% d'ici 2010. L'objectif fixé pour 2005 n'a pas été atteint. Des progrès notables sont attendus à l'horizon 2010, mais ils seront insuffisants pour atteindre l'objectif fixé. La Commission propose donc de renforcer le cadre législatif, en fixant à 10% minimum la part des biocarburants en 2020.

Si l'utilisation de la plupart des biocarburants permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, il n'en va pas de même de leur production, ou bien leur production peut générer d'autres problèmes environnementaux. La Commission propose de mettre en place des mesures d'incitation ou d'aide pour éviter cela et de promouvoir le développement de biocarburants de "deuxième génération".

Plusieurs mesures peuvent stimuler l'utilisation et la production de biocarburants au niveau européen. L'exonération fiscale est depuis longtemps un moyen de soutenir le développement des biocarburants. Plusieurs États membres ont également annoncé l'introduction d'obligations en matière de biocarburants. Il s'agit de contraindre les fournisseurs à proposer un certain pourcentage de biocarburants sur le marché, ce qui donnerait aux investisseurs un filet de sécurité et stimulerait le secteur des biocarburants.

À l'heure actuelle, les biocarburants les plus répandus sont le biodiesel (fabriqué à partir de plantes oléagineuses comme la betterave à sucre et le tournesol) et le bioéthanol (à base de plantes sucrières ou contenant de l'amidon). Ces deux carburants liquides peuvent remplacer en grande partie l'essence et le carburant diesel dans l'activité de transport. Ils peuvent être utilisés dans les moteurs des voitures modernes (sans modification pour les mélanges à faible teneur en biocarburant, ou avec des modifications peu coûteuses pour tolérer les mélanges à teneur élevée en biocarburant) et distribués par le canal des infrastructures existantes. Des travaux de recherche sont en cours pour mettre au point des techniques de production de "deuxième génération" permettant de fabriquer des biocarburants à partir de matières ligneuses, de graminées et de divers autres types de déchets.

Annexe : progrès en ce qui concerne l'utilisation des biocarburants dans les États membres, 2003-2005

État membre
Part des biocarburants en 2003 (%)
Part des biocarburants en 2004 (%)
Part des biocarburants en 2005 (%)
Objectif indicatif national 2005 (%)
Autriche
0,06
0,06
0,93
2,50
Belgique
0,00
0,00
0,00
2,00
Chypre
0,00
0,00
0,00
1,00
République tchèque
1,09
1,00
0,05
3,70[1]
Danemark
0,00
0,00
no data
0,10
Estonie
0,00
0,00
0,00
2,00
Finlande
0,11
0,11
no data
0,10
France
0,67
0,67
0,97
2,00
Allemagne
1,21
1,72
3,75
2,00
Grèce
0,00
0,00
no data
0,70
Hongrie
0,00
0,00
0,07
0,60
Irlande
0,00
0,00
0,05
0,06
Italie
0,50
0,50
0,51
1,00
Lettonie
0,22
0,07
0,33
2,00
Lituanie
0,00
0,02
0,72
2,00
Luxembourg
0,00
0,02
0,02
0,00
Malte
0,02
0,10
0,52
0,30
Pays-Bas
0,03
0,01
0,02
2,00[2]
Pologne
0,49
0,30
0,48
0,50
Portugal
0,00
0,00
0,00
2,00
Slovaquie
0,14
0,15
no data
2,00
Slovénie
0,00
0,06
0,35
0,65
Espagne
0,35
0,38
0,44
2,00
Suède
1,32
2,28
2,23
3,00
RU
0,026[3]
0,04
0,18
0,19[4]
UE25
0,5%
0,7%
1,0% (estimation)
1,4%

Source: rapports nationaux élaborés en application de la directive sur les biocarburants.

