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La forêt tropicale du Congo menacée par les plantations d'huile de palme

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4 279 lectures / 9 commentaires06 novembre 2013, 19 h 13

deforestation Gabon huile de palmeDéforestation à Kango (Gabon) par la société Olam pour la plantation de palmiers à huile.
© Alexander De Marcq

La culture intensive du palmier à huile a semé le chaos au sein des peuples et des forêts tropicales du Sud-Est asiatique et menace aujourd'hui les forêts équatoriales du bassin du Congo. C'est ce que révèle un nouveau rapport d'enquête de la Rainforest Foundation UK (RFUK[1]) qui souligne l'augmentation spectaculaire de la déforestation dans le Bassin du Congo en relation avec le développement des plantations de palmiers à huile. Les nouveaux projets prévus devraient plus que doubler les taux de déforestation dans certaines parties de la forêt tropical du Bassin du Congo.

Selon le rapport RFUK Planter Pour Détruire (Seeds of Destruction), en Malaisie et en Indonésie, l'expansion (souvent illégale) des plantations de palmiers à huile entre 1990 et 2005 a entraîné la déforestation respectivement de 1,1 et 1,7 million d'hectares. Au cours de cette période et dans ces deux pays, entre 50 et 60 % de l'expansion totale s'est faite au détriment des forêts naturelles. Les populations locales en paient les conséquences : éloignement de leurs terres, conflits fonciers et pollution ou surexploitation de leurs ressources en eau. De plus, le développement du palmier à huile aux dépens des forêts de tourbe a largement contribué à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Enfin, les producteurs d'huile de palme en Indonésie ont détruit l'habitat de deux espèces en voie d'extinction : l'orang-outan et le trigre de Sumatra.

Aujourd'hui, la surface disponible en Malaisie et en Indonésie – d'où proviennent 85 % de la production mondiale – diminue rapidement, alors que la demande en huile de palme ne cesse de croître. Résultat : les producteurs d'huile de palme se tournent vers l'Afrique et notamment le bassin du Congo qui réunit des conditions favorables à la culture du palmier à huile. . En effet, environ les deux tiers (115 millions d'hectares) de la superficie totale des forêts du bassin du congo possèdent un sol et un climat adaptés à la culture du palmier à huile. Des conditions favorables qui n'ont pas échappé aux professionnels du secteur.

Cette enquête estime que les taux annuels de déforestation vont plus que doubler dans certaines parties des pays du Bassin du Congo, représentant une augmentation de 140 % au Gabon, de 90 % au Congo et de 30 % au Cameroun. Ainsi, au cours des six prochaines années, et selon les prévisions de la RFUK, les sociétés qui exploitent l'huile de palme seront responsables de la déforestation des superficies suivantes :

  • Olam (au Gabon) : 22 000 hectares
  • Herakles Farms (au Cameroun) : 10 000 hectares
  • Atama Plantations SARL (au Congo) : 30 000 hectares

A cela s'ajoute la déforestation annuelle dans la forêt dense (2000-2005) (SOCF 2010):

  • Gabon : 16 000 hectares
  • Cameroun : 32 000 hectares
  • Congo : 30 000 hectares

Ceci sera le résultat de nouveaux projets de plantations de palmiers à huile, développement qui menace la forêt, habitat naturel de nombreuses espèces, mais cela représente également une menace pour les moyens de subsistance des populations. D'après le rapport, environ 500 000 hectares de forêt ont déjà été détruits, la plupart du temps sans avoir pris soin, au préalable, de consulter les personnes qui y vivent et sans leur autorisation.

« La forêt du Bassin du Congo appartient officiellement à l'État et, d'un point de vue légal, ce dernier a le droit d'en vendre des parts aux sociétés productrices d'huile de palme, mais les communautés locales qui vivent sur ces terres ont le droit de formuler des revendications coutumières », d'après M. Simon Counsell, le directeur exécutif de la RFUK. Cependant, « Certains peuples, comme les communautés autochtones généralement appelées Pygmées, vivent dans la forêt et y sont nombreux. Correspondant à leur mode de vie nomade ou semi-nomade, ils s'installent sur des territoires étendus, mais ces données n'apparaissent ni dans les recensements, ni sur les cartes ou dans les programmes du gouvernement. » ajoute-t-il.

Du fait de ces négligences, les sociétés productrices d'huile de palme et les industries de l'agro-alimentaire ne disposent pas de toutes les informations et, de fait, pensent à tort que certaines zones ne sont pas utilisées alors que ces dernières sont densément peuplées, et que, par conséquent, ces zones sont « disponibles » pour le développement de projets agricoles. Cela risque de compromettre les relations entre les industriels et les communautés locales, entrainer des coûts supplémentaires non prévus pour le développement des projets et, au final, engendrer des conflits.

Selon M. Counsell, l'huile de palme, qui est un produit originaire du Bassin du Congo - déjà largement utilisée par les communautés locales comme moyen de subsistance - peut potentiellement être produite à l'échelle industrielle et il serait même possible d'en augmenter le rendement dans le but de répondre à la demande sans que cela ait des répercussions sur l'environnement et sans surcoût financier.

« Une évaluation plus précise des droits locaux, des revendications et de l'utilisation des forêts, le renforcement des droits des diverses communautés, et l'identification des terres réellement dégradées ou utilisées dans la forêt du Bassin du Congo sont nécessaires avant d'obtenir le feu vert pour de nouvelles plantations » a conclu M. Counsell.

Diverses compagnies basées en Malaisie, France, Belgique, Italie, Espagne, Chine, Singapour, États-Unis et Canada sont impliquées dans des plantations de palmiers à huile en activité ou envisagent leur implantation dans le bassin du Congo. Deux des trois plus grandes compagnies d'huile de palme dans le monde sont asiatiques et cherchent à se développer en Afrique.

