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Les changements climatiques menacent le secteur des sports d’hiver en Europe

6569 lectures / 2 commentaires15/01/2007, 16:46
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les changements climatiques menacent le secteur des sports d’hiver en Europe
crédit : notre-planete.info
D’après les relevés historiques existant, plusieurs régions des Alpes ont connu leur mois de novembre le plus chaud, ce qui a retardé l’arrivée de la neige de plusieurs semaines et inquiète les professionnels du tourisme d’hiver. Tandis que les premiers flocons tombent sur les pentes, des questions se posent : cet automne particulièrement doux était-il une exception ou annonçait-il les effets des changements climatiques ? Quelle est la sensibilité des Alpes à de tels changements ?

Le tourisme est une activité économique essentielle dans les pays Alpins. On dénombre chaque année entre 60 à 80 millions de touristes et quelque 160 millions de "journées skieurs" en France, Autriche, Suisse et Allemagne. D’après une nouvelle analyse de l’OCDE (la première étude internationale systématique sur les domaines skiables de l’arc alpin), les changements climatiques remettent gravement en question la fiabilité de l’enneigement dans les stations de ski et, par conséquent, menace les économies régionales qui sont tributaires du tourisme d’hiver.

Les Alpes sont particulièrement sensibles aux changements climatiques et le réchauffement récent y a été à près de trois fois supérieur à la moyenne mondiale. Les années 1994, 2000, 2002, et 2003 ont été les plus chaudes dans les Alpes au cours des cinq cents dernières années (d’après des reconstructions de haute résolution du climat de la région depuis 1500 après J-C.). Les projections des modèles climatiques font état de changements encore plus sensibles dans les décennies à venir, notamment d’une diminution de la quantité de neige à basse altitude et d’un recul des glaciers conjugué à la fonte du permafrost plus haut.

Actuellement, on considère que 90% des domaines skiables Alpins de moyenne ou grande taille, soit 609 domaines sur 666, bénéficient d’un enneigement naturel suffisant pendant au moins cent jours par an. Les 10% restants opèrent déjà dans des conditions précaires. Une hausse de la température de 1°C, de 2°C ou de 4°C à l’avenir pourrait ramener le nombre de domaines skiables jouissant d’un enneigement fiable à 500, 400 ou 200, respectivement.

Parmi les pays étudiés, c’est l’Allemagne qui est le pays le plus vulnérable, puisque qu’un réchauffement de 1°C y entraînerait une baisse de 60% du nombre de domaines skiables bénéficiant d’enneigement naturel fiable. L’Autriche (où la moitié des revenus du secteur touristique, soit 4.5% de l’économie nationale, provient du tourisme d’hiver) est légèrement plus sensible que la moyenne. La France est proche de cette moyenne et l’Italie légèrement au-dessus. C’est la Suisse qui souffrirait le moins de ces changements, mais même dans son cas, un réchauffement de 1°C ferait diminuer l’enneigement naturel de 10% et un réchauffement de 4°C diviserait par deux le nombre de pistes bénéficiant d’un enneigement fiable.

En France
En France, plusieurs domaines skiables atteignent des altitudes assez élevées. Cela est dû à la
présence de massifs élevés, dont l’accès est aménagé (Mont Blanc, par exemple), et à la construction de « stations intégrées » (stations créées uniquement pour la pratique des sports d’hiver) pour lesquelles le tourisme d’hiver français est réputé. Ces stations, comme l’Alpes d’Huez, La Plagne, Les Arcs, Tignes et Val Thorens, sont généralement situées à des altitudes relativement élevées, au-dessus des villages traditionnels (qui sont au coeur de la plupart des domaines skiables en Autriche, en Allemagne et en Suisse), et parfois même au-dessus de la
limite forestière.
Une élévation de 300 m de la limite de la fiabilité de l’enneigement naturel (2°C supplémentaires
d’ici 2050) ramènerait le nombre de domaines skiables disposant d’une enneigement naturel fiable à seulement 80% environ du total actuel dans les départements de Savoie, des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence (où se trouvent les domaines présentant les plages d’altitude les plus élevées). Toutefois, si la limite remontait de 600 m (4°C de plus d’ici 2100), il tomberait à 71% en Savoie, à 33% dans les Hautes-Alpes et à 10% dans les Alpes-de-Haute-Provence. Les départements des Alpes-Maritimes, au Sud, et de l’Isère et de la Drôme, à l’Ouest, sont plus sensibles à un déplacement de la limite de la fiabilité de l’enneigement naturel. Il en va de même de la Haute-Savoie, qui compte beaucoup de domaines skiables opérant à des altitudes plus basses.

