Thon rouge Greenpeace réagit à l'accord sur les quotas de pêche 2007 dans l'Atlantique, la mer du Nord et la Manche, auquel sont parvenus, au terme de 36 heures de négociations marathon à Bruxelles, les ministres européens de la Pêche le 21 décembre.
Condamnation des mesures concernant le cabillaud de la mer du Nord
Alors que les scientifiques estiment qu'il faudrait tout simplement suspendre en 2007 et 2008 la pêche de ce poisson pour espérer voir l'espèce se refaire une santé, les ministres ont cédé au lobby de la pêche. Les quotas ne sont réduits que de 15 à 20 % selon les zones de pêche, et les pêcheurs devront réduire leurs jours de pêche d'à peine 8 à 10 %. « Un scandale, s'insurge Stéphan Beaucher, chargé de campagne Océans de Greenpeace France. 85 % des poissons que l'on pêche aujourd'hui ne se sont jamais reproduits. Tout le monde sait très bien que le stock de morue est au bord de l'effondrement, et on se contente de mesures homéopathiques ! »
Heureuse surprise pour le thon rouge de Méditerranée
Les ministres ont décidé de réduire les quotas de pêche de 18 300 à 9 400 tonnes par an, soit une diminution de 50 %. Abaisser les quotas de moitié, c'est précisément ce que demandait la communauté scientifique à la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (" Iccat " en anglais), réunie à Dubrovnik (Croatie) mi-novembre. « Au final, l'Iccat s'était contenté d'une malheureuse diminution de 15 %, notamment sous la pression européenne, rappelle Stéphan Beaucher. Dans leur accord sur les quotas de pêche, les ministres des Etats membres de l'UE rattrapent donc la bévue de Dubrovnik. Revirement inattendu mais tout à fait bienvenu ! »
Inquiétude face à la réouverture de la pêche à l'anchois dans le Golfe de Gascogne
Autre point de blocage des négociations et sujet très sensible entre la France et l'Espagne, la pêche à l'anchois, fermée en 2005 suite à l'effondrement du stock (divisé par 6 entre 2000 et 2005). Alors qu'avant le début des négociations l'idée de prolonger ce moratoire faisait l'unanimité - à l'exception notable de la France, voilà que les ministres européens ont réouvert la pêche à l'anchois d'avril à juin, pour 10 % des flottilles française et espagnoles (28 bateaux au total). « Pas de quoi mettre l'espèce en péril, mais cette réouverture va moins bien la préserver. Une réévaluation de la situation est prévue pour juin 2007 : nous ferons le point à ce moment-là, explique Stéphan Beaucher. Une chose est sûre : le ministre français Dominique Bussereau est passé en force pour faire plaisir aux pêcheurs en empêchant la reconduction du moratoire, ce qui va réintroduire sur le marché une petite quantité d'anchois, dont le cours va exploser. »
Indignation totale face à l'autorisation de la pêche électrique
Les ministres ont autorisé l'utilisation d'un bourrelet électrique en frontal des chaluts de fond, destiné à envoyer des décharges dans la vase pour faire remonter les poissons qui y vivent enfouis. « Bien sûr, avec cette technique, on ne laboure plus les fonds marins, commente Stéphan Beaucher, mais on ne peut que s'indigner de l'emploi d'une méthode archaïque et brutale, et s'interroger sur l'effet des décharges électriques sur les juvéniles et les pontes enfouis dans les sédiments. »
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