
crédit : www.stopgavage.com
En prévision des fêtes de fin d’année, la promotion du foie gras s’intensifie, surtout au moment où se déroule à New-York un procès visant à y interdire sa production et sa commercialisation. Aux USA comme en France (sur France 2, Journal de 20h du 4 novembre et Télématin du 6 novembre), les promoteurs du foie gras n’hésitent pas, pour justifier le gavage forcé des canards et des oies, à user d’un argument que démentent formellement les scientifiques : en préparation de leur migration, les palmipèdes sauvages se gaveraient pour stocker abondamment des graisses dans leur foie.
Cela est faux.
Les ornithologues spécialistes des oiseaux migrateurs, dont Alain Tamisier (Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive, CNRS, Montpellier) ne cessent de confirmer, depuis vingt ans, que chez les migrateurs tels que le canard col-vert et l’oie sauvage, le stockage d’énergie sous forme de graisses, s’il est présent en faible quantité autour des viscères dont le foie et non pas dans le foie, se fait essentiellement sous la peau , et principalement au niveau de la poitrine, assurant ainsi une protection contre le froid, une distribution équilibrée de la surcharge pondérale, et une utilisation rapide des réserves énergétiques par les muscles lors du vol.
De plus, le canard d’élevage « mulard », issu du croisement entre un canard de Barbarie (non migrateur) et une cane domestique, a hérité le caractère génétique dominant non migratoire du mâle. De ce fait, il ne peut même pas exister de stockage naturel de graisses chez le mulard, oiseau non migrateur.
Pourtant, les promoteurs du foie gras, peut-être à court d’arguments, continuent d’affirmer faussement que le gavage et la fabrication du foie gras sont « naturels », parce qu’ils ne feraient que copier un phénomène naturel.
En revanche, il est naturel que des scientifiques jugent inacceptable qu’il soit fait référence au stockage physiologique normal chez le migrateur, pour tenter de justifier une suralimentation forcée, contraire aux besoins alimentaires des palmipèdes et aboutissant à une surcharge du foie en graisses, considérable et anormale.
Par ailleurs, il est tout aussi naturel, pour tout citoyen, de se demander pourquoi des journalistes consciencieux n’ont pas sollicité d’avis compétent, en l’occurrence celui de spécialistes scientifiques indépendants.
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