Notes
[1] 2006
[2] 2006
[3] 0,03% en volume, équivalent à 0,26% en teneur énergétique, dans l'hypothèse d'une part de biodiesel de 100 %.
[4] 0,3% en volume, équivalent à 0,19% en teneur énergétique, dans l'hypothèse d'un partage 50/50 entre le biodiesel et le
bioéthanol.

En savoir plus
Notre page sur les biocarburants

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Auteur

© Communautés européennes, 1995-2008
7 commentaires sur cette actualité !
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simple citoyen - grenoble - 12/03/2007, 15:25
Je suis entièrement d'accords avec tout ce qui a été dis ci-dessus.
Les biocarburants ne sont pas la solution miracle pour remplacer le pétrole et éviter les émissions de gaz à effet de serre.

Pour avoir des ordres de grandeurs sur les superficies qu'il faudrait mobiliser pour remplacer le pétrole par du biocarburant, je vous conseil le site suivant : http://www.manicore.com/

On peut y lire que :
"Pour produire 50 millions de tonnes équivalent pétrole, il faut donc mobiliser, en ordre de grandeur, 3 à 4 fois les terres agricoles actuelles. Bien évidemment cela n'est pas possible, et même satisfaire 10% de la consommation actuelle des transports avec des biocarburants nécessite la mobilisation de 30 à 40% des terres agricoles actuelles, sans parler de substituer le moindre pétrole pour le chauffage."

Et cela sans parler des conséquences socio économique pour les pays du sud (comme l'exemple du Mexique qui a été cité), la déforestation de l'Amazonie, le contrôle des filières par les grandes multinationales du pétrole,...

Gardons ses carburants "plus propre" pour les transports en commun, les ambulances, .... et surtout oeuvrons pour une sortie progressive mais rapide du modèle « tout voiture » et individualiste dans lequel nous nous enfermons.

jjriss - 95280 - 06/02/2007, 22:27
Bonjour
Les prix du mais ont augmenté de 40 % au Mexique à cause de la diminution des exportations des USA qui ont acheté du maïs pour faire du bio-carburant. La conséquence de ces faits est que les aliments traditionnels des pauvres mexicains basés sur du maïs n'ont plus les moyens de se nourrir et qu'il font des manifs.
Les réserves de céréales mondiales sont au plus bas car les USA ou d'autres pays exportent moins pour faire du bio-carburant;
En conclusion le bio-carburant n'est pas une solution pour résoudre les problèmes de pollution;
Au lieu d'exporter les céréales pour aider les pays pauvres, les riches les utilisent pour faire du carburant ce qui implique une hausse des prix qui affament les plus pauvres.
Sans compter que la favorisation des bio-carburants risque d'aider les monocultures intensives avec utilisation de pesticides, d'engrais ou l'utilisation d'OGM qui augmentent la pollution et les risques pour les générations futures.
Les bio-carburants ne peuvent être utilisés que pour utiliser les excédents de céréales , après que toutes les habitants de la terre soient nourris, avec une technique de production durables et non polluante.
La seule solution est de diminuer l'usage de la voiture et d'utiliser ses pieds et jambes ou des transports en commun pour se déplacer ce qui est bon pour sa santé et la santé de la terre entière.
Félix Dalang - Genève - 04/02/2007, 20:49
Le biodiesel a un meilleur bilan de CO2 que le diesel minérale. Mais c'est tout. le biodiesel n'est pas neutre par rapport au CO2, car pour sa production on consomme du petrole. Le désavantage principal est au niveau écologique (monoculture, engrais, concurrence aliment-carburant). Les écobilans classiques semblent négliger cette problématique au profit du seul bilan de CO2.
Le WWF exige une certification écologique du Biodiesel.
Michel Hubin - Carville la Folletière - 01/02/2007, 12:34
Les biocarburants à première vue cela semble ingénieux, mais malheureusement c’est complètement irréaliste si l’on réfléchit sérieusement. Ainsi le tableau nous montre que 3.75% des carburants consommés en Allemagne sont bio, ce qui place ce pays en tête dans l’union européenne. Est-ce pour cela un « bon élève » dans le combat contre l’excès de gaz à effet de serre ? La réponse est non car d’une part ces biocarburants proviennent de soja importé du Brésil et au Brésil on a détruit des pans entiers de la forêt amazonienne pour y faire pousser ce soja et le bilan en terme de gaz à effet de serre est négatif et en outre des milliers de paysans brésiliens se retrouvent ruinés car exclus de cette monoculture intensive dont les conséquences à moyen terme sur les sols seront catastrophiques. Et d’autre part le rendement des moteurs à combustion est moindre avec ces biocarburants qu’avec les carburants dérivés du pétrole ce qui veut dire que pour avoir le même agrément de conduite l’automobiliste lambda va consommer plus…et où se trouvera le bilan positif ?
La gravité de la situation climatique impose une autre réflexion et une recherche sérieuse vers d’autres modes de transport réellement écologiques que cette poudre aux yeux.
olivier - Anjou - 01/02/2007, 12:21
La question de l'énergie dans les transports pose plus à mon avis le problème du mode de déplacement que celui de la façon de produire du carburant à partir de telle ou telle ressource. C'est plus une question de comportement et de politique des transports.

