^ Publicité ^

1er média web francophone en environnement, écologie, nature
et sciences de la Terre depuis 2001

rss
3 363
Partager
par email
Mardi 23 septembre 2014, 13 489 visites

Connexion

Login (email)  
Mot de passe mémoriser
 
Devenir membre Retrouver vos identifiants

^ Publicité ^

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

notre-planete.info sur Facebook notre-planete.info sur Twitter notre-planete.info sur Google +

^ Publicité ^

Sondage Septembre 2014

www.notre-planete.info : environnement, développement durable et sciences de la Terre

Les poissons d'eau douce ont plus à craindre de la pollution que du changement climatique

Dernières actualitésAlerte mailToutes les actualités

3 363 lectures / 5 commentaires08 novembre 2013, 10 h 54

poisson mort© C. Magdelaine / notre-planete.info

Des chercheurs du laboratoire BOREA (CNRS / IRD / MNHN / UPMC)[1], de l'Université Toulouse III - Paul Sabatier et de l'Université d'Utrecht (Pays-Bas) viennent de montrer que les extinctions actuelles des poissons d'eau douce dues aux pressions anthropiques seraient bien supérieures à celles générées par le changement climatique. Ces résultats, qui contrastent avec les précédentes estimations, sont publiés dans Journal of Applied Ecology.

Les modèles utilisés jusqu'à présent prévoient que la réduction de l'habitat de certaines espèces provoquée par le changement climatique serait l'une des causes majeures de leur extinction. Mais ces modèles négligent le facteur temps et ne précisent pas la date de réalisation des prédictions, élément pourtant essentiel pour déterminer les causes d'extinction d'une espèce[2].

En intégrant cette dimension temporelle dans leur étude, une équipe internationale de chercheurs, dirigée par Thierry Oberdorff[3], vient de montrer que les effets du changement climatique n'augmenteront les taux d'extinction naturelle chez les poissons d'eau douce que très marginalement, excepté dans les régions semi-arides et méditerranéennes, de l'ordre de 7 % en moyenne. Les taux d'extinction provoqués par les activités humaines au cours des deux derniers siècles sont quant à eux beaucoup plus préoccupants : en moyenne 150 fois plus importants que les taux d'extinction naturelle et 130 fois plus importants que les taux d'extinction prédits en fonction du changement climatique.

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé un modèle empirique associant taux d'extinction et réduction des surfaces en eau des bassins. L'analyse à l'échelle mondiale de 90 000 cours d'eau révèle qu'à l'horizon 2090, seulement 7 % d'entre eux auront diminué de surface du fait du changement climatique.

Dans les régions semi-arides et méditerranéennes (sud-ouest des Etats-Unis, Mexique, sud de l'Amérique Latine, nord-est du Brésil, extrêmes nord et sud de l'Afrique, Europe du Sud, Asie centrale et orientale, Australie), qui totalisent le plus grand nombre d'extinctions, ce même phénomène n'entraînera qu'une faible répercussion sur les taux d'extinction naturelle.

Ainsi, dans les 1010 rivières pour lesquelles la richesse en espèces est connue, les scientifiques prévoient l'extinction, en tout et pour tout, d'une à cinq espèces dans seulement une vingtaine de cours d'eau d'ici à 2090.

carte perte biodiversité poissonsPerte de richesse en espèce (moyenne) en 2090 pour 1010 rivières
A scenario for impacts of water availability loss due to climate change on riverine fish extinction rates © T. Oberdorff et al. Journal of Applied Ecology

Ces résultats montrent qu'à moyen terme, le changement climatique ne représenterait pas la principale menace sur la biodiversité des poissons. Les extinctions actuelles provoquées par la pollution, la dégradation de l'habitat, les introductions d'espèces ou encore la fragmentation liée aux barrages sont très largement supérieures à celles qui seraient dues au changement climatique. Les auteurs mettent en évidence la nécessité d'agir dès à présent pour préserver l'intégrité des cours d'eau. Ils incitent à concentrer les efforts de conservation sur les impacts actuels et directs des activités humaines, pour préserver plus efficacement les espèces de poissons d'eau douce.

Notes

  1. Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques
  2. Plusieurs décennies, voire plusieurs millénaires peuvent en effet s'écouler avant l'extinction d'une espèce, celle-ci pouvant être due à d'autres facteurs que le changement climatique.
  3. Directeur de recherche à l'IRD et Directeur-adjoint de l'UMR BOREA (CNRS/IRD/MNHN/UPMC)

Référence

Tedesco, P.A, Oberdorff, T., Cornu, J.F., Beauchard, O., Brosse, S., Dürr, H.H., Grenouillet, G., Leprieur, F., Tisseuil, C., Zaiss, R. & Hugueny, B. (2013). A scenario for impacts of water availability loss due to climate change on riverine fish extinction rates. Journal of Applied Ecology 50, 1105-1115. doi: 10.1111/1365-2664.12125

Auteur

Muséum national d’Histoire naturelle, Paris

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info

5 commentaires

Vous aussi, vous pouvez ajouter votre commentaire !

Ream le 08/11/2013, 19:03
Ca va,

Les scientifiques du Museum d'histoire naturel de Paris n'ont pas à craindre le changement climatique.

Alors les espèces dont le poisson qui souffre du réchauffement ou du changement climatique n'ont eux aussi pas à craindre cette menace puisqu'il suffisait de la comparer avec une autre menace.

C'est une bonne nouvelle pour le Museum d'histoire naturel de Paris.alerte
Christian bauloy le 08/11/2013, 19:43
Qu'est ce qu'il va rester après nous ? Cela ne s'arretera donc jamais !!alerte
Michelle Rivest Canada le 08/11/2013, 20:59
La logique est là. Quand on traite séparément la pollution de l'air et les changements climatique comme c'est le cas présentement, il y a un grave problème. Augmenter la pollution pour baisser les GES est d'un ridicule. Une chance que certains chercheurs ont une tête sur les épaules mais malheureusement souvent ce ne sont pas eux que l'on entend mais plutôt des incompétents lobbyistes écologiques dont les causes changent avec l'orientation des gouvernements afin de décrocher les millions de subventions plutôt que d'ajouter à la science et aux chercheurs sérieux ces sommes d'argent afin d'avoir des opinions indépendantes.alerte
pcbman le 09/11/2013, 16:33
Quand on voit (et qu'on sent) les quantités de lisier et d'engrais chimiques qui sont déversés autour de notre rivière, deux fois par an, soit en ce moment même et au printemps, et cela depuis les trente ans que j'habite ici, on comprend sans la moindre recherche "scientifique" que dans l'eau nauséabonde et de couleur bizarre qui coule en ce moment il n'y ait pas grand chose de vivant parmi les poissons...alerte
Christian bauloy le 30/11/2013, 20:08
A quand un article sur l'épuisement des océans ? Ce serait bien d'en voir un sur ce site ! A moins que je l'ai manqué !!alerte

Votre nom ou pseudo :

Vous êtes un humain ? Prouvez-le ! Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

Votre commentaire :

Tout commentaire répétitif, provoquant, irrespectueux, incompréhensible, religieusement ou politiquement engagé, non constructif, publicitaire, sera immédiatement supprimé. Toute récidive entraînera le bannissement définitif du posteur. Votre adresse IP sera conservée pendant la durée requise par la loi pour toute poursuite judiciaire éventuelle.

↑ Haut de page ↑ 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour établir des statistiques et personnaliser votre navigation.

En savoir plus