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Le thème de la Journée internationale de la prévention des catastrophes naturelles (1) et de la campagne mondiale pour 2006 - « Atténuation des risques créés par les catastrophes: le travail commence à l’école » - met en avant la nécessité de protéger nos enfants et de les faire participer directement à l’action que nous menons pour être mieux préparés en cas de catastrophe.
Les enfants sont particulièrement vulnérables face aux risques naturels. Mais ils peuvent aussi faire changer les choses, à condition d’avoir été bien instruits sur la manière de se préparer en cas de catastrophe, sur ce qu’il faut faire en cas d’alerte et sur les moyens de réduire les risques chez eux et dans leur voisinage. Aussi faut-il absolument incorporer dans les programmes scolaires un enseignement sur les risques créés par les catastrophes et faire en sorte que les enfants comprennent les rapports entre ces risques et l’environnement. Il faut aussi que les jeunes participent aux activités de recensement et d’évaluation des risques et qu’on leur donne la possibilité d’échanger des données d’expérience et des connaissances concernant les pratiques optimales, notamment entre eux. Il faudrait aussi renforcer les bâtiments scolaires, afin qu’ils résistent mieux aux forces de la nature.
Sur ces dix dernières années, les catastrophes d’origine naturelle ont fait plus de 600 000 morts et touché plus de 2,4 milliards de personnes, dont la majorité vivait dans des pays en développement. Les acquis de nombreuses années de développement ont été balayés, et des millions d’êtres se sont encore plus enfoncés dans la pauvreté et se trouvent maintenant encore plus démunis face aux risques naturels. Plus que jamais, il faut que nous en fassions plus pour qu’ils soient moins vulnérables.
Hier, Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, a souligné les progrès accomplis dans les secours d'urgence au regard du peu qui est fait pour prévenir les risques liés aux catastrophes naturelles, qui ont touché 91 millions de personnes en 2006 pour un coût de 173 milliards de dollars.
Jan Egeland présentait à New York un « partenariat unique », la Stratégie internationale pour la prévention des catastrophes , aux côtés de Katherine Sierra, de la Banque mondiale, et de Michel Jarraud, de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) ainsi que de représentants de la Croix-Rouge.
L'année 2005 a été l'année des catastrophes :
le tsunami,
l'ouragan Katrina,
le tremblement de terre au Pakistan. Mais si l'on croit que 2006 a été mieux, c'est une erreur : il y eu 267 catastrophes enregistrées du début de l'année au mois d'août. 91 millions de personnes ont connu la dévastation, a indiqué le Secrétaire général adjoint.
Ces 12 derniers mois, le coût de ces catastrophes s'est élevé à 173 milliards de dollars. Ces trente dernières années, soit en une génération, cinq fois plus de gens ont été affectés par des catastrophes naturelles, a-t-il précisé.
« Il s'agit d'une explosion au niveau historique », a-t-il insisté, incriminant le changement du climat, manifesté par la sécheresse, les inondations, et le fait qu'un nombre plus grand de personnes vivent dans des zones exposées.
« Il n'est plus controversé de faire remarquer qu'il existe un changement climatique, nous traversons la période la plus chaude jamais enregistrée », a souligné Jan Egeland en réponse à une question. Ce qui est débattu ce sont les causes de ce changement et son caractère réversible, a-t-il ajouté.
« La bonne nouvelle » est que l'on peut relativement facilement prévenir les pertes en vies humaines et les pires conséquences de ces catastrophes, a-t-il fait observer.
On peut alerter sur le déclenchement d'un
tsunami, on peut prévoir le passage d'un
ouragan avec une grande précision, mais on tarde encore à prévenir les populations, a-t-il rappelé.
« On peut aussi par exemple faire en sorte que les écoles soient résistantes aux tremblements de terre. Ce n'était pas le cas au Pakistan, ce qui a causé la mort de 17 000 enfants en une minute seulement, dans l'effondrement de 6 000 écoles au Pakistan et au Nord de l'Inde », a-t-il encore dit.
Depuis lors, nous avons formé 7 600 architectes et ingénieurs à la construction de bâtiment plus sûrs. Et les écoles qui ont été reconstruites seront antisismiques, a-t-il affirmé, ajoutant aussi que 38% des enfants inscrits sont maintenant des filles, ce qui est bien davantage qu'avant.
Quatre-vingt cinq pays ont maintenant nommé un responsable des progrès du cadre d'action de Hyogo de 2005, qui est un engagement moral envers la prévention des catastrophes, a-t-il encore rappelé.
La communauté internationale avait adopté, le 22 janvier 2005 à Kobe au Japon, un plan d'action sur 10 ans, baptisé Cadre d'action de Hyogo (2), pour réduire les risques liés aux catastrophes naturelles, ainsi qu'une déclaration qui recommandait qu'une culture de la prévention soit encouragée à tous les niveaux.
Elle reconnaissait aussi les relations entre la réduction des catastrophes, le développement durable et la réduction de la pauvreté.
Le représentant de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), Michel Jarraud, a souligné que toutes les agences des Nations Unies étaient concernées.
Il a aussi rappelé à quel point la prévention est « rentable » : 1 dollar investi dans la prévention permet d'en économiser entre 7 et 10 dans les secours, a-t-il estimé, autant de fonds qui pourraient être investis dans le développement.
Interrogé sur les régions les plus avancées dans ces efforts, Jan Egeland a salué les progrès notables de l'Asie, de la Chine et de l'Inde qui sont en mesure de répondre aux situations de crise sans aide extérieure. Mais l'Afrique reste très vulnérable, a-t-il fait remarquer, notamment dans les pays du Sahel qui ne disposent pas encore d'une stratégie d'atténuation des catastrophes.
« Il s'agit en définitive aussi d'une question de développement », a déclaré Katherine Sierra, soulignant le non-respect des interdictions de construire dans des zones dangereuses, où s'installent les bidonvilles à cause de la pauvreté, l'existence de codes de la construction adaptés à l'accroissement des catastrophes naturelles, une bonne gouvernance pour veiller à ce que les codes soient effectivement appliqués.
Notes
(1) Par la résolution 44/236 du 22 décembre 1989, l'Assembée générale de l'ONU a décidé de célébrer, chaque deuxieme mercredi d'octobre, la Journée internationale de la prévention des catastrophes naturelles. Ce jour avait été choisi pendant la Décennie internationale pour la prévention des catastrophes naturelles, 1990-1999.
(2) La communauté internationale a fait siennes les priorités définies dans le document intitulé « Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015 : Renforcer la capacité de récupération des pays et des collectivités face aux catastrophes ». La Stratégie internationale de prévention des catastrophes – système qui regroupe tout un éventail d’intervenants à l’échelle mondiale– vise à renforcer la coordination et à mobiliser les ressources.
En savoir plus
Site officiel de la journée internationale de prévention des catastrophes naturelles
Notre dossier sur
les risques naturel
Notre dossier sur
le changement climatiqueAuteur
Nations UniesLes opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
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