Faire du carburant "vert" pour continuer à transporter des yaourts aux fraises sur 4 000 kms c'est un non sens !

Il faut en tous cas arrêter de rêver, il n'existe PAS de ressource permettant à 6 milliards (et encore moins à 9 milliards...) de personnes de se déplacer individuellement et quotidiennement avec un engin d'1 tonne ou plus pour aller chercher sa baguette ou ses enfants.

Si on voulait remplacer le pétrole par des carburants verts avec notre consommation actuelle de carburant en France, il est très simple de prouver par le calcul que les surfaces à mobiliser seraient supérieures à l'ensemble de la surface agricole actuelle.

Par contre il est vrai que dans quelques décennies lorsqu'on n'aura plus de pétrole il faudra quand même continuer à manger et donc à cultiver. Aujourd'hui si on veut préparer l'après pétrole agricole il faudra réduire la mécanisation et se passer des engrais actuels (faits à partir de dérivés du pétrole..). On peut bien sûr utiliser la traction animale et passer à l'agriculture bio mais "raisonnablement" il sera difficile de se passer totalement de mécanisation.

Il me semble donc prioritaire de promouvoir la production LOCALE de biocarburants dans les exploitations pour le fonctionnement des engins agricoles.

Ce ne me paraît pas être vraiment l'objectif du plan européen...



Econo-Ecolo - - 29/01/2007, 10:26
Je suis d'acord avec Cécile.
Un dossier de l'UFC que Choisir a dénoncé le choix du gouvernement de promouvoir les bio-carburants.
Econo-Ecolo
http://www.econo-ecolo.org
Cécile - Marseille - 28/01/2007, 20:02
Je ne suis pas convaincue d'une exploitation des terres agricoles pour la production de biocarburants, dans une époque où la désertification s'étend de l'épuisement des terres arables.

Ne peut-on craindre la stérilisation définitive des sols par une exploitation de type minière des terres agricoles pour parvenir aux rendements attendus de biocarburants?
Ne peut-on craindre à partir de la promotion des biocarburants, celle de la culture des bioGNcarburants à partir du soja génétiquement modifié ?

Cette idée de transformer les agriculteurs en producteurs de carburants me déplait

Peut-être devrait-on songer à réaliser des biocarburants à partir de nos détritus compostables?
N'est-il pas imaginable de produire de l'alcool à partir de déchets tels sciure de bois, feuilles mortes, épluchures ou autres détritus comportant du sucre sous la forme de cellulose?
Ne peut-on imaginer exploiter l'énergie des éléments azotés de nos déchets pour en extraire des produits dynamiques, à l'image du nitre ou salpêtre?
Merci
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