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L'OMS préconise la réutilisation du DDT pour vaincre le paludisme

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13 906 lectures / 1 commentaire19 septembre 2006, 10 h 43

L'OMS préconise la réutilisation du DDT pour vaincre le paludismeMoustique vecteur du paludisme (genre Anopheles)
© CDC Public Health Image Library

Près de trente ans après l'abandon progressif de la pulvérisation à grande échelle de DDT et d'autres insecticides dans les habitations pour lutter contre le paludisme, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé aujourd'hui que cette méthode allait de nouveau jouer un rôle important dans son combat contre la maladie. L'OMS recommande désormais la pulvérisation d'insecticide à effet rémanent à l'intérieur des habitations non seulement dans les zones d'épidémie palustre mais aussi dans celles où la transmission de la maladie est constamment élevée, notamment dans toute l'Afrique.

« Les données scientifiques et programmatiques justifient sans conteste cette réévaluation », a déclaré le Dr Anarfi Asamoa-Baah, Sous-Directeur général de l'OMS chargé du VIH/SIDA, de la tuberculose et du paludisme. « La pulvérisation d'insecticide à effet rémanent dans les maisons est utile pour réduire rapidement le nombre de personnes contaminées par les moustiques porteurs de la maladie. Elle s'est révélée d'un aussi bon rapport coût/efficacité que les autres mesures de prévention du paludisme et le DDT ne présente pas de risque pour la santé s'il est correctement utilisé. »

L'OMS a activement encouragé le recours à cette méthode prophylactique jusqu'au début des années 80 quand, ayant de plus en plus de raisons de s'inquiéter des effets du DDT sur la santé et l'environnement, elle lui a préféré d'autres moyens de prévention. Depuis, de nombreux tests et travaux de recherche ont montré que la pulvérisation de DDT à l'intérieur des habitations dans le cadre de programmes bien gérés n'est dangereuse ni pour l'homme ni pour la faune et la flore.

« Nous devons fonder notre position sur la science et les données objectives », a expliqué le Dr Arata Kochi, Directeur du Programme mondial de lutte antipaludique à l'OMS. « L'une des meilleures armes que nous ayons contre le paludisme est la pulvérisation d'insecticide à effet rémanent dans les habitations. Sur la douzaine d'insecticides que l'OMS juge sans danger pour cet usage, le plus efficace est le DDT. »

La pulvérisation d'insecticide à effet rémanent à l'intérieur des habitations consiste à appliquer des insecticides à effet longue durée sur les murs et le toit des maisons et des abris pour animaux domestiques afin de tuer les moustiques porteurs du paludisme qui se posent sur ces surfaces.

« Pulvériser des insecticides dans les habitations, c'est comme tendre une énorme moustiquaire au-dessus d'une maison pour la protéger 24 heures sur 24 », a expliqué le Sénateur américain Tom Coburn, l'un des principaux avocats de la lutte antipaludique dans le monde. « Grâce à la position claire de l'OMS sur la question, nous pouvons enfin couper court aux mythes et prétendues données scientifiques qui n'ont fait qu'aider les vrais ennemis, les moustiques, qui mettent en danger la vie de plus de 300 millions d'enfants chaque année. »

Ces dernières années, l'opinion a changé au sujet de l'utilisation d'insecticides dans les maisons pour prévenir le paludisme. Le Environmental Defense Fund, qui avait lancé la campagne contre le DDT dans les années 60, approuve maintenant son usage à l'intérieur des habitations contre le paludisme, tout comme le Sierra Club et le Endangered Wildlife Trust. Par ailleurs, il a été annoncé l'année dernière que la récente initiative du Président des Etats-Unis contre le paludisme financerait la pulvérisation de DDT sur les murs intérieurs des habitations pour prévenir la maladie.

