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Ouverture de la 12e conférence sur le climat à Nairobi

12952 lectures07 novembre 2006, 09 h 48

Ouverture de la 12e conférence sur le climat à Nairobi
La 12e Conférence des Parties à la Convention climat s'est ouverte aujourd'hui à Nairobi, au Kenya. Au programme : renforcement des efforts engagés, premiers résultats des pays soumis à une réduction de leurs émissions en gaz à effet de serre et préparation de l'après Protocole de Kyoto.

Plusieurs réunions se tiennent à Nairobi à partir du 6 novembre et jusqu'au 17 novembre 2006 :
- la 12e Conférence des Parties (COP12) à la Convention climat à laquelle adhèrent 189 des 192 Etats membres de l'Onu
- la 2e réunion des parties au protocole de Kyoto (COP/MOP2) ratifié par 156 pays à l'exception notable des Etats-Unis et de l'Australie et entré en vigueur en février 2005
- la 24e session des organes subsidiaires (SB24 dont l’organe subsidiaire de mise en œuvre SBI, et l’organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique SBSTA) de la Convention et la 2e réunion du groupe ad hoc sur les engagements futurs des pays développés (AWG 2) .

Selon un communiqué du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, la conférence de Nairobi sera plutôt une conférence de consolidation et de "transition". Les objectifs de la conférence se déclinent en deux grands points :
- La confirmation de la mise en œuvre des engagements et des accords existants de la Convention et du protocole, de part notamment la localisation de la conférence, un continent très vulnérable aux impacts du changement climatique. Il s’agit principalement de l’adaptation (aspects techniques et financiers) aux changements climatiques, du transfert des technologies, et du mécanisme pour un développement propre (MDP). La conférence de Nairobi sera l’occasion de mettre en exergue la mise en œuvre réelle du protocole de Kyoto avec les premiers résultats des rapports des pays de l’annexe I sur les "progrès démontrables".
- La consolidation et la poursuite du débat lancé à Montréal sur l’évolution du régime après 2012 afin de contribuer à l’émergence des éléments d’un consensus politique multilatéral .

A ce titre, plus de 6 000 personnes qui représentent 189 pays et des organisations de défense de l'environnement participent, au siège du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), aux différents chantiers qui seront discutés lors de cette 12e conférence internationale sur le climat.
C’est le vice-président kenyan Moody Awori qui a ouvert la conférence ce 6 novembre en déclarant que "le changement climatique émerge rapidement comme étant l'une des menaces les plus graves à laquelle l'humanité ait jamais été confrontée".

Si il était encore besoin de le rappeler, le commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas a souligné dans un communiqué que "le changement climatique est déjà en train de se produire et il y a des signes que son rythme s'accélère (...) Kyoto était la première étape pour la réduction des gaz à effet de serre mais la communauté internationale devra prendre des actions beaucoup plus ambitieuses après 2012".
Yvo de Boer, Secrétaire exécutif de la Convention de l'Onu sur les Changements Climatiques (CCUNCC) a surenchéri : "le temps d’établir les principes est révolu. Il est temps de passer à l’action sur le terrain".

"La conférence de Nairobi doit faire des progrès pour former les contours d'un concensus international sur les prochaines étapes", a poursuivi Stavros Dimas. Ce que confirme le chef de la délégation française, Paul Watkinson.

Des résultats décevants

Les résultats des pays engagés par le protocole de Kyoto à diminuer leurs émissions en gaz à effet de serre (pays de l'Annexe I) demeurent insuffisants : hormis l'Europe centrale et de l'Est, où les émissions de dioxyde de carbone (CO2) ont baissé (-37%) depuis 1990 en raison de l'effondrement économique, celles des autres pays industrialisés ont augmenté de 11%. "Ils devront intensifier leurs efforts et mettre en oeuvre de vigoureuses politiques", a insisté M. de Boer, visant particulièrement les transports (+24% sur 1990-2004), selon l’Agence France Presse.
Par exemple, l'Espagne a augmenté ses émissions de 1990 à 2004 de près de 50%, la Grèce de 27%, l'Irlande de 23%, l'Italie de 12% et le Portugal de 41%. La France a réussi a baissé ses émissions de 0,8%, loin derrière la Grande-Bretagne (14%) et l'Allemagne (17%) qui multiplient leurs efforts en ce domaine.

Les pays les moins avancés seront les premières victimes

Les pays en développement réclament davantage de soutien financier pour faire face aux modifications du climat. A ce titre, selon l'Onu, 375 projets de Mécanisme de développement propre (MDP) ont été validés et plus de 900 sont en attente, ce qui pourrait représenter au total d'ici 2012 une baisse d'émissions de CO2 équivalente à celles du Royaume-Uni et de l'Espagne réunies. Pour autant, ces projets sont très inégalement répartis: l'Inde à elle seule capte 39% de ces investissements, quand les pays les moins avancés, notamment l'Afrique, ne récoltent que les miettes, avec 1,7% des projets.
Or, les pays les plus pauvres, qui sont les plus démunis, seront les plus durement touchés par des changements climatiques. Un nouveau rapport publié dimanche 5 novembre du CCNUCC note que "30% des infrastructures côtières d’Afrique, y compris les aménagements humains au long du Golfe de Guinée et des côtes sénégalaises, gambiennes et égyptiennes, risquent d’être submergées" du fait du réchauffement de la planète.
Sur un continent où 70% des 800 millions d'Africains vivent de l'agriculture, l'ONU estime que "la vulnérabilité du continent face au changement climatique est beaucoup plus forte qu’on ne le pensait".
Ainsi, "le rendement des cultures céréalières baissera de 5% (...) d’ici les années 2080, et les cultures de base, comme le sorgho au Soudan, en Ethiopie, en Erythrée et en Zambie, le maïs au Ghana, le mil au Soudan ou l’arachide en Gambie, se détérioreront en raison du changement climatique", selon le rapport.

Les Etats-Unis continueront de jouer les outsiders

Aujourd'hui, le président de la délégation américaine à la 12e conférence internationale sur le climat, Harlan Watson a indiqué que la position américaine sur la non-ratification du protocole de Kyoto ne devrait pas évoluer "pendant la présidence" de George W. Bush qui prendra fin en janvier 2009. Heureusement, des initiatives fédérales et locales dans ce pays contredisent le gouvernement américain.
Notons que les Etats-Unis qui émettent près d'un tiers des gaz à effet de serre, ont vu leurs rejets augmenter de près de 16% entre 1990 et 2004... L'Australie, qui refuse également de s'engager, a augmenté dans le même temps ses émissions de plus de 25%.

En savoir plus

Site de la 12e Conférence des Parties à la Convention climat (en anglais)
Rapport sur l’impact du changement climatique en Afrique et sur la vulnérabilité et l’adaptation du continent face à ces changements
Le changement climatique

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info ; date originale : 06 novembre 2006, 16 h 34 - Tous droits réservés

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