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La disparition des grands carnivores bouleverse nos écosystèmes (vidéo)

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3 682 lectures / 9 commentaires03 février 2014, 11 h 46

lionne elephant© C. Magdelaine / notre-planete.info

L'étude la plus complète jamais faite auparavant révèle que les plus grands carnivores du monde sont des éléments clé de nos écosystèmes. Ils permettent entre autres la régulation des espèces de faune et de flore mais également de préserver la bonne santé des troupeaux. Malheureusement, ils sont en voie de disparition...

Science, une revue scientifique américaine à renommée internationale, a publié, jeudi 9 janvier 2014, l'étude la plus complète à ce jour du statut et des effets écologiques des plus grands carnivores du monde.
Cette équipe internationale et pluridisciplinaire de chercheurs essaie, à travers cette étude, d'explorer « comment les carnivores régulent les structures et le fonctionnement des écosystèmes et ce qu'il se passe quand ils sont perdus », explique John Robinson, l'un des chercheurs, qui est par ailleurs également le vice-président exécutif de la société pour la conservation de la faune sauvage (WCS). « Pour beaucoup, ce sera une révélation et nous espérons apporter un changement dans les attitudes et une appréciation plus profonde du rôle de ces espèces clé ».

Les mammifères carnivores

Ce sont des mammifères qui, en principe, ne mangent que de la viande. Cependant, certains sont omnivores, et même herbivores, comme le célèbre panda. Les carnivores sont répartis sur plusieurs familles : 

Canifornia (caniformes)

  • Canidés
  • Mustélidés
  • Procyonidés
  • Ursidés
  • Otariidés
  • Odobénidés
  • Phocidés

Feliformia (feliformes)

  • Félidés
  • Viverridés
  • Herpedtidés
  • Hyénidés
  • Eupléridés

en gras : familles d'où proviennent les plus grands carnivores du monde.

Sur trente et un plus grands mammifères du monde (d'un poids adulte d'au moins 15 kilos[1] ) appartenant à l'ordre des carnivores, dix-neuf d'entre eux (61%) sont classés comme « menacés » par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et dix-sept occupent aujourd'hui une aire réduite de plus de moitié par rapport à leur territoire ancestral. On observe chez la plupart des mammifères (77%) des déclins drastiques de la population alors que l'on commence seulement à se rendre compte de leur impact réel sur les écosystèmes.

« Globalement, nous sommes en train de perdre nos grands carnivores, constate le premier auteur de l'étude, William Ripple, professeur au département des écosystèmes forestiers et de la société de l'Université de l'Oregon. Et, ironie du sort, ils disparaissent précisément lorsque nous prenons conscience de leur importance écologique »

Les principales causes de disparition des carnivores

Causes disparition mammifères canrivoresNiveaux d'atteinte des prédateurs en fonction des principales causes de leur disparition. En rouge : fort impact, en vert : impact limité. En gris : absence de données ou impossible à évaluer vu le peu de carnivores encore présents

La perte d'habitat et la fragmentation des espaces sont dus au défrichement des espaces naturels à cause de l'urbanisation, l'agriculture, et la multiplication des infrastructures de communication (routes, chemin de fer...) qui cloisonnent les espaces où habitent les grands carnivores, créant des barrières entre et parmi une espèce.

La persécution par l'abattage (pièges ou chasse) est dans certains cas renforcé par des subventions du gouvernement pour éliminer ou réduire une population en réponse à une menace perçue ou réelle aux activités pastorales et agricoles (comme c'est le cas de la chasse au loup ou au renard en France).

L'utilisation des carnivores pour les ressources qu'ils offrent est en grande partie responsable de la décimation des espèces. Par exemple, l'utilisation de parties de leurs corps en médecine traditionnelle, leur fourrure et leur viande, le sport qu'ils permettent lors de la chasse, leur vente à des ménageries ou zoos.

L'épuisement des proies dont les carnivores se nourrissent, souvent dû à la chasse, la pollution, un habitat réduit et d'autres facteurs, réduisent l'apport alimentaire de base des grands carnivores. 

Les bénéfices des grands carnivores sur les écosystèmes

Les services écosystémiques sont des services que la nature fournis de manière gratuite, comme la pollinisation, en déclin. Les carnivores en fournissent de nombreux comme le stockage du carbone pour amortir les changements climatiques, le développement et le rétablissement de la biodiversité, et même la régulation des populations d'autres espèces animales. Ainsi, comme on peut l'imaginer, les carnivores, en chassant et tuant des proies en nombre suffisant pour satisfaire un appétit digne d'un être de leur taille, impactent leur écosystème de manière importante, et régulent la population de leurs proies. Ce que l'on n'imagine pas, c'est à quel point les carnivores impactent leur environnement.

Tourisme

Grace à leur nature emblématique et charismatique, les grands carnivores procurent des avantages économiques directs aux populations locales. En effet, de nombreux touristes sont attirés par l'espoir de photographier ces grands prédateurs qu'ils n'aperçoivent que rarement.

Le stockage du carbone

En limitant le nombre de proies, souvent herbivores, les carnivores permettent ainsi à la végétation de se développer, des plantes qui absorbent et stockent le CO2 par nature. La conservation et restauration de grands carnivores pourrait ainsi inverser le déclin de la biomasse végétale. La restauration des loutres de mer en Alaska permet de réduire les populations d'oursins qui permettent à leur tour l'épanouissement du varech et ainsi le stockage de 4,4 à 8,7 Gt de carbone pour une valeur de 205 millions de dollars. En France, par exemple, dans certaines zones, la prolifération des sangliers et des cerfs empêche la régénération de la végétation : les forêts se meurent, incapables de se régénérer sans les loups tant redoutés. Ainsi, en réduisant le nombre d'herbivores, les plantes ont plus de chances et de temps pour se développer, assurant une plus grande biodiversité.

Des évolutions constantes encouragées par la prédation

Indirectement, la prédation est également à l'origine d'évolutions dans les comportements des autres espèces animales. Afin d'être moins vulnérables, celles-ci changent leur comportement, comme leur manière de se nourrir, les sources de nourriture utilisés, la taille des troupeaux ou les horaires d'activité.

La régulation des espèces directement et indirectement liées aux prédateurs

Nous savons que les carnivores impactent leurs proies, souvent les gros herbivores. Cependant, la prédation peut causer des effets indirects qui se propagent à travers les niveaux trophiques, vers le bas, affectant une faune et une flore qui peuvent sembler écologiquement éloignés du carnivore.

En réduisant l'abondance numérique d'une proie dominante dans l'écosystème, ou en changeant son comportement, les carnivores parviennent à ériger des « frontières » qui permettent aux concurrents les plus faibles de persister dans l'environnement.

A titre d'exemple, en 1999, des chercheurs américains ont observé que, 9 mois après l'enlèvement des coyotes dans une région du Texas, la diversité des espèces de rongeurs avait, contrairement aux idées reçues, largement diminué par rapport aux zones où les coyotes étaient encore présents.

La réduction des maladies et malformations génétiques par le choix des proies

Lorsque les grands carnivores choisissent leurs proies, ils choisissent les plus faibles, les malades, celles qui ne peuvent suivre la meute. De cette manière, ils empêchent les épidémies, et les malformations de se propager dans les générations, ainsi les populations animales conservent un matériel génétique sain.

Dans le Parc National Badlands, aux Etats Unis, des bisons de la réserve ont été observés avec « des sabots déformés ou des portions de jambes manquantes, explique Joel Berger, l'un des scientifiques de l'étude. Originellement, ces bisons auraient été sélectionnés par les loups, ce qui aurait contribué à améliorer la santé générale du troupeau. Aujourd'hui, sans loups, ces bisons déformés survivent et se reproduisent. Ce n'est pas une bonne méthode pour conserver des écosystèmes sains ».

Bénéfices pour les troupeaux d'élevage

Grâce à la prédation, les carnivores réduisent la compétition entre le bétail et les herbivores sauvages. Les troupeaux ont ainsi accès à une nourriture variée, durable et en quantité suffisante. Bien sûr il y a toujours les couts directs liés aux pertes de bétail, mais au final, le coût du maintien de l'équilibre naturel est bien plus élevé que le coût des attaques des prédateurs.

La disparition des grands carnivores : un futur inquiétant

Ces résultats nous montrent à quel point il est important d'apprendre à coexister avec les prédateurs. Ils fournissent de nombreux services aux écosystèmes qui les abritent et sans eux les maillons des chaines alimentaires sont irréversiblement transformées au point que dans certains écosystèmes, des espèces invasives prennent le dessus et déséquilibrent les milieux.

Car il ne faut pas oublier que les espèces indigènes ou introduites sont moins susceptibles de devenir envahissantes dans des écosystèmes où les interdépendances entre les maillons des chaines alimentaires, restent intactes ! La perte de certaines espèces animales pourrait augmenter le taux de désertification et ainsi accentuer les changements climatiques. Il ne faut pas oublier qu'on en sait encore très peu sur leur rôle et que leur disparition pourrait entraîner des surprises d'envergure...

Notes

  1. Bien que le rôle des petits carnivores soit au moins aussi important que celui des grands carnivores, seuls les carnivores de plus de 15kg sont considérés dans l'étude.

Sources et références

Auteur

avatar Elodie GT / notre-planete.info - Tous droits réservés

9 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

Carole Tessier le 03/02/2014, 16:07
Et oui, les grands prédateurs sont indispensables à l'équilibre des écosytèmes.
Une petite vidéo à regarder: le réensauvagement pour un monde merveilleux, des conférences TED.
Depuis que les loups sont revenus dans le parc de Yellowstone, c'est tous les paysages qui ont changés. Les grands carnivores ont régulé et canalisé les populations de cerfs, permettant à la végétation, parfois complêtement disparue par la consommation intensive des cerfs, de reprendre. Des arbres ont pu repousser en bords de cours d'eau, stabilisant ainsi les berges... bref, regardez la conférence, c'est très instructif.
Malheureusement, ça a bien fonctionné à Yellowstone, mais je ne suis pas sure que ça marcherait en France par exemple. L'humain a pris trop d'ampleur sur les territoires pour permettre aux grands prédateurs d'avoir des surfaces adaptées à leurs besoins. En plus, il y aurait conflit d'intêret, c'est déjà le cas avec les loups et les ours.
Quoi qu'il en soit, c'est quand même bien triste que plus de la moitié de ces grands prédateurs soit menacés. Jusqu'où irons nous?alerte
Christian Bauloy le 03/02/2014, 19:40
On est pas très écolo en France !! Tout les grand prédateurs sont très mal vu !! En parlant des loups, les politiques n'ont d'yeux que pour les éleveurs de mouton par exemple, un élevage qui ne serait pas rentable sans le soutien de l'état !! On pourrait aussi parler des pauvres ours "à qui ont dit qu'ils n'ont le droit de vivre en France" pour ainsi dire !! Ou encore le lynx qui est déjà trop gros pour certains !!! "Triste monde !!!"alerte
Carole Tessier le 04/02/2014, 11:12
Les éleveurs sont malheureusement beaucoup moins aidés par l'Etat que les céréaliers... Et puis comme tout le monde veut acheter la viande la moins chère possible, les éleveurs ne font pas beaucoup de profits. Mais là n'est pas la question.
Les populations de loups en France sont en augmentation, et des individus ont été vus dans les vosges, la haute marne, le massif central. Il gagne du terrain et c'est une bonne nouvelle. Mais je pense, et ce n'est que mon avis personnel, qu'à l'heure actuelle, les territoires sont devenus inadaptés à ces grands prédateurs. De très grands espaces non "colonisés" par l'homme sont de plus en plus rare en France.alerte
Bruno herblay le 04/02/2014, 21:38
Tant qu'à faire des parallèles, lorsqu'on regarde l'Afrique anglophone par rapport à l'Afrique francophone on remarque que la faune a été beaucoup mieux protégé dans la première(ce n'est bien sur pas idéal car le braconnage explose mais c'est un fait). L'Afrique francophone n'a toujours pas compris qu'un animal vivant rapporte plus d'argent qu'un animal mort et ce n'est pas valable que pour les carnivores.

En France non plus d'ailleurs on n'a pas compris...alerte
Jean Weber le 05/02/2014, 15:30
Pas un seul mot pour mettre en relation la disparition des grands prédateurs avec l'accaparement des terres pour la rente financière.

Pas un seul mot sur les investissements de 20 000 milliards de dollars de fonds de pension ( http://en.wikipedia.org/wiki/Pension_fund) notamment dans l'accaparement des terres par des acteurs financiers ? Que pèse un lion voir le gouvernement d'une nation par rapport à un tel chiffre ?

Pas un seul mot sur le lobbying de la banque mondiale pour faire passe les systèmes des retraites par répartition à un système par capitalisation avec pour conséquences d'augmenter ce chiffre fou et retarder la transition démographique dans les pays pauvres.

Pas un seul lien vers un site qui traite de problème de l'accaparement des terres
Par exemple
http://survie.org/bpem/article/accaparement-de-terres-anatomie-d


Pas un seul lien vers un site capable de nommer quelques responsables
http://www.grain.org/fr/article/entries/4616-diaporama-qui-est-derriere-l-accaparement-des-terres

J'invite Elodie (l'auteur) à se poser la question si un tel mutisme ne viendrait pas d'une intériorisation de la double contrainte qui est d'une part de sauver l'environnement et d'autre part de ne pas défier la religion de la croissance (faite le calcul de ce que représente une croissance de 5% sur 20 000 milliards) qui décide si vous avez le droit de travailler ou non.

Nous somme tous victimes de la même double contrainte du « développement durable » et je propose de trouver une sortie en plaçant le débat au niveau d'une méta-communication au sujet de cette double contrainte comme cela est proposé ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Double_contrainte

Qu'en pensez-vous ?alerte
Melba76 le 08/02/2014, 13:51
l'homme détruit tout ce qu'il touche, il perturbe la nature, le climat,
les espèces animales, de quel droit ???? aucun
laissez faire la nature tout simplement, elle est tellement bien faitealerte
Serge Bencheriet le 08/02/2014, 15:05
les noirs ont vraiment détruit l'Afrique...alerte
Capucine le 08/02/2014, 19:04
les noirs argumentation racistealerte
Jean Weber le 09/02/2014, 06:08
A melba76

100% d'accord avec vous.

Pour appuyer votre clé de lecture, je vous mets ci-dessous une retranscription d'un discours de Jacques Attali où il fait l'apologie du prêt à intérêt.

Pour rappel, Jacques Attali est conseiller présidentiel, premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et Directeur de PlaNet Finance qui a pour mission de lutter contre la pauvreté dans près de 45 pays par le développement de la microfinance.

Je cite la transcription :

« ... La fonction de l'homme sur la terre est de produire des richesses... Transformer la Nature c'est bien, la Nature n'est pas bonne en soi. Plus encore, la Nature est l'ennemie de l'Homme. Quand on admet que la richesse c'est bien et que la pauvreté ce n'est pas bien, on déteste les forêts et on adore les jardins, on déteste la campagne et on adore la ville, on aime ce que l'Homme fait et pas ce que la nature lui donne. Et la deuxième chose qui est très profonde dans cette conception est le rapport au temps qui change profondément: si on admet que le scandale est la richesse alors il faut qu'à tout prix que tout soit répétitif puisqu'il ne faut pas accumuler de richesse. Si, au contraire, on admet que la richesse n'est pas un problème mais qu'il faut l'assumer alors le temps devient un allié et non plus un ennemi. Le temps n'est plus cyclique il avance et l'Homme s'inscrit dans l'histoire du temps et utilise le temps comme une richesse. Dans le premier cas le temps surtout ne doit rien valoir parce qu'il ne faut pas que le temps soit utile, en particulier pas d'intérêt. Alors que dans le second cas le temps a de la valeur puisqu'il est le chemin sur lequel s'inscrit la réparation du monde imparfait que Dieu nous a laissé et à ce moment l'intérêt à un sens ».

Source
http://www.akadem.org/sommaire/themes/politique/economie/crise-economique/le-capitalisme-peut-il-etre-moral-23-06-2010-8195_199.php
à partir de la minute 27alerte

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Vous êtes un humain ? Prouvez-le ! Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

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