« Je pense que les 15 programmes de pays au profit desquels le Président Bush s'est engagé à verser US $1,2 milliard pour réduire de moitié les décès par paludisme feront une large place à la pulvérisation d'insecticide rémanent dans les maisons, et principalement de DDT », a présagé l'Amiral R. Timothy Ziemer, qui coordonne l'initiative du Président. « Parce que c'est une méthode relativement bon marché et très efficace, l'AID des Etats-Unis finance la pulvérisation d'insecticide à l'intérieur des habitations dans le cadre d'un programme complet et équilibré de prévention et de traitement. »

Les données de programme montrent qu'effectuée correctement et en temps voulu, la pulvérisation d'insecticide à effet rémanent dans les habitations réduit la transmission du paludisme dans une proportion pouvant atteindre 90 %. L'Inde est parvenue autrefois à diminuer considérablement la morbidité et la mortalité palustres en pulvérisant du DDT dans les habitations. L'Afrique du Sud a réinstauré la pulvérisation de DDT pour maintenir la morbidité et la mortalité aux taux les plus bas jamais enregistrés et progresser vers l'élimination de la maladie. Aujourd'hui 14 pays d'Afrique subsaharienne pratiquent la pulvérisation d'insecticide à effet rémanent dans les habitations et dix d'entre eux utilisent du DDT.

A la conférence de presse tenue le 15 septembre, l'Organisation mondiale de la Santé a également lancé un appel à tous les responsables de programmes de lutte antipaludique dans le monde pour qu'ils énoncent clairement leur position sur la pulvérisation d'insecticides à effet longue durée comme le DDT à l'intérieur des habitations, en indiquant où et quand seront effectuées ces pulvérisations conformément aux directives de l'OMS, et quels moyens ils mettront en oeuvre pour accélérer et bien gérer cette intervention.

« Tous les organismes de développement et tous les pays d'endémie doivent agir conformément à la position de l'OMS sur la pulvérisation de DDT à l'intérieur des habitations », a estimé le Sénateur Coburn. « Les donateurs, en particulier, doivent aider l'OMS à fournir l'appui technique et programmatique nécessaire pour que cette intervention soit correctement appliquée. »

Au même titre que l'utilisation généralisée de moustiquaires imprégnées d'insecticide, la pulvérisation d'insecticide à effet rémanent à l'intérieur des habitations compte désormais parmi les principales interventions que préconise l'OMS pour combattre et éliminer le paludisme dans le monde. L'OMS recommande depuis longtemps l'utilisation de moustiquaires, mais les moustiquaires à imprégnation durable mises au point dernièrement sont beaucoup plus efficaces. Contrairement aux anciennes, il n'est pas nécessaire de les tremper dans des seaux d'insecticide tous les six mois et elles restent efficaces pendant au moins cinq ans sans qu'il soit besoin de les retraiter.

Enfin, pour les malades, il existe maintenant des médicaments plus efficaces, de plus en plus largement distribués. Il s'agit des associations médicamenteuses comportant de l'artémisinine (ACT), qui remplacent les antipaludiques devenus inopérants dans de nombreuses régions à cause de la pharmacorésistance. Ces médicaments salvateurs sont de plus en plus largement distribués dans le monde. En janvier de cette année, l'OMS a pris des mesures strictes pour éviter la résistance aux antipaludiques en interdisant l'utilisation des monothérapies. La pharmacorésistance a notamment pour effet de compromettre le traitement préventif intermittent pendant la grossesse, stratégie cruciale pour protéger les femmes enceintes contre les conséquences de la maladie.

Depuis quelques années, grâce à la création du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, aux projets de la Banque mondiale visant à financer beaucoup plus généreusement la lutte antipaludique et à l'initiative du Président contre le paludisme, on dispose de beaucoup plus de fonds pour appliquer plus largement ces trois interventions stratégiques.

« Vu les sommes importantes enfin débloquées pour la lutte antipaludique, il est plus indispensable que jamais que l'OMS donne des orientations techniques avisées et assiste les programmes pour que ces ressources soient utilisées en temps voulu et à bon escient », a souligné le Dr Kochi.

On recense chaque année plus de 500 millions de cas de paludisme aigu, dont plus d'un million sont mortels. Au moins 86 % de ces décès ont lieu en Afrique subsaharienne. On estime que 3 000 enfants et nourrissons meurent chaque jour du paludisme dans le monde et que, chaque année, 10 000 femmes enceintes succombent à la maladie en Afrique. Le paludisme touche de façon disproportionnée les pauvres, près de 60 % des cas se produisant parmi les 20 % les plus pauvres de la population mondiale.

Auteur

Organisation Mondiale de la Santé

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

1 commentaire

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Ted Tessier - Nantes le 03/10/2006, 09:23
Une information qui ne manquera pas d'intéresser les participants au colloque international
"Environnement et santé durable : une expertise internationale" organisé par " L'Association pour la Recherche Thérapeutique Ant-Cancéreuse" (ARTAC)...alerte

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Vous êtes un humain ? Prouvez-le ! Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

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