L'huile de palme : une fatalité ? Que pouvons-nous faire ?

Chaque jour, involontairement ou avec désintérêt, nous contribuons à l'expansion de la déforestation en achetant des produits alimentaires qui contiennent de l'huile de palme. Encore inconnue dans les étals il y a quelques décennies, cette huile alimentaire très bon marché a envahi la quasi-totalité des biscuits et chips proposés dans le commerce, mais aussi les pâtes à tartiner, les laits pour enfants, le chocolat, les plats préparés, et les cosmétiques.
Ainsi, depuis 2010, l'huile de palme est la plus consommée dans le monde (25 %), devant l'huile de soja (24 %), l'huile de colza (12 %) et l'huile de tournesol (7 %). La demande ne cesse d'augmenter avec des prévisions de consommation de 40 millions de tonnes en 2020, contre 22,5 millions de tonnes en 2010 ! Dans le même temps, l'huile que nous produisons localement sert de biocarburant pour alimenter le moteur de nos voitures ! Ainsi, chaque français consomme 2 kilos d'huile de palme par an.

Outre sa contribution à la déforestation, l'huile de palme, riche en acides gras saturés (appelés « mauvaise graisse ») et en acides gras « trans », serait préjudiciable à la santé. En effet, ces acides gras saturés dans l'alimentation sont responsables d'une augmentation du taux de LDL-cholesterol dans le sang et peuvent entraîner des risques cardiovasculaires.

L'huile de palme n'est pas une fatalité et nous pouvons l'éviter en vérifiant sa présence dans la liste des ingrédients. Lorsque ce n'est pas clairement indiqué[2], les mentions « huile végétale », « graisse végétale », « palm acid », « Sodium palmate » et « matière grasse végétale » inscrites sur les produits trahissent la présence d'huile de palme. Attention, certains produits bio en contiennent également !

Notes

  1. La Rainforest Foundation UK a été créée en 1989 par Sting et Trudie Styler, après qu'ils ont constaté l'impact de la destruction de la forêt tropicale amazonienne sur les modes de vie des Kayapos. Cela a été l'élément déclencheur de la première campagne de la RFUK qui, en 1993, a permis la protection de 27 359 km² des terres des peuples autochtones. Depuis, la RFUK s'est développée et diversifiée, et a mis en place des projets dans plus de 20 pays avec comme mission « d'aider les peuples autochtones et les populations traditionnelles qui vivent dans les forêts tropicales à protéger leurs lieux de vie et à faire respecter leurs droits sur les terres, leur mode de vie et leurs moyens de subsistance ».
    L'objectif principal de la RFUK est de protéger et de sauvegarder les ressources naturelles des forêts tropicales en travaillant aux côtés de ceux qui connaissent la forêt mieux que personne et qui y vivent depuis toujours – les peuples autochtones. En les aidant, la RFUK contribue à la lutte contre le changement climatique. Au lieu d'acheter ou de protéger les forêts uniquement pour leur valeur dans le domaine de la biodiversité, la RFUK s'appuie sur une approche qui protège les droits des peuples et qui vise à promouvoir les droits de ces communautés sur les territoires de la forêt tropicale, trouvant des solutions aux divers problèmes liés à la déforestation et ouvrant la voie au partage des avantages et bénéfices issus des ressources de la forêt.
  2. Pour l'instant, il n'existe aucune obligation pour l'industrie agro-alimentaire d'afficher la présence d'huile de palme dans la composition de ces aliments.

Auteur

avatar Christophe Magdelaine / notre-planete.info - Tous droits réservés

9 commentaires

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Strange le 07/11/2013, 08:23
Oui c'est vrai que le seul moyen à la portée de chacun pour lutter contre les exactions provoquées par la culture des palmiers à huile c'est le boycott des produits qui en contiennent. Je m'y emploie à chaque fois que je fais mes courses mais il faut avouer que la tache se complique de plus en plus car la typographie utilisée pour la liste des ingrédients sur les produits est de taille de plus en plus réduite!!! Il faudrait peut-être aussi changer la législation pour exiger que cette liste soit clairement lisible et non pas "planquée" dans un coin sur l'emballage et illisible...Qui fait ses courses avec une loupe?alerte
Simone Kirk le 07/11/2013, 09:40
Ce n'est hélas pas un scoop...alerte
Ter-a-ter le 07/11/2013, 11:53
Il ne reste qu'une chose à faire, interdire l'huile de palme dans notre alimentation et celle du bétail et on n'en parle plus. Climat chaud là-bas, il peuvent aussi mettre des oliviers meilleurs pour la santé au lieu de planter de la merdealerte
HERMET le 07/11/2013, 13:13
Avenir peu réjouissant si on continue comme ça....alerte
Malik le 07/11/2013, 14:18
préservons la terre que Dieu nous a donnéalerte
Christian bauloy le 08/11/2013, 19:58
On est vraiment en train de tuer cette planète à ce rythme là !! Les générations futur peuvent vraiment s'inquiéter, parce qu'ils hériterons d'une terre totalement dévastée !! Le profit jusqu'à la mort !!!alerte
Reith le 09/11/2013, 18:59
ils osnt en train de tuer la planète tout cela pour pomper des milliards de crétins...................alerte
Décroissant le 09/11/2013, 22:04
à HERMET, oui, j'ai bien peur que le monde finisse comme dans SOLEIL VERT car la conscience écologiste-décroissante est trop peu développée chez les consommateurs...alerte
Andre Schont le 10/11/2013, 15:44
beau gachis : je suis allé a Borneo une catastrophe pour la faunealerte

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Vous êtes un humain ? Prouvez-le ! Sur quelle planète vivons-nous ? C'est la

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