L'Institut français de l’environnement (IFEN) nous propose une nouvelle mise à jour de son remarquable rapport "L’environnement en France", dont la dernière version datait de 2002.
Ces rapports, qui existent depuis 1994, présentent l'état de l'environnement et des milieux, ainsi que les acteurs et les pressions exercées par les activités humaines sur l'environnement de la France.
L’environnement en France, édition 2006, dresse un état des lieux de l’environnement en France et de son évolution, à partir des données et informations disponibles les plus récentes. C’est l’occasion de faire un bilan des progrès ou des dégradations constatés depuis plusieurs décennies et de mettre l’accent sur l’émergence de nouveaux problèmes environnementaux.
Réalisé par l'IFEN, ce rapport met à la disposition de tous des analyses couvrant l’ensemble des domaines de l’environnement. L’état des milieux naturels et des territoires est examiné au travers des grandes évolutions de notre société et des pressions exercées par les activités économiques et les ménages. Il aborde également les impacts sur la biodiversité, le climat et les hommes. Il présente enfin les actions des citoyens, des entreprises et des acteurs publics pour limiter les impacts sur l’environnement et prendre en compte les dimensions du développement durable.
En ce début de XXIe siècle, l’environnement est une préoccupation forte de la société et occupe une place grandissante dans le débat politique et les médias. Le réchauffement climatique, la raréfaction de certaines ressources non renouvelables, l’érosion de la biodiversité appellent des réponses de l’ensemble des acteurs afin de sauvegarder l’équilibre de la planète pour les générations futures. Après la mobilisation des agents économiques, l’enjeu est aujourd’hui d’intégrer l’environnement aux comportements individuels, notamment grâce à une meilleure information des consommateurs.
Avec l’adoption de la Charte de l’environnement en 2005, la Constitution française affirme désormais les valeurs du développement durable. Elle reconnaît à chacun "le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé", ainsi que le devoir de prendre part à sa préservation et son amélioration.
Cet ouvrage collectif a l’ambition de permettre au lecteur de comprendre toute la complexité des problèmes environnementaux et de l’aider à se forger une opinion et des règles d’action. Publié tous les quatre ans, il répond aux obligations internationales et nationales sur l’accès du public à l’information en matière d’environnement.
A l'occasion de la sortie officielle du rapport, le 17 octobre, Nelly Ollin, Ministre de l’Ecologie et du Développement durable a prononcé un discours qui résume les problèmatiques prises en compte et émergentes :
"Ce Rapport sur l’état de l’environnement dresse un bilan sans concession des progrès ou des dégradations de l’environnement survenus depuis sa précédente édition en 2002 et il met en évidence les problèmes émergents.
De manière générale, les situations les plus critiques de forte pollution localisée se sont beaucoup améliorées.
Les pollutions ponctuelles importantes sont pour l’essentiel maîtrisées. Il subsiste quelques difficultés, qui relèvent, soit de pollutions historiques, soit de l’exception, qu’il faut traiter.
Les efforts réalisés depuis 30 ans, avec notamment la Loi de 1976 relative aux installations classées, ont porté leur fruit. Il faut bien entendu les poursuivre.
Mais nous devons aujourd’hui faire face à des problématiques moins visibles et plus insidieuses. Les milieux naturels subissent une multiplicité d’agressions qui, additionnées, les dégradent partout. On voit aujourd’hui à la fois moins de tronçons de cours d’eau de très mauvaise qualité, mais aussi beaucoup moins de lieux où les milieux aquatiques sont en très bon état, signe d’un recul général des ressources naturelles.
Concernant la lutte contre les émissions diffuses de CO2, les étiquettes énergie, les crédits d’impôts en faveur des véhicules propres, le développement de l’offre de transport public, sont autant de moyens de réduire ces nuisances et d’améliorer la qualité de vie de nos concitoyens.
Le développement de l’urbanisation, et en particulier de la périurbanisation, diminue l’espace disponible pour les espèces sauvages, détruisant des habitats et rendant plus difficile leurs connexions, ce qui a des effets très négatifs sur la biodiversité et les paysages (...)
Les zones artificielles couvrent désormais 8% du territoire métropolitain alors que, 10 ans auparavant, elles n'en couvraient que 7%. Cette augmentation peut paraître faible mais cela représente, chaque année, 60 000 hectares perdus (...)
Parallèlement, de nouvelles problématiques émergent. Certains sujets, qui étaient peu présents dans les rapports précédents apparaissent dans celui-ci.
Des produits phytosanitaires peuvent être présents dans l’air en périphérie des agglomérations.
De nouveaux polluants, comme les médicaments, apparaissent dans les eaux. Même le changement climatique, sujet ô combien prégnant, ne faisait pas l’objet d’un chapitre en 2002 !"
Nous vous le conseillons vivement, parce qu'il est incontournable, clair, précis et qu'il regorge de données permettant de comprendre l'évolution de l'état de l'environnement en France. Pour vous en faire une idée, vous pouvez en
consulter la synthèse (format PDF)
En savoir plus
L'environnement en France - Edition 2006Actualités connexes
02/07/2008
La France face à ses objectifs environnementaux européens05/11/2007
Les agriculteurs, les Français et l'environnement : contre les idées reçues12/01/2005
La Commission européenne met en garde la France sur l'environnement04/08/2002
Hausse des dépenses françaises dans la protection de l'environnement30/07/2002
Enquête d'opinion des Français sur l'environnement et leur santé21/05/2002
La croissance économique française accroît les pressions sur l'environnementAuteur
Christophe Magdelaine - notre-planete.info (tous droits réservés)