S'adapter, mais à quel prix ?
Les exploitants des stations ont déjà pris des mesures pour s’adapter à l’élévation de la limite d’enneigement et au raccourcissement de la saison, mais la plupart d’entre eux recourent à la technologie au lieu de modifier leurs comportements. La neige artificielle peut être rentable pour eux, mais elle consomme beaucoup d’eau et d’énergie, et a une incidence sur les paysages et les écosystèmes. En outre, les coûts de fabrication de la neige de culture augmentent considérablement à mesure que les températures s’élèvent, et dès lors que celles-ci auront dépassé un certain seuil, fabriquer de la neige ne sera plus viable. Des revêtements de plastique peuvent protéger les glaciers, mais ils ne les empêcheront pas de fondre totalement si la tendance au réchauffement se maintient. Niveler les pentes et détourner les cours d’eau pour modifier le relief mettent l’environnement naturel en péril et accroissent les risques de crues soudaines et d’éboulements. Globalement, l’adaptation obéit aux forces du marché, qui favorisent le statu quo par rapport à des transitions qui pourraient coûter cher économiquement et politiquement à court terme.

En savoir plus
Le rapport complet, intitulé Changements climatiques dans les alpes européennes – Adapter le tourisme d’hiver et la gestion des risques naturels, paraîtra en février 2007.
Des informations complémentaires ainsi que des résumés par pays sont disponibles en ligne.
Notre dossier sur le changement climatique

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Auteur

Organisation de coopération et de développement économiques
2 commentaires sur cette actualité !
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fandorin - europe - 18/03/2007, 21:04
Amusant de voir les prétentus écolos se lamenter de la disparition de la neige naturelle en montagne, et cautioner indirectemement le "business de l'or blanc", destructeur s'il en est : les canons à neige nécessitent de l'eau, de l'énergie et contribue au réchauffement. Pour éviter une crise à un horizon 10-20 ans, il est temps de laisser ce "marché" se régulariser, en supprimant maintenant (progressivement) les subventions nationales, régionales et départementales qui tentent compenser le manque à gagner.
mysteriousme - les ecrennes - 16/01/2007, 19:57
Cet article est très interessant! Mes parents ont été ce week-end dans les Alpes justement, pour voir le départ des mushers de la Grande Odysée... Et effectivement, il n'y avait pas de neige, sauf de l'artificielle!
Ca fait un ou deux mois qu'on nous dit AVEC LE SOURIRE aux JT de 20 heures "il fait doux... très doux" ou bien "les plantes sont déjà en fleurs, nous ne sommes qu'en janvier!" ou encore "les abeilles butinent déjà, dites donc!"... Le tout, sans expliquer le pourquoi du comment! Et ça, c'est énervant, cet article relate bien la situation de crise, et des nombreuses failles d'un raisonnement à court terme! Mais ça, à la télévision, c'est motus et bouche cousue!...
Alors qu'à mon avis, vu comme les gens sont "accros" et "intox" de la télévision, si on parlait beaucoup de l'environnement, ça donnerait des idées à certains, et les télé-amateurs pourraient réagir sans réfléchir puisque ce média dicte une majorité de conduites intellectuelles, de nos jours!...

Alors quand entendrai-je un "ils l'ont dit à la télé" au sujet d'une Emission Ecolo?!

emma!
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page mise à jour le 16/01/2007, 19:57
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