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De la transition économique à la transition énergétique

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2 609 lectures / 3 commentaires21 novembre 2013, 13 h 58

energie verteDR

Les enjeux relatifs au changement climatique sont bien souvent mis de côté au profit d'autres problématiques, telles que la lutte contre le chômage, contre l'insécurité, la gestion de la dette publique, etc[1]. D'autant plus que beaucoup de citoyens et d'élus estiment que les mesures environnementales nuisent à la croissance, à la compétitivité et à l'emploi. En s'appuyant sur le rapport « Contribution de l'ADEME à l'élaboration de visions énergétiques 2030-2050 » (2013), et notamment sur les trois scénarios tendanciels proposés par l'étude, nous allons démontrer comment l'économie et la transition énergétique peuvent aller de pair.

Les bienfaits économiques de la transition énergétique

Le rapport de l'ADEME révèle des perspectives bien différentes de ce que l'on peut penser de prime abord au sujet des impacts socio-économiques de la lutte contre le changement climatique. L'environnement ne doit plus être considéré comme une politique nuisible à l'activité et à la santé économique d'un pays. En effet, les trois scénarios tendanciels élaborés par l'ADEME prévoient une augmentation du PIB, et cela « est essentiellement imputable à l'amélioration de l'emploi et à la diminution du déficit de la balance commerciale »[2].

Pour l'élaboration de ses scénarios tendanciels, l'ADEME a utilisé l'outil Three-ME (Modèle Macroéconomique Multisectoriel d'Evaluation des Politiques Energétiques et Environnementales), afin de caractériser au mieux les effets économiques des politiques de transition énergétique. Ainsi, les créations d'emplois à l'horizon 2050 seraient comprises entre 691 000 et 874 000, en fonction du scénario de mix électrique choisi. D'autre part, il est prévu que le déficit de la balance commerciale se réduise après 2020, car la consommation et les importations d'énergie vont sensiblement diminuer.

Adapter les logiques économiques aux nouveaux défis énergétiques...

Rares sont les chefs d'entreprise qui ont pleinement saisi les bénéfices à tirer de la transition énergétique. Bien sûr il existe de plus en plus d'exemples d'entreprises éco-innovantes, éco-responsables, éco-citoyennes, etc. Il est important de valoriser leurs actions et qu'elles partagent leurs expériences auprès des autres entreprises. Mais il ne faut se voiler la face, car ce sont des exceptions qui confirment la règle.

Or, l'ADEME démontre dans son rapport que sans même un changement « radical » de nos modes de vie et des activités économiques, la transition énergétique est possible. Pour ce faire, l'activité économique doit davantage se préoccuper des problématiques à long terme. L'économie verte est la seule solution viable, et elle a déjà commencé à se développer, au travers d'activités comme l'isolation écologique et la rénovation énergétique des bâtiments, le recyclage et la revalorisation des déchets, l'éco-conception des produits de type « cradle to cradle »[3], etc.

Les technologies vertes (ou « Green IT ») doivent être mises au service de cette « troisième révolution industrielle », selon les termes de J. Rifkin[4]. Mais aujourd'hui, beaucoup d'entre elles ne peuvent même pas être mises sur le marché, et ce pour plusieurs raisons : elles ne sont pas assez rentables à court terme, elles vont à l'encontre des intérêts de certains lobbies, elles ne sont tout simplement pas bien comprises, etc. 

Les bénéfices climatiques de la transition économique Source : ADEME, Contribution de l'ADEME à l'élaboration de visions énergétiques 2030-2050, juin 2013, p. 20 et 35.

D'autre part, l'ADEME prouve que cette transition économique aurait des effets très positifs sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. D'où le sentiment que les mécanismes et les politiques économiques peuvent servir la lutte contre le changement climatique, à condition qu'ils soient redéfinis.

Des perspectives humaines et politiques

Mais une question demeure : l'Homme sera-t-il capable de maîtriser ce processus de croissance qui aujourd'hui le dépasse ? En effet, on peut avoir des craintes sur la capacité des entreprises et des gouvernements à réorienter les priorités, en exploitant convenablement le potentiel des activités « écologiques » dans des secteurs comme les transports, l'énergie, le bâtiment, etc.

A ce titre, l'Europe, l'Etat et les collectivités territoriales ne doivent pas uniquement accompagner ces évolutions, ils doivent au contraire les promouvoir et les impulser. Il est nécessaire d'entreprendre un processus de planification, pour mettre en œuvre les réformes et les ajustements économiques structurels exigés par la transition énergétique, et que le marché ne peut prendre en compte. Par ailleurs, étant donné que l'agriculture représente environ 40% du budget européen pour la période 2007-2013[5], les leviers d'action pour favoriser l'agriculture biologique et l'agroécologie sont très importants. Ainsi il faudrait allouer les subventions accordées par la politique agricole commune européenne (PAC) en fonction des performances énergétiques des exploitations.

Conclusion

De toute façon, si les entreprises et les pouvoirs publics ne s'adaptent pas aux nouveaux enjeux énergétiques, climatiques et environnementaux, la transition sera d'autant plus violente et déstabilisatrice. Que deviendront dans 40 ou 60 ans tous ces emplois dans des activités qui reposent, directement ou indirectement, sur des ressources qui sont amenées à disparaître ? Ainsi il faut prévoir, anticiper et planifier le changement. Il est fondamental de comprendre que la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique n'ont pas qu'un intérêt environnemental, car leurs répercussions sur la globalité de l'économie sont aussi positives que décisives. 

Notes

  1. http://www.sondages-en-france.fr/sondages/Actualit%C3%A9/Pr%C3%A9occupations
  2. ADEME, Contribution de l'ADEME à l'élaboration de visions énergétiques 2030-2050, juin 2013, p. 40
  3. http://www.actu-environnement.com/ae/news/cradle-to-cradle-utopie-revolution-industrielle-recyclage-15012.php4
  4. Rifkin Jérémy, La troisième révolution industrielle, Editions Les liens qui libèrent, fév. 2012
  5. Commission européenne, Le budget de l'Union européenne en un coup d'œil, 2010, p. 2

Auteur

avatar Corentin Gobé

3 commentaires

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Herve29s le 21/11/2013, 14:56
Hello,

très interessant comme reportage !

mais en conclusion vous parlez de "Que deviendront dans 40 ou 60 ans tous ces emplois dans des activités qui reposent, directement ou indirectement, sur des ressources qui sont amenées à disparaître ?"

40 à 60 ans !!! vu comme cela le reportage ne vaut plus grand chose car il y a 40 à 60 ans les emplois étaient trés largement different de maintenant et cela sans heurt majeur, donc vous dites qu'il suffit de s'adapter et ça ira... doux rêveur !!!
je crains que ce soit beaucoup plus rapide que votre estimation...

Hervé.alerte
Yves walle le 21/11/2013, 22:52
Merci Corentin Gobé pour cette analyse qui porte à réflexion. Je pense aussi que ne pas anticiper pénalisera durement nos proches descendants, à nous de les orienter dans le bon sens pour, si ce n'est un avenir meilleur, au moins survivre car l'avenir s'assombrit et ne semble pas aussi "rose" que le nôtre. Normal, par ignorance ou égoïsme, nous avons en cinquante ans épuisé les ressources naturelles de la planète...alerte
Douds le 24/11/2013, 11:48
"prévoir, anticiper et planifier le changement" est ce seulement possible dans une économie mondiale régie uniquement par les marchés et guidés par des experts payés par les multinationales?

Encore faut il aussi la volonté politique de faire "quelque chose". Faute d'un gouvernement d'Union nationale sur le sujet, je crains que le parti socialiste, héritier de l'époque des premières utopies industrielles (très anti écologistes) et le seul, intellectuellement parlant, capable de prendre en main cette transition ne s'entasse faute d'argent (dit-il).

Un Nobel avait rappelé que 10€ dépensé dans ce secteur en 2012, c'était comme 100 € dans 30 ans de ce point de vue.

Faut il croire tous les Nobels d'économie ?